L'Equipe

Russie écartée, tableau ouvert

La suspension de la première nation mondiale en escrime aux Jeux de Tokyo, en raison de la guerre en Ukraine, offre l’occasion aux Bleus, portés par Romain Cannone, de revoir leurs ambitions à la hausse.

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Après deux saisons plus que perturbées par le Covid et les annulation­s des éditions de Minsk (2020) et Plovdiv (2021), le petit monde de l’escrime peut enfin reprendre ses habitudes et revitalise­r les Championna­ts d’Europe. On aurait pu rêver à Antalya (Turquie), ville hôte des Championna­ts du monde 2009, d’un vrai retour à la normalité, mais ça aurait été trop facile, et c’est cette fois-ci la guerre en Ukraine qui est venue bousculer la relance des lames.

La Fédération internatio­nale (FIE) en a été ébranlée, avec le départ de son président et mécène russe, Alicher Ousmanov, la Fédération européenne s’est longtemps débattue avec Stanislav Pozdniakov qui, président du Comité olympique russe, s’est accroché jusqu’à fin mai à son siège de dirigeant continenta­l. Les tireurs, eux, ont été évincés des pistes sans plus de procès. Et c’est un appel d’air énorme pour les podiums internatio­naux: la Russie avait terminé première nation mondiale aux Jeux de Tokyo avec huit médailles, et a l’habitude d’en glaner une bonne dizaine à chaque Championna­t d’Europe.

Borel vise la passe de quatre

Les Bleus, dauphins des Russes aux JO, avec cinq breloques (dont 2 en or), peuvent ainsi revoir leurs ambitions à la hausse en Turquie, puis aux Championna­ts du monde, dans la foulée, au Caire, mi-juillet. La Fédération estime que quatre médailles individuel­les pareraient bien sa collection à Antalya. Les arguments ne manquent pas, après une saison de Coupe du monde où chaque arme a placé au moins un tireur sur la boîte. L’épée hommes a même réalisé une razzia (4 victoires), dans le sillage de son champion olympique individuel, Romain Cannone, désormais numéro un mondial, ou de Yannick Borel, collection­neur d’or européen, avec ses trois titres (2016, 2017, 2018).

Les sabreuses se sont aussi révélées, avec cinq filles différente­s sur les podiums internatio­naux, malgré l’absence de cadres. Et l’épée féminine, après des JO ratés, a retrouvé des couleurs, avec une tireuse sur le podium à chaque sortie, et quatre pour la seule MarieFlore­nce Candassamy.

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Romain Cannone, en or à Tokyo, sera l'un des grands espoirs de médaille française.

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