L'Equipe

Jakob et Mondo, sacré duo

Devant son public, Jakob Ingebrigts­en a échoué à seulement 14 centièmes du record d’Europe du mile, tandis que Mondo Duplantis a su passer entre deux averses pour franchir 6,02 m.

- DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL STÉPHANE KOHLER

OSLO – Le Bislett Stadion fête en 2022 ses 100ans d’existence, et rêvait d’un anniversai­re en grande pompe pour son meeting de Ligue de diamant. Hélas, les 15000 spectateur­s massés dans cette enceinte mythique de l’athlétisme n’ont pas été totalement servis par les éléments entre copieuses averses, températur­e passant sous les 15 degrés au fil de la soirée et éclairs menaçant dans le ciel d’Oslo.

Malgré ces fuites d’eau persistant­es, deux principale­s têtes d’affiche ont parfaiteme­nt tenu leur rang. On pense en premier lieu au héros local Jakob Ingebrigts­en, qui était très attendu sur le mile. Le champion olympique du 1500m ne visait pas ouvertemen­t le record d’Europe datant de 1985 sur cette même piste et propriété du Britanniqu­e Steve Cram en 3’46’’32, mais le coup n’est pas passé loin.

Encouragé par de stridents « Jakob » ayant provoqué quelques acouphènes dans les rangs de la presse écrite, le Norvégien a produit une formidable impression pour s’imposer sans la moindre goutte de pluie sous ses semelles en 3’46’’46, lui dont la meilleure performanc­e sur la distance était de 3’47’’25 à Eugene quelques semaines après les JO de Tokyo. Un sacré bond, et le record continenta­l est donc plus que jamais à portée de foulée du prodige scandinave du demi-fond, qui devrait doubler 1500m et 5000m lors des Mondiaux d’Eugene (15-24juillet).

«C’était fantastiqu­e, souriait Ingebrigts­en, drapeau national sur les épaules. Je me savais en forme et rapide, et être poussé aussi fort par le public me rappelle combien ce meeting est pour moi le meilleur du monde. J’ai encore un peu de travail devant moi pour Eugene, mais je me sens en confiance, et je me sens prêt à viser l’or là-bas.»

Duplantis seul au monde

Pour Mondo Duplantis, il n’était pas question de chasse au record, mais plutôt de gérer au mieux la météo capricieus­e, les perchistes ayant été une fois de plus cette saison soumis à des conditions très compliquée­s. Sans souci à 5,60 m puis 5,80 m, le Suédois connut plus de difficulté­s à 5,92m, franchis au troisième essai entre deux trombes d’eau.

Il était comme souvent déjà seul en lice à ces altitudes, et demanda alors directemen­t une barre à 6,02 m, synonyme de meilleure performanc­e mondiale améliorée d’un petit centimètre. Mission accomplie dès sa première tentative, et avec une belle marge, sous les yeux de sa mère, sa soeur et sa compagne. I l échoua ensuite à 6,10 m à deux reprises puis en resta là, méritant bien une ovation.

Pour Sam Kendricks, forfait de dernière minute en raison d’une douleur au genou, le séjour norvégien aura été bien moins probant, et le double champion du monde américain entretient toujours le mystère sur sa compétitiv­ité à quelques semaines des Mondiaux. Valentin Lavillenie n’a pas franchi la moindre barre (3 échecs à 5,40m) alors que son frère aîné Renaud s’est arrêté à 5,60m. «C’était quand même la loterie avec la météo, et ça reste un concours frustrant, notait le champion olympique 2012. Je fais 5,60m, je suis assez content, c’est plutôt encouragea­nt, en plus avec la perche sur laquelle j’ai fait 5,81m récemment. Mais j’ai mal géré la grosse attente durant l’averse. Je n’ai pas réussi à me remettre dedans à 5,80m, et sur les tentatives à 5, 86m, je ne me sens pas à la rue et il me manque un petit truc au décollage. J’avais aussi Charléty ( demain) dans un coin de la tête, où les conditions seront totalement différente­s. » Après la pluie, la canicule!

 ?? ?? Jakob Ingebrigts­en à l’arrivée du mile, hier, record personnel pulvérisé.
Jakob Ingebrigts­en à l’arrivée du mile, hier, record personnel pulvérisé.

Newspapers in French

Newspapers from France