L'Equipe

Argent et châtiment

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Ils en auront reçu des avoinées, au cours de leur journée, les fleurettis­tes, hier. C’est que leur entraîneur, Emeric Clos, était bien luné: il venait de passer une semaine à l’isolement, «covidé» de dernière minute, et après avoir raté l’épreuve individuel­le, il avait sauté dans les vols vers Antalya pour arriver en pleine nuit, la veille du par équipes.

Alors il a donné de la voix et passé un savon terrible à son quatuor, d’abord dans un quart de finale serré contre la Belgique (45-37). Et il a remis ça en finale, après un premier relais transparen­t (0-5) contre les expériment­és Italiens. Les mots étaient directs, crus, pour secouer. «On a l’habitude, en souriait Alexandre Sido, la médaille d’argent autour du cou. Et c’est toujours bienveilla­nt.»

«Il voyait qu’on était dans la retenue, dans l’envie de bien faire, et ce n’est pas ce qu’il attend de nous: il veut qu’on soit dans la bagarre !, précise Maximilien Chastanet. Il est honnête et nous dit ce qu’il a sur le coeur, ça nous motive.» «Son rôle aujourd’hui, il le dit lui-même, c’est d’être notre papa» , rebondit Sido.

C’est que le maître d’armes des expériment­és champions olympiques de Tokyo avait là sous la main quatre débutants, totalement novices en grand Championna­t. Quand il a vu son quatuor se réveiller et, malgré la défaite, superbemen­t secouer l’Italie en fin de match (45-38), il a pu se relâcher. Ses gueulantes avaient été entendues et parées d’argent.

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