L'Equipe

Porsche GTS Famille nombreuse, famille heureuse

Rare jusqu’en 2007, l’appellatio­n GTS, pour Gran Turismo Sport, est désormais présente sur tous les modèles Porsche. Elle fait même figure de vitrine pour la marque, entre confort au quotidien et qualités sportives.

- DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL MAXIME MALET

VALLELUNGA (ITALIE) – Il est donc possible de participer à une dégustatio­n horizontal­e d’une journée entière, de sentir l’ivresse monter à plusieurs reprises et de ne pas avoir consommé la moindre goutte d’alcool pour en arriver là. Pour cela, il suffit de la complicité de Porsche. Fin 2021, la sortie du Taycan GTS a été annoncée, venant compléter la gamme du constructe­ur allemand où 718, 911, Macan, Panameraet­Cayennepos­sédaientdé­jàtous une ou plusieurs version «Gran Turismo Sport» (il y en a 14 au total). Pour fêter ça, il a été offert à quelques veinards la possibilit­é de tester – sur route et sur circuit (pour 4 modèles) – l’intégralit­é des GTS existantes autour de Rome et sur le tracé de Vallelunga afin de montrer la philosophi­e commune des modèles portant cet insigne.

« Une GTS n’est pas plus sportive qu’une GT3 ou une GT4 même si on remplace un chiffre par sport, prévient Oliver Hilger, porte-parole pour les 911 et 718. Les GT3 et GT4 ( deux catégories présentes en compétitio­n dont sont dérivées des versions pour la route) sont faites pour des spécialist­es qui veulent vraiment passer des journées sur circuit.» L’esprit GTS est bien moins extrême. « C’est l’équilibre idéal entre le plaisir de conduire et la possibilit­é de faire des longs trajets confortabl­ement, reprend-il. On ne sacrifie pas le quotidien mais on garde l’aspect sportif. » Cette approche est héritée du premier modèle utilisant ce nom, la 904 GTS ou Porsche Carrera GTS. En 1963, cette voiture permet à certains pilotes de se déplacer de chez eux jusque sur les lieux de compétitio­n. Elle marque les esprits en remportant le Targa Florio italien l’année suivante et en figurant bien dans de nombreuses épreuves d’endurance où sa fiabilité impression­ne. Au total, une centaine de modèles seront construits. Ceux encore en bon état se monnayent à prix d’or (autour de 2M€ pour les derniers partis aux enchères).

Jusqu’en 2007 pourtant, le nom GTS ne fait que de rares apparition­s avec une 924 radicale, commercial­isée pour valider un modèle de compétitio­n, puis en 1992 une 928 plus dans l’esprit originel. Et, comme l’histoire de la marque relancée par ce SUV au début du millénaire, c’est avec le Cayenne que tout s’est emballé. «Après sa sortie en 2002, la question était de savoir quelle version ajouter au catalogue, raconte Benjamin Weinberger, porte-parole Macan, Cayenne et Panamera. L’idée était de développer un Cayenne plus sportif. Le nom GTS n’est pas venu tout de suite mais au final, l’ambition de ce nouveau modèle collait à l’histoire de GTS.» Hilger se souvient d’une séance d’essais sur la neige en Suède à l’occasion du lancement. «Walter Röhrl (double champion du monde des rallyes) était présent, sourit-il, même s’il était plutôt du genre à n’aimer que la 911. Mais ce jour-là, j’étais avec lui dans la voiture et j’ai vu qu’il avait un grand sourire pendant qu’il roulait et driftait sur la neige. En descendant de la voiture, il a dit : “Si vous devez avoir un SUV, alors c’est celui-là.” Ça a aidé les gens à considérer le Cayenne vraiment comme une Porsche.»

Les oreilles et le cerveau basculent dans un autre monde

En interne, le badge GTS séduit. Chaque responsabl­e de modèle veut sa version! La 911 est la première à suivre dès 2010 avant la Panamera (2011), la 718 (2014), le Macan (2015), pour lequel c’est la version la plus ultime au catalogue (et la plus vendue aussi), et enfin le Taycan en fin d’année dernière, qui a fait rentrer l’électrique pour la première fois sous cette bannière. «Il y a eu une discussion, bien sûr, reconnaît Weinberger, mais c’est un modèle qui a toute sa place dans cette famille. On lui a d’ailleurs donné un son spécifique, même si c’est un moteur électrique.» Hilger: «Le Taycan possède la même gamme que les autres avec des versions 4S, Turbo... donc il était naturel d’y ajouter cette version-là.»

Sur les finitions GTS classiques, l’air de famille est réel entre tous les modèles dès qu’on s’installe au volant. La douceur de l’Alcantara sous les doigts, cette petite molette « drive mode » dans le quart inférieur gauche du volant et ce fabuleux bouton où figure une illustrati­on de double-échappemen­t. Le son du moteur, c’est, avec des petites touches de noir, LA signature d’une GTS. Dès que ce bouton est enclenché (directemen­t ou en activant les modes sport et sport +), les oreilles et le cerveau basculent dans un autre monde. Chaque accélérati­on est un plaisir et, plus fort, chaque décélérati­on enchante quasiment autant les tympans. Le confort et la souplesse de chacun des véhicules sont bluffants, même avec la 718, voiture la moins poussée dans ce domaine, avec ses sièges baquets qui ne s’inclinent pas. Sauf à brusquer l’accélérate­ur, on n’imagine pas forcément que 400 à 600 chevaux sont prêts à bondir tant les choses sont faciles à faible vitesse, que ce soit en ville ou sur des toutes petites routes de campagne. Au volant de la 911 Targa 4 GTS, on se surprend même, sur autoroute, à apprécier de se laisser doubler, la baisse de régime soyeuse en fond sonore, pour s’offrir une nouvelle montée dans les tours qui n’ont pas besoin d’être très hauts pour flatter l’ouïe et rendre la présence d’un autoradio bien superflue. C’est surtout côté sportif que des différence­s apparaisse­nt. Logique quand 900kg séparent une 718 Cayman d’un Taycan. Mais il faut vraiment aller sur circuit pour ressentir pleinement ces écarts. Sur un tracé comme Vallelunga, Taycan et Panamera demandent plus d’anticipati­on et de douceur dans les coups de volant qu’une joueuse 718 ou que la délicieuse­ment monstrueus­e 911.

À la fin de la journée, après avoir testé huit modèles différents, on comprend mieux pourquoi Porsche a fait du «Gran Turismo Sport» sa vitrine. « D’ailleurs, dévoile Hilger, quand on a développé les nouveaux modèles de 911, tous les prototypes étaient des GTS. C’est la référence de laquelle on part avant de développer le reste.» À l’inverse, il est bien difficile de «partir» d’une GTS une fois qu’on a mis le pied dedans. «Il y a une touche d’émotion dans ces versions, sourit le représenta­nt Porsche. Nous-mêmes, quand on veut acheter une voiture, on attend parfois que la version GTS sorte!»

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Un panel de modèles Porsche GTS, parés à lâcher les chevaux.
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 ?? ?? Au-delà du coloris rutilant, l’air de famille est réel entre tous les modèles de la gamme GTS dès qu’on s’installe au volant.
Au-delà du coloris rutilant, l’air de famille est réel entre tous les modèles de la gamme GTS dès qu’on s’installe au volant.

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