L'Equipe

La Lombardie et les Mondiaux comme objectifs

- R. Bi (avec G. Sc.)

Privé du Tour, Julian Alaphilipp­e va viser d’autres objectifs pour sa fin de saison même s’il affirme que « rien n’est clairement défini pour la suite » . Premier grand rendez-vous du calendrier post-Tour, la Vuelta (19 août-11 septembre) est « une possibilit­é, bien sûr » . Le double champion du monde y avait remporté sa première victoire sur un grand Tour, en 2017, justement de retour de convalesce­nce après une blessure au genou au Tour du Pays Basque qui lui avait fait manquer la Grande Boucle. Mais il reste prudent avec la Vuelta, qui se terminera deux semaines avant les Championna­ts du monde en Australie (25 septembre).

Car c’est la fin de saison qui aimante désormais les ambitions d’Alaphilipp­e. « Le parcours des Championna­ts du monde me convient, on le sait » , admet le tenant du titre en évoquant le tracé de Wollongong, que les coureurs parcourron­t le 25 septembre. La principale difficulté du circuit, le mont Pleasant (1,1 km à 7,7 % avec un passage à 14 %), sera à escalader douze fois et son sommet est situé à 8 kilomètres de l’arrivée. Même après deux sacres consécutif­s sur les Mondiaux, le Montluçonn­ais reste motivé. « C’est une course que j’ai toujours voulu gagner et là je vais pouvoir encore mieux la préparer » , se réjouit-il.

Autre objectif qui se profile, le Tour de Lombardie, une course montagneus­e qu’il apprécie et dont il avait terminé 2e en 2017, trente secondes derrière Vincenzo Nibali. « Pour une fois, j’aurais peut-être la possibilit­é de me préparer à 100 % pour le Lombardie, explique-t-il. Je ne dis pas ça pour me mettre la pression, mais je me rends compte que prendre le temps pour cela est un luxe en soi. Je n’en ai pas souvent bénéficié. »

tout l’ objectif. Je faisais des blocs de deux jours quand mes équipiers en faisaient trois et quatre. J’ ai fait zéro entraîneme­nt sur mon vélo de chrono alors que je le travaille pas mal en altitude, d’ habitude. Je me suis laissé pas mal de temps pour récupérer. Je suis vraiment monté crescendo et j’ ai bien fini. J’ étais satisfait.

“C’est de loin l’année où j’ai eu le plus de doutes. Ne pas faire le Tour m’enlève un gros poids. Je vais ressentir beaucoup moins de stress ''

Et puis, à peine rentré mi-juin, vous êtes tombé malade…

Pfff, la série noire. Après le stage, j’ avais l’ impression que tout rentrait dans l’ ordre. Je retrouvais doucement un semblant de plaisir sur le vélo. C’ était le premier anniversai­re de Ni no, on a passé un super moment à fêter ça, mais le lendemain j’ ai senti que l’ estomac était remué et j’ ai passé deux jours complèteme­nt à plat au lit, à me vider. Au total, j’ ai fait trois jours sans vélo, en plein bloc important en vue du Championna­t et du Tour. C’ était une in certitude de plus à un moment où je n’ avais vraiment pas besoin de ça.

Après ce nouveau coup d’ arrêt, vous avez continué à croire au Tour?

J’ remonté y pense sur sans le vélo. cesse C’ depuis est un que je suis questionne­ment permanent qui m’ a beaucoup fatigué. Mentalemen­t, cette in décision m’ a beaucoup pesé. Je n’ ai pas arrêté de me demander si ça allait le faire, si ça allait être jouable. En Sierra Nevada, quand je n’ arrivais pas à suivre les autres gars de l’ équipe, je me posais mille questions. Au Championna­t de France, j’ai continué à ne penser qu’ à ça, au Tour et au fait que l’ équipe allait peut-être m’ empêcher d’ y aller pour me faire souffler, me laisser m’ entraîner à mon rythme. Franchemen­t, c’ était épuisant.

On vous sent presque soulagé…

Disons que je suis partagé. J’ aurais aimé y être, mais est-ce que j’ aurais vraiment aimé y être et ne pas faire tout ce que j’ espérais? Je pense que j’ aurais trouvé ça chiant. C’ est un Tour difficile, il y a des pavés dès le cinquième jour. Faire le Tour avec ma condition, ça aurait pu mal se passer et tronquer la suite. J’ aurais peut-être fini, mais cramé, obligé de taper loin dans les réserves.

Éprouvez-vous des regrets?

Aucun. Je voulais retrouver une condition à peu près normale et je pense y être parvenu. J’ ai fait vraiment tout ce que j’ ai pu. Vraiment. Je n’ ai aucun regret.

Cette non-sélection vous permet de définitive­ment tourner la page d’ une première moitié de saison difficile…

Clairement. C’ est de loin l’ année où j’ ai eu le plus de doutes. Ne pas faire le Tour m’ enlève un gros poids. Je vais ressentir beaucoup moins de stress. Je vais arrêter de me dire: est-ce que je vais être à la hauteur, est-ce que je vais assurer? Je vais pouvoir revoir mes priorités, profiter de ma petite famille et m’ entraîner correcteme­nt.

Vous allez le regarder, ce Tour de France?

Bien sûr. Ça va être difficile mais j’ ai trop d’ amour pour cette course et de passion pour mon métier. Le public au bord des routes va me manquer cet été. L’ accueil des gens pour ma course de reprise, dimanche, m’ a rappelé à quel point leur soutien me fait chaud aucoeur.Jel es remercie tellement.

Qu’ allez-vous faire désormais?

Là, jeter mine cette interview puis je coupe mon téléphone. J’ ai besoin de me ressourcer. Puis je vais penser à la suite de la saison, élaborer un programme avec Franck et partir en stage àLivig no( Italie ). Après ça, je veux retrouver du plaisir et des victoires. Je veux que la malchance me laisse tranquille. Je veux balayer ces six derniers mois, passer à autre chose. Je veux redevenir le vrai Julian .»

 ?? ?? Julian Alaphilipp­e, avant-hier à Cholet, lors du Championna­t de France qui marquait les retrouvail­les du double champion du monde avec la compétitio­n.
Julian Alaphilipp­e, avant-hier à Cholet, lors du Championna­t de France qui marquait les retrouvail­les du double champion du monde avec la compétitio­n.
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Comme Julian Alaphilipp­e, Florian Sénéchal (à droite), le nouveau champion de France, ne fait pas partie de la sélection Quick-Step pour le Tour de France.

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