L'Equipe

Happio, le jour d’après

Champion de France après une agression samedi, le spécialist­e du 400 m haies est passé récupérer sa médaille hier au stade Hélitas, alors qu’il existe encore des zones d’ombre à éclaircir pour le hurdleur.

- DE NOS ENVOYÉS SPÉCIAUX ANNABELLE ROLNIN et ROMAIN DONNEUX (avec S. Se.)

CAEN – Il était peu après 15heures, hier, quand Wilfried Happio a débarqué, sous bonne escorte, dans la partie du stade réservée au podium des Championna­ts de France. Ouvert au public tout le week-end, l’accès à cette zone était, un temps, refusé à la presse par le service de sécurité «jusqu’à 15 h 30 » , horaire prévu initialeme­nt pour le podium du 400 m haies, où l’athlète devait récupérer sa médaille d’or.

Sur le podium, sous une casquette noire, Happio portait de grosses lunettes, cachant un oeil «bleu», toujours selon son entraîneur, Olivier Vallaeys. Souriant lors des photos aux côtés de Ludvy Vaillant et Victor Coroller (2e et3edu400m­h aies ), Happio rejoignait ensuite la tente réservé eaux médaillés, avant de suivre un escadron fédéral jusqu’à la zone VIP, sans souhaiter s’exprimer.

Les questions étaient pourtant nombreuses pour comprendre un peu mieux pourquoi un homme a débarqué samedi sur le terrain d’échauffeme­nt – situé à 500m du stade Hélitas – pour s’en prendre à l’ancien champion d’Europe Espoirs, lui assénant un coup de poing dans la pommette gauche, avant d’être ceinturé par Olivier Vallaeys et finalement exfiltré du stade par la police municipale. «Il s’agit d’un différend privé entre deux personnes qui se connaissen­t, nous a indiqué une source judiciaire. Ce sont des violences de nature contravent­ionnelle sans circonstan­ces aggravante­s.»

Une ITT estimée à onze jours

L’individu, sprinteur d’un niveau régional, licencié en région parisienne, reprochera­it à Happio des comporteme­nts déplacés envers sa soeur – qui concourait également ce week-end aux Championna­ts de France – lors d’une soirée, il y a quelques mois.

Relâché par les agents de police samedi dès la fin de l’incident, l’individu a été entendu hier puisque l’incapacité temporaire de travail (ITT) d’Happio serait de onze jours, selon nos informatio­ns.

Le spécialist­e du 400m haies souffre en effet d’une «microfract­ure» au visage, selon son entraîneur, même si ce dernier a voulu se montrer rassurant sur l’état physique de son athlète.

Des faits qui auront, dans tous les cas, marqué ce week-end national puisque toutes les discussion­s hier tournaient encore autour du sujet jusqu’au moment du démontage des installati­ons autour de la piste, dans la soirée.

Interrogé à son passage en zone mixte sur la sécurité des Championna­ts de France, André Giraud, le président de la Fédération française d’athlétisme (FFA), rejetait toute faute, même si des questions de meurent toujours sur la possession ou non d’un passe d’entrée pour l’agresseur. « La sécurité était assurée comme elle l’est sur tous les Championna­ts, a déclaré Giraud. Il y a eu un événement regrettabl­e. On en tirera les conséquenc­es. Il n’y a pas eu de fautes de la part de la Fédération d’un point de vue sécuritair­e. Il y avait ce qu’il fallait. On vit dans une société particuliè­re. Tous les week-ends sur les terrains de football, il y a des agressions pires que celle qu’il y a eue là.» Tourner la tête n’est pas forcément la meilleure façon d’apprendre de tels événements.

Happio, lui, n’avait pas encore communiqué hier soir sur la suite donnée à sa saison. Engagé au meeting de Stockholm (Suède) ce jeudi, il sera dans la liste des sélectionn­és pour les Mondiaux d’Eugene (15-24juillet) puisqu’il a coché toutes les cases, ce weekend, avec son titre et les minima. «Pour Wilfried, c’est dans les mains dumédical, adéclaré Romain Barras, le directeur de la haute performanc­e à la FFA. Il a fait les minima, on espère qu’il aura encore une meilleure forme à Eugene.»

Le Ha yward Field ouvre ses portes dans un peu moins de trois semaines, laissant du temps pour récupérer mais aussi pour éclaircir les dernières zones d’ombre.

 ?? ?? Wilfried Happio est venu chercher sa médaille hier au stade Hélitas, entouré de Ludvy Vaillant et Victor Coroller (à droite).
Wilfried Happio est venu chercher sa médaille hier au stade Hélitas, entouré de Ludvy Vaillant et Victor Coroller (à droite).

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