L'Equipe

Domenicali met une option sur Nice

Le patron de la Formule 1, ravi du succès de la discipline dans le monde entier, ne souhaite pas rayer la France de la carte, alors que le contrat du Paul-Ricard arrive à terme fin juillet, et reste à l’écoute de nouvelles idées.

- DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL FRÉDÉRIC FERRET

MONTRÉAL (CAN) – Stefano Domenicali (57 ans) est bien plus difficile à arrêter que Max Verstappen. C’est dire l’ampleur de la tâche que d’obtenir un entretien avec le patron de la Formule 1. Par trois fois, le rendez-vous a été reporté. C’est finalement à la place du déjeuner, hier, qu’il nous a accordé l’entretien. Pendant plus d’une demiheure, il a balayé beaucoup de sujets et notamment celui du GP de France dont le contrat arrive à terme. Il a renouvelé son attachemen­t à l’un des pays historique­s de la discipline, et a même dévoilé que s’il devait quitter le Paul-Ricard, Nice, qui travaille à la possibilit­é d’un GP, pourrait se révéler être une option intéressan­te.

LE GRAND PRIX DE FRANCE « La France est une nation importante du sport auto »

Il y a un mois, à Monaco, il avait reçu Christian Estrosi et Éric Boullier pour discuter de son avenir. Le maire de Nice s’était montré positif. Hier, l’Italien n’a pas voulu rentrer dans les détails mais a laissé filtrer des signes positifs pour le futur de l’épreuve dans l’Hexagone, même si l’info qu’il révèle fait plus mal à Monaco, également en fin de contrat comme la Belgique, que du bien au futur de la F1 en France.

«Historique­ment, la France est une nation importante du sport auto. Vous n’êtes sans doute pas au courant mais il y a un projet incroyable avec Nice, qui veut un Grand Prix. C’est génial parce que cela prouve que d’autres destinatio­ns dans votre pays s’intéressen­t à la F1. Nous allons nous pencher sur les dossiers et les étudier attentivem­ent. Il y a d’autres choses qui pourraient arriver très prochainem­ent. Tout ce que je peux vous dire, c’est que d’ici à fin juillet vous en saurez plus sur le futur de votre Grand Prix.»

UNE POPULARITÉ MONDIALE « Si les gens viennent, c’est parce que nous offrons plus au public »

Désormais, chaque Grand Prix se déroule à guichets fermés et l’accès au circuit, preuve de son succès, devient problémati­que, comme en Espagne il y a un mois où il fallait plus d’une heure pour couvrir les derniers kilomètres. Un sujet sur lequel le promoteur de la F1 se penche sans être inquiet et qui le renforce dans le plan d’expansion de la discipline.

« Le succès actuel de la F1 est incroyable. Nous avions vu la progressio­n des audiences que ce soit sur place ou à la télé, mais nous n’imaginions pas une expansion si rapide. Cette année, chaque Grand Prix va se courir à guichets fermés, sur les pistes traditionn­elles mais aussi sur les nouveaux circuits. Ce flot impression­nant de spectateur­s implique un effort supplément­aire de la part des promoteurs pour fluidifier la circulatio­n et gérer cet afflux. Mais au fond, je dirais que c’est un beau problème, un joli phénomène à gérer. Si les gens viennent, c’est parce que nous offrons plus au public: de la course mais aussi des attraction­s, de la musique, des événements. Du matin au soir.»

LE CALENDRIER

« Avoir trente GP ne serait pas raisonnabl­e »

Face au succès de la F1 et aux demandes qu’il ne cesse de recevoir, le patron de la F1 répond avec prudence. Plus question de la jouer Nascar avec une saison sans fin. Il faudra choisir et parfois contraindr­e certains à la rotation.

«Le calendrier pour l’an prochain se prépare. Avoir trente GP ne serait pas raisonnabl­e. Notre option préférée serait de rester à 23 ou 24 courses. Et pour y arriver, vu les demandes, nous allons travailler sur le principe de la rotation. Pas seulement pour l’Europe mais aussi pour les autres pays. Je reviens d’Afrique du Sud mais nous sommes un Championna­t du monde et l’Afrique pour l’instant n’a pas sa place. Il faut que cela change. Les discussion­s avancent et je pense que nous aurons une réponse rapidement. Et avoir une course là-bas alors que Lewis Hamilton court toujours serait formidable.»

LES DROITS DE L’HOMME « La F1 peut être un accélérate­ur de changement »

Fin mars, à Djeddah (Arabie saoudite), la Formule 1 avait été menacée. Une attaque sur un dépôt de carburant proche du circuit avait même poussé les pilotes à se révolter. Un moment, ils avaient songé à ne pas prendre part au GP. Aujourd’hui, Stefano Domenicali ne songe aucunement à partir d’Arabie. Au contraire, il pense que le sport peut aider au changement dementalit­é.

«Nous n’avons jamais pensé à quitter l’ Arabie saoudite( après l’attentat de mars ). Jepense que ce serait une erreur, politique et sportive. La course a été fabuleuse avec ce duel entre Charles ( Leclerc) et Max (Verstappen). Et je crois que la F 1 a un rôle à jouer. Elle peut être un accélérate­ur de changement. Le ministre des Sports saoudien va d’ailleurs communique­r dans les prochaines semaines sur les progrès faits et nous partageron­s ces informatio­ns avec les équipes et les pilotes. Quitter ce pays aurait accentué son isolation. On ne change pas une culture millénaire en une année .»

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Mohammed Ben Sulayem (premier plan), président de la Fédération internatio­nale de l’automobile, aux côtés de Stefano Domenicali (à droite), le président de la Formule 1, lors du Grand Prix d’Azerbaïdja­n, dimanche.

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