L'Equipe

«Un potentiel largement sous-exploité»

Mathieu Chupin, le président de l’AS Dakar Sacré-Coeur, le club partenaire de l’OL au Sénégal, explique comment se passe cette collaborat­ion et la nécessité de la renforcer.

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«Quand cette aventure avec l’ O L a-t-ellecommen­cé?

Le partenaria­t global a débuté en 2015. On est un club, pas une académie. Génération Foot a 20 ans, Diam bars 17. Donc on est jeune. Sur les 10 premières années d’ activité de Diam bars, 23 joueur sont d’ ailleurs été transférés essentiell­ement en France.

”Avec l’OL, on essaie aujourd’hui de s’intéresser à l’environnem­ent familial, ce qu’on ne faisait pas avant

Comme' nte' xp li quer l’ attrait du Sénégal? Pour un petit pays, c’ est un truc de dingue. M ad yT ou ré a été très bon avec Génération Foot avec O li vierPerr in. Il sont bossé sur la po st formation au début. Nous, comme Diam bars, on a travaillé sur les jeunes tout de suite. Et il se passe d’ autres choses intéressan­tes. Te un guet ha lancé son académie, É tienne M end y a un très beau projet ... Ça illustre aussi la coopératio­n entre la France et le Sénégal. Il y a de saxes à développer avec la Fédération française, Laura( Georges, secrétaire générale de la FFF) était là en mars pour évoquer la formation des cadres, l’ organisati­on, etc. Ces transferts de compétence à tous ou deux ans car il y a encore du travail à faire.»

Metz, qui budgète environ 1,5million annuel pour GF, a profité de ce partenaria­t pour renflouer ses finances avec des transferts importants comme Pape Matar Sarr à Tottenham (2021, 20M€), Ismaïla Sarr à Rennes (17M€), Habib Diallo à Strasbourg (10 M€) ou encore Mané à Salzbourg (4M€ salvateurs en 2012, année de sa relégation en National).

Mouhamadou Dabo, l’ancien latéral lyonnais, employé de Dakar Sacré-Coeur, souligne: «La France est le premier pays qui vient en tête, c’est certain, mais ce n’est pas pour ça que c’est gagné (voir ci-contre). On doit les accompagne­r, ne pas négliger ce côté famille, les sensibilis­er tous les jours, les responsabi­liser, leur inculquer des valeurs de travail.» Lui-même se rend très souvent en France parler à ces expatriés, les aider à passer le cap, à affronter la solitude, parfois, ou les duretés d’une carrière naissante. «Ils ont une envie de réussir incroyaniv­eaux peuvent être bénéfiques. Sur la France, en plus, c’ est réglo avec la délivrance des vis as. L’ État bosse très bien avec les clubs et facilite les choses car il voit que nous sommes sérieux. Comment ça se passe avec l’ O L? On échange régulièrem­ent, ils regardent le développem­ent du projet, font des évaluation s des effectifs. Bruno( Cheyrou, chef du recrutemen­t ), Vincent( Ponsot, directeur du football) viennent. Leurs entraîneur­s valident la pré formation, le passage moins de 15 ans, moins de 17 ans. Avec l’ O L, on essaie aujourd’ hui de s’ intéresser à l’ environnem­ent familial, ce qu’ on ne faisait pas avant. On tente de rattraper notre retard dans le pro cess de recrutemen­t .70% des joueurs qui partent d’ Afrique ne réussissen­t pas. On doit faire mieux. Il y a un vivier, un potentiel de malade ici mais largement sous-exploité. On doit donc être plus regardant sur l’ aspect environnem­ental du joueur. C’ est pour ça qu’ on fait aujourd’ hui notamment des tests depersonna­lité. Ce n’ est pas un partenaria­t exclus if? Non, comme Diam bars ou G F. Il y a une période où l’ O L se position ne sur ses premiers choix car c’ est notre partenaire prioritair­e( le contrat court jusqu’ en 2024). La plupart des joueurs vont ailleurs ensuite .» ble, ils sont à fond tout le temps car ils veulent voyager. C’est leur but, ça change tellement la vie pour leur famille, note David Laubertie, entraîneur de Dakar Sacré-Coeur. Mais le plus dur commence dès qu’ils partent…» Il prend l’exemple de Mamadou Camara, à Lens depuis l’été dernier, en souffrance. «S’il veut sa place, il doit s’imposer. Il a peutêtre perdu un peu de sa déterminat­ion. C’est à lui d’en faire encore plus mais les clubs français voient qu’on peut avoir des joueurs avec des forts potentiels au Sénégal.» Au point de creuser de plus en plus la filière des champions d’Afrique en titre…

(1) Il existe plus de 160 écoles de ce type.

(2) Selon le dernier classement du CIES, publié en mai, le Sénégal est le quatrième pays africain exportateu­r de joueurs (192 expatriés), derrière le Nigéria (339), le Ghana (293) et la Côte d’Ivoire (208).

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