L'Equipe

La première confidenti­elle de 1948

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Le premier direct télévisé du Tour remonte en réalité au 25 juillet 1948, pour la dernière étape, avec arrivée au vélodrome du Parc des Princes. E n France, c’est le deuxième direct de l’histoire. Un an avant, le 5 juin 1947, deux caméras avaient été installées au théâtre des Champs-Élysées pour un gala avec l’actrice Annabella, accompagné­e de la pianiste Lucette Descaves.

Le dispositif de 1948 n’a rien à voir avec celui du Tour dans les décennies suivantes. « Des caméras “périscope” ont été installées, qui ne sont pas mobiles, impossible donc de faire des travelling­s » , explique Fabien Wille, professeur à Lille. Et impossible aussi d’enregistre­r les images à l’époque. Celles de ce premier direct sont à jamais perdues, seul le quelque millier d’heureux détenteurs d’un récepteur télé a pu les voir sur le moment… « J’en avais parlé avec Guy Lapébie il y a très longtemps (3e du Tour gagné par l’Italien Gino Bartali), il n’en avait plus aucun souvenir, c’était très confidenti­el, raconte Fabien Wille. C’était plus une expériment­ation technique. La télévision en est à ses balbutieme­nts, on ne sait pas du tout ce qu’elle va devenir. »

Un journalist­e du Monde fait partie des privilégié­s de 1948. Une expérience concluante selon lui : « À part quelques brouillage­s fugaces causés sans doute par des parasites locaux et deux ou trois flottement­s dus à de brefs incidents de synchronis­ation, la retransmis­sion fut excellente. Les opérateurs des caméras suivirent bien les coureurs autour de la piste, aussi bien donc les sprints que dans les tours d’honneur, donnant à souhait l’impression de l’espace et de la vitesse, et les gros plans des vainqueurs étaient d’une grande netteté. »

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