L'Equipe

Cascarino à tire-d’aile

Alors que le staff tricolore insiste pour l’installer à gauche, l’attaquante est toujours à la recherche de repères sur ce côté.

- NATHAN GOURDOL

Le débat à gauche semble être devenu un classique de l’équipe de France sous l’ère Corinne Diacre. À la Coupe du monde 2019, les prestation­s d’Eugénie Le Sommer sur cette aile avaient énormément déçu la sélectionn­euse, qui l’avait fait savoir peu après. La patronne des Bleues pensait alors avoir trouvé une solution idéale en vue de l’Euro en y installant Amel Majri dès l’entame de la saison 2019-2020. Mais la grave blessure au genou gauche de la Lyonnaise en octobre (rupture du ligament croisé antérieur et du ligament latéral externe), puis l’annonce de sa grossesse, ont annulé cette perspectiv­e, à quelques mois de la compétitio­n.

Sandy Baltimore, révélation de la saison 2020-2021 avec le PSG, apparaissa­it alors comme la remplaçant­e naturelle mais a été rattrapée par un peu d’inconstanc­e cette saison. Diacre a de toute façon opté pour une autre option depuis l’automne: installer Delphine Cascarino sur le côté gauche, alors qu’elle évolue à droite avec Lyon. Un choix qui a l’avantage d’offrir une place de titulaire à ce talent pur – tandis que

Kadidiatou Diani est incontourn­able à droite – et d’éviter de laisser une telle arme sur le banc, comme cela avait pu être le cas en 2019.

Problème, si Cascarino avait été brillante à gauche contre le pays de Galles en novembre (2-0), son acclimatat­ion reste encore largement perfectibl­e. On l’a encore vu samedi lors du succès contre le Cameroun à Beauvais (4-0), où elle a bien débuté sur cette aile, pour poursuivre son adaptation, laissant le côté droit à sa coéquipièr­e lyonnaise Melvine Malard… à l’inverse de ce que Sonia Bompastor a fait toute la saison avec l’OL.

L’Euro comme second souffle

Et sa prestation a été similaire à ces dernières sorties dans cette configurat­ion avec les Bleues: intéressan­te mais frustrante car inaboutie. La joueuse de 25 ans (41 sélections et 9 buts depuis octobre201­6) a fait de nombreuses différence­s balles au pied, avec sa puissance et son coup de reins, mais elle a trop tergiversé dans les derniers gestes. Plutôt dangereuse quand elle rentre pour frapper avec son pied droit, elle peine toujours à trouver le bon timing pour centrer depuis la gauche. « Il faut simplement qu’elle prenne l’habitude, qu’elle puisse choisir quel geste faire» , défendait Diacre en avril, alors que les questionne­ments étaient déjà présents. «Je suis un peu plus à l’aise sur le côté droit où je joue en club. Mais après, peu importe » , balayait de son côté l’intéressée.

Entrée à sa place après la pause samedi, n’a pas été plus en réussite contre les Camerounai­ses. D’autres solutions existent à gauche derrière Baltimore et Cascarino : la carte Malard évidemment, encore un peu tendre sur certaines séquences mais diablement rafraîchis­sante, ou encore la possibilit­é de faire monter d’un cran Selma Bacha, remplaçant­e de luxe de Sakina Karchaoui en latérale. Difficile toutefois d’imaginer un tel changement de plan de dernière minute de la part du staff.

Cascarino aura une ultime occasion de clore le débat avant le tournoi, contre le Viêtnam vendredi à Orléans, où Diacre devrait aligner son onze type. Prolongée en mai2021 par l’OL jusqu’en 2024, avec un «objectif

Ballon d’Or» , l’étoile du Final 8 de Ligue des champions de 2020 peut profiter de l’Euro pour donner un nouveau souffle à sa carrière.

La transition du statut de grand espoir à celui de star confirmée passe notamment par un rendement bien plus important en termes d’efficacité (seulement 4 buts et 8 passes décisives en 32 matches toutes compétitio­ns confondues en club cette saison).

“Il faut simplement qu’elle puisse choisir quel geste faire

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CORINNE DIACRE

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Delphine Cascarino lors de la victoire des Bleues contre le Cameroun (4-0), samedi, en amical.

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