L'Equipe

Milak, l’homme papillon

Dans une ambiance électrique, le Hongrois a survolé le 200 m papillon en battant son record du monde en 1’50’’34 et en reléguant Marchand à plus de trois secondes.

- DE NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE SOPHIE DORGAN (AVEC C. N .)

BUDAPEST–Sur la longue avenue qui mène à la Duna Arena, c’était la foule des grands jours. Les tribunes affichaien­t complet hier pour la première fois depuis le début des Championna­ts du monde et tous les spectateur­s n’avaient d’yeux que pour Kristof

Milak. Le héros local leur avait promis un record du monde, il a tenu parole avec un 200 m papillon supersoniq­ue en 1’50’’34. Seul au monde dans la piscine, il a relégué son premier poursuivan­t, Léon Marchand, à plus de trois secondes dans une ambiance électrique. Quand les spectateur­s ont vu son chrono de 51’’89 au 100 m, les décibels sont montés, son nom a été scandé et l’ont porté vers son nouveau record du monde, qui relègue Michael Phelps à… plus d’une seconde (1’’17) ! « Je crois que c’est quelqu’un qui sent vraiment l’eau, il a le papillon en lui. C’est quelqu’un capable de partir très, très vite. Après, il y met de la résistance, même si dans le dernier 50, ça paraît compliqué, analyse Franck Esposito. Il part avec une telle vitesse que c’est exceptionn­el. Jusqu’aux 170 mètres, rien à dire. Après, il craque musculaire­ment. Mais quelle classe ! Il a un rendement sur les capacités d’ amplitude et de vitesse exceptionn­el. »

Glouton, le Hongrois de 22 ans veut retourner la table et possède désormais les cinq meilleurs chronos de tous les temps sur 200 m papillon. Aux Jeux Olympiques à Tokyo, il affichait une mine contrariée de n’avoir « que » la médaille d’or sans record en raison d’un trou dans son maillot de bain qui lui avait «fait perdre sa concentrat­ion ». Cette obsession des chiffres a causé quelques frictions avec son entraîneur Attila Selmeci, remplacé par Balazs Virth après les JO, mais n’a pas changé le tempéramen­t de Mi lak. Chez lui à Budapest, il a tapé très fort. Drapeau hongrois sur les épaules, médaille d’or autour du cou et record du monde dans son livre de compte, il a déclenché une ovation lors des on tour d’honneur. Chacun voulait sa petite tape dans la main. Lui pensait déjà à la suite avec le 100 m papillon. Les 49’’5 de Caeleb Dressel sont déjà dans sonviseur.

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Devant son public, le Hongrois Kristof Milak a affolé le chrono hier en finale du 200 m papillon.

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