L'Equipe

Pour l’Asvel, ce soir ou jamais

Le double tenant du titre, mené deux victoires à une, joue sa couronne ce soir à Monaco où l’ASM espère soulever son premier trophée de champion de France.

- DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL ARNAUD LECOMTE

MONACO - De passage à Monaco, Adrien Moerman a salué ses potes TJ Parker, Charles Kahudi et Antoine Diot et assisté à l’entraîneme­nt du jour de l’Asvel hier après-midi à Gaston-Médecin. Le tout frais double champion d’Europe avec l’Anadolu Efes Istanbul leur a sûrement rappelé qu’on ne devait jamais sous-estimer le coeur d’un champion à l’heure où l’Asvel joue sa couronne de double champion de France ce soir chez son rival Monaco.

Car l’ASM mène deux victoires à une et dispose donc de deux balles de match, ce soir et éventuelle­ment samedi à Villeurban­ne, lieu d’un putatif match décisif, pour consacrer enfin par un titre national la montée en puissance du club de la principaut­é sur la scène européenne.

L’Asvel, qui vise un triplé inédit depuis le grand Limoges de Michel Gomez (1988-1990) est sous pression depuis le succès initial de la «Roca Team» à l’Astroballe mercredi dernier (82-74). Après son adversaire qui lundi a réagi (83-80) à la gifle du match 2 (54-91), c’est à son tour de répondre.

Changer d’adresse

S’imposer à l’extérieur en patientant trente-huit minutes avant de réussir un panier à trois points est un défi surhumain. Lundi soir, l’Asvel a manqué ses seize premières tentatives avant la délivrance signée Chris Jones (pour 3 sur 22 au final) mais ça n’a pas suffi pour éviter la défaite.

Pour exorciser cette mauvaise soirée, Elie Okobo (1 sur 6 à trois points lundi mais 8 sur 11 à deux points) préconisai­t de shooter, encore et toujours, comme répéterait un comédien qui aurait perdu son texte. Pour autant, réussir 500 tirs entre deux matches ne garantira rien du tout le lendemain en condition de jeu. « Il n’y a pas de recette magique, cela se saurait », sourit Frédéric Fauthoux, le coach associé de l’Asvel, ancien généreux shooteur à trois points. « Il faut retrouver du relâchemen­t, et surtout ne pas perdre sa confiance », ajoute-t-il.

L’entraîneur de l’AS Monaco Sasa Obradovic estime que certains changement­s défensifs de son équipe ont pu perturber par séquences les artificier­s villeurban­nais. « On a pris des risques et puis ils ont mis beaucoup d’énergie en défense ce qui a pu se ressentir ensuite en attaque car même leurs bons shooteurs ont manqué les tirs. Mais il ne faut pas craindre ces soirées-là, conserver confiance dans vos routines d’entraîneme­nt, votre discipline quotidienn­e et être fort mentalemen­t. D’ailleurs, je vous confierai mon secret après la finale », plaisante l’ancien shooteur champion du monde (1998) avec la Serbie-Monténégro.

Réveiller le banc

Lundi, les joueurs de banc de Monaco, d’où ont surgi notamment Donatas Motiejunas (12 points), Dwayne Bacon (19) et Paris Lee (15) a scoré 48 points, soit 58% du total de la «Roca Team» Team. C’est une somme que l’Asvel, beaucoup moins armée dans ses réserves (21 points dont 15 pour le seul Chris Jones), a payée cher. Derrière son quatuor de leaders (Okobo, Jones, Lighty, Fall), le champion de France a manqué d’alternativ­es. Le changement de rotations au poste de pivot, avec Jerry Boutsiele titulaire pour défendre sur Youssoupha Fall, a aussi modifié les rapports de force intérieurs en faveur de Monaco. Et Motiejunas en sortie de banc a pu profiter de sa taille (2,13m) pour attaquer James Gist (2,06m). « On s’occupera des ajustement­s offensifs demain ( mercredi matin), mais sur le plan défensif, on sait qu’on a commis quelques erreurs. Il faut limiter les joueurs qui profitent de la création de Mike James ( 10 passes décisives)», expliquait TJ Parker, en visant notamment Paris Lee, aiguillon avec Bacon, de la relance monégasque.

Livrer son coeur

Ce soir, l’Asvel fait face à son plus grand défi en finale depuis 2016 lorsqu’elle avait, après deux défaites à Strasbourg, également joué sa tête sur quarante minutes avant de remporter les trois matches suivants et le premier titre de l’ère Tony Parker. Mais elle le relevait chez elle, en position d’outsider (5e de la saison régulière). Cette année, elle est double tenante du titre et porte le dossard n°1. Et puis, elle n’a encore jamais été battue par Monaco dans une série de play-offs (trois succès entre2016 et2019). Alors, le coeur et l’orgueil seront ses meilleurs atouts ce soir.

En difficulté au premier tour le mois dernier après une défaite à domicile contre Cholet (70-74), son équipe avait réagi sous la pression d’une éliminatio­n précoce à la Meilleraie (82-66). « Cette expérience, le fait d’avoir été dos au mur, nous donnent confiance. On a l’habitude de se battre jusqu’à la fin », convient David Lighty, l’âme et la mémoire récente de la « vieille dame » avec Charles Kahudi (forfait), tous deux triple champions (2016, 2019, 2021. Dont le coeur et la culture seront la plus précieuse des rations de survie.

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 ?? ?? Le Monégasque Dwayne Bacon sous la pression de l’Asvel de David Lighty lors du match 2 (défaite de Monaco 91-54).
Le Monégasque Dwayne Bacon sous la pression de l’Asvel de David Lighty lors du match 2 (défaite de Monaco 91-54).
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