L'Equipe

CES BLEUS REVERDISSE­NT

Loin de l’hécatombe observée le mois dernier à Roland-Garros,cinq joueuses et joueurs français ont déjà réussi à passer l’obstacle du premier tour, hier, à Wimbledon.

- DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL FRANCK RAMELLA

LONDRES – Le Ugo Humbert de 2021, vainqueur impérial à Halle (ATP 500), ne se serait sans doute pas contenté de cette victoire au forceps (3h32ʼ, 6-3, 3-6, 4-6, 6-3, 6-4)) sur gazon face à un Argentin (Tomas Martin Etcheverry, 77e mondial) essentiell­ement solide sur les tournois Challenger sur terre battue. Mais de longs mois se sont passés, et le Messin, après une fatigue généralisé­e inexpliqué­e, a connu une perte de sensations, elle aussi sujette à questionne­ment. Le solitaire qu’il revendique être a préféré un temps tracer sa route tout seul, dans un chemin sinueux qui reste encore à se transforme­r en ligne droite. Mais le succès d’hier, compliqué par la gestion attentiste des deuxième et troisième manches, et sauvé par sa volonté finale d’aller vers l’ avant, pourrait avoir son rôle dans son processus de recomposit­ion .« Il a été courageux, s’est rassuré Thierry As ci one,qu il’ accompagne à Londres. Les deux derniers sets, quand il s’est mis à agresser, ça commence à ressembler à du tennis! Ugo doit simplifier les choses. Il ne faut pas rentrer dans des diagonales à 25 frappes face à un Argent in… Mais il a fait l’effort et c’est top. Il faut un départ. À lui de décider si c’est le début de quelque chose. Ugo n’est pas là où il doit être, il doit se faire mal.»

“J’ai eu une attitude très positive. En ce moment, tout est bon à prendre !''

UGO HUMBERT Redescendu au 112e rang mondial, le Messin (24ans) se félicitait, hier, de la présence de celui qui gère sa carrière depuis quelques années, avant de retrouver bientôt un nouveau coach de la structure. «Ça faisait longtemps que je n’étais pas encadré. J’ai voulu faire une période en étant seul. Je ne me sentais pas prêt à écouter, mais là, j’ai confiance en lui. Il m’apporte de la sérénité. Sur les interrupti­ons dues à la pluie, il a trouvé les bons mots pour me pousser. Je suis content de mes deux bons derniers sets. J’ai réussi à aller vers l’avant. J’ai eu une attitude très positive. Je me suis encouragé du début du quatrième jusqu’ à la fin non-stop. Et en ce moment tout est bon à prendre!»

Si le gong d’un nouveau départ après ces mois de questionne­ment a résonné, le Français pourrait saliver avant d’aborder son deuxième tour. L’affiche est chic, face à Casper Ruud, 6e mondial, récent finaliste à Roland-Garros. Mais le Norvégien a remporté, hier face à Ramos-Vinolas (7-6 (1), 7-6 (9), 6-2), sa première victoire à Wimbledon en quatre participat­ions, et n’a pas dépassé le premier tour au Queen’s pour sa seule tentative gazonnée en 2022 (défaite face au Britanniqu­e Peniston). Il pourrait y avoir de la perf dans l’air… «C’est un super joueur, notait Humbert. Il a très bien joué sur terre battue, énormément progressé sur dur. Il n’a pas beaucoup joué sur gazon. Je pense que mon jeu sera efficace contre lui. J’ai hâte. C’est vrai que le gazon ici est plus lent que sur les autres tournois, mais je pense que mon slice au service et mon revers à plat peuvent fonctionne­r.

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