L'Equipe

WILLIAMS III En vert et contre tout

- DE NOTRE CORRESPOND­ANT ANTOINE BANCHAREL

BOSTON – Robert Williams III est immanquabl­e. Son physique imposant (2,06 m, 108 kg). Ses tresses se dandinant au-dessus de son bandeau blanc. Une envergure de 2,28 m. Des qualités athlétique­s qui transforme­nt le pivot de 24ans en tour de contrôle, protégeant le panier des Celtics, renvoyant la balle dans les gradins ou l’écrasant sur la planche dans un fracas seulement surpassé par les rugissemen­ts de la foule, déclenchés à chacun de ses contres (3 par match en moyenne depuis le début de la finale), souvent plus spectacula­ires que la plupart des dunks de la soirée.

« Sa seule présence altère le tir de l’adversaire » , pointait son entraîneur Ime Udoka, après un match 3 (victoire 116-100) en forme de chef-d’oeuvre défensif: 10 rebonds, 3 intercepti­ons, 4 contres. À l’image de sa sélection dans le deuxième meilleur cinq défensif de la saison.

“Il a mis son pantalon de grand garçon MARCUS SMART, MENEUR DE BOSTON

Stephen Curry, qui avait aussi noté l’importance de « RWIII » mercredi soir, n’a pas hésité à l’attaquer, d’entrée, vendredi, lors du match 4. Le meneur des Warriors a défié le pivot, au ménisque gauche abîmé depuis début avril, jusqu’à lui faire abandonner sa défense par une série de dribbles croisés.

Williams était alors contraint de demander un changement définitif, en fin de quatrième quart-temps (victoire des Warriors, 97-107). Son coéquipier Marcus Smart lui avait pourtant intimé avant la finale: « Si tu es à 20 %, on prend. » Le chouchou du vestiaire, depuis des années, avait alors « mis son pantalon de grand garçon » , comme disait Smart. Une expression américaine quand quelqu’un répond présent face à l’adversité.

Un attachemen­t au groupe qui vient de ses racines: Oil City, toute petite ville de Louisiane où même l’école a fermé, mais qu’il a eu du mal à quitter tellement les liens qu’il y a tissés sont étroits, personne ne manquant les barbecues de quartier. Sa demande d’être remplacé en fin de match 4 est donc totalement atypique. De quoi s’inquiéter avant le match 5, cette nuit, au moment ou la série risque de basculer (2-2).

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Robert Williams III, qui contre ici une tentative de Stephen Curry lors du match 4, brille par sa défense.

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