L'Equipe

L’heure de la révolte

Après sa déconvenue initiale, l’Asvel doit renverser Monaco pour ne pas voir s’éloigner un peu plus son rêve de triplé.

- DE NOS ENVOYÉS SPÉCIAUX YANN OHNONA et SAMI SADIK

VILLEURBAN­NE (RHÔNE) – Quelques sourires et un calme trompeurs habillent les visages et les travées déjà étouffante­s de l’Astroballe. Sur le parquet, l’entraîneme­nt est terminé mais David Lighty étire la séance en enchaînant les shoots à trois points tandis qu’Elie Okobo se livre à un uncontre-un hilarant avec le jeune fils de son coéquipier Marcos Knight. En attendant de retourner dans l’arène, ce soir (20h30), il faut tromper l’ennui, faire redescendr­e la pression pour mieux appréhende­r l’urgence.

Après sa défaite initiale contre Monaco, en ouverture de la finale de Betclic Élite (74-82), l’Asvel n’a déjà plus le choix si elle veut entretenir le rêve d’un 21e titre et d’un triplé plus réalisé depuis Limoges de 1988 à 1990. Face à un adversaire qui ne l’a jamais terrassé en play-offs (trois séries depuis 2016, toutes remportées par Villeurban­ne, en plus de la finale1950), un deuxième revers à domicile la mettrait dans une position quasi désespérée avant de prendre le chemin de la Principaut­é. À un souffle de la rupture contre Strasbourg en quarts (2-1 avec deux victoires après prolongati­on), Monaco est redevenu un monstre à l’impact physique terrifiant, nourri par ses solistes virtuoses. Pour les hommes de TJ Parker, la révolte est impérative, mais les chantiers nombreux. Par où commencer?

La frayeur Chris Jones

L’Astroballe a retenu son souffle en voyant son meneur Chris Jones se tenir la jambe gauche, mercredi, après un contact anodin avec Dwayne Bacon. L’Américain est plus qu’un joueur pour Villeurban­ne. Il est son meilleur élément, parfait équilibre de gestion et d’agressivit­é, meilleur marqueur (14 points), passeur (4,4 par match) et plus gros temps de jeu (25 minutes) des siens sur la saison régulière du Championna­t, en plus d’être irréprocha­ble sur le plan défensif. Sans son général, Villeurban­ne, déjà diminué, serait touché au coeur.

Son entraîneur s’est voulu rassurant hier, mais la présence de l’ancien joueur du Maccabi TelAviv reste incertaine. « Ce n’est rien de trop grave, explique TJ Parker. Un pépin musculaire de grade un. La décision dépendra plutôt de lui et de sa douleur. Il y a de grandes chances qu’il tienne sa place et connaissan­t le bonhomme, je suis certain qu’il essaiera.» L’éventuelle absence de Jones contraindr­ait Parker à reconfigur­er son cinq majeur. Elie Okobo pourrait être titularisé, et Antoine Diot, qui n’a pas joué depuis le 1erjuin, relancé.

Régner dans les airs

Invité à donner quelques leçons tirées de la séance vidéo hier matin, William Howard a aussitôt dressé le chantier principal du match 2 pour les Rhodaniens: le rebond. «On a été complèteme­nt dominés au match 1 (41 prises à 27 pour Monaco) et on devra rectifier le tir même s’ils ont un avantage de taille partout sauf au pivot » , analysait l’ailier internatio­nal, lui-même concerné. Décalé au poste 4, Howard (2,03m) doit ferrailler avec Will Thomas (2,03m) ou Donatas Motiejunas (2,13m), deux intérieurs de métier et donc plus massifs.

L’ancien Limougeaud partage sa galère avec Marcos Knight (1,88m) ou Chris Jones (1,88m), qui tentent d’éloigner Dwayne Bacon (2,01 m) et Alpha Diallo (2,01m) du cercle. «Il faudra qu’on trouve des réglages en équipe face à cet avantage physique» , prévient Howard. L’Asvel n’a pas oublié les 7 rebonds offensifs concédés en premier quart-temps mercredi. L’un d’eux avait débouché sur un tir primé d’Alpha Diallo, lançant la déferlante en début de match.

Punir les temps faibles

Mercredi, Monaco a su éviter son péché mignon : dresser le tapis rouge à un retour adverse alors que l’écart semble définitif. « Quand on regarde les play-offs, rares sont les matches où on a été aussi précis » , approuvait Léo Westermann. Mais les vieux démons ne sont jamais loin. «Ce serait une erreur mortelle de penser qu’on a de la marge. On a montré sur des matches passés que quand on domine, au lieu d’enfoncer le clou, on peut perdre le contrôle» , prévenait Sasa Obradovic, l’entraîneur de l’ASM.

Au match 1, les Villeurban­nais avaient tiré profit d’un temps faible pour effacer un lourd déficit (27-46) et se rapprocher à quatre points (45-49, 24e) sans pouvoir terminer le travail. Ils devront cette fois entamer leur match pied au plancher et s’engouffrer dans la moindre brèche.

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