Grandes ma­noeuvres

L'Informaticien - - ÉDITO - Sté­phane Lar­cher

Cer­tains consi­dèrent que le mar­ché de l’IT est au­jourd’hui stable et que les po­si­tions sont glo­ba­le­ment fi­gées, y com­pris dans le sec­teur le plus dy­na­mique, à sa­voir la té­lé­pho­nie mo­bile et ses ap­pli­ca­tions. Quelle er­reur, quelle suf­fi­sance. Rien n’est plus ou­vert. Certes An­droid et iP­hone do­minent ou­tra­geu­se­ment les dé­bats mais ni Mi­cro­soft ni RIM n’ont dit leur der­nier mot. En té­moignent les nou­veau­tés du construc­teur ca­na­dien qui a de nou­veau quelques ar­gu­ments à faire va­loir, par­ti­cu­liè­re­ment dans un uni­vers où la sé­cu­ri­té et la confi­den­tia­li­té des don­nées sont de plus en plus me­na­cées. Et que dire du couple Mi­cro­soft/No­kia. Don­né pour pra­ti­que­ment mort, le Fin­lan­dais re­vient dans le jeu et le sys­tème d’ex­ploi­ta­tion Win­dows Phone re­gagne quelques fa­veurs.

Wall Street est un frein à l’in­no­va­tion parce que les en­tre­prises sont da­van­tage

fo­ca­li­sées sur les ré­sul­tats tri­mes­triels que sur la stra­té­gie

à long terme

Dans le monde de l’in­for­ma­tique « tra­di­tion­nelle », c’est la même chose. Pou­vait-on s’at­tendre à ce que Le­no­vo dé­passe ou soit en passe de do­mi­ner un construc­teur aus­si so­li­de­ment im­plan­té que HP ? Et que dire de Dell qui en­vi­sage de se retirer du mar­ché bour­sier, ai­dé dans ses des­seins par Mi­cro­soft. Cette vo­lon­té de se sor­tir des griffes de Wall Street et de la « dic­ta­ture » du « quar­ter » est quelque chose qui était évo­qué par cer­tains ac­teurs mais au­cune so­cié­té de la taille de Dell n’était pas­sée à l’acte. Si cette dé­ci­sion se confirme, elle pour­rait avoir de grandes consé­quences sur le mar­ché et sur l’évo­lu­tion stra­té­gique de l’IT. En ef­fet, nom­breux sont les spé­cia­listes du sec­teur qui es­timent que Wall Street est un frein à l’in­no­va­tion parce que les en­tre­prises sont da­van­tage fo­ca­li­sées sur les ré­sul­tats tri­mes­triels que sur la stra­té­gie à long terme. Ce­ci ex­pli­que­rait en par­tie pour­quoi de grands groupes né­go­cient mal, voire ratent to­ta­le­ment de grands vi­rages. Cô­té in­no­va­tion, Big Da­ta, BYOD (Bring your Own De­vice), Cloud com­pu­ting et ses dé­cli­nai­sons PaaS, Iaas, SaaS, Clouds pri­vés, ta­blettes pro­fes­sion­nelles vont être les ten­dances ma­jeures de cette an­née. Sans ou­blier bien sûr la pro­tec­tion de la pro­prié­té in­tel­lec­tuelle pour le meilleur et par­fois pour le pire. La guerre des bre­vets est évi­dem­ment loin d’être ter­mi­née et ce­la re­pré­sente un en­jeu consi­dé­rable voire de sou­ve­rai­ne­té. À ce pe­tit jeu, IBM continue à être le grand ga­gnant avec une pre­mière place dans le do­maine pour la ving­tième an­née consé­cu­tive de­vant un qua­tuor co­réen et ja­po­nais (Sam­sung, Ca­non, So­ny, Pa­na­so­nic). No­tons que les Eu­ro­péens sont lar­ge­ment ab­sents de ce clas­se­ment, ce qui est tris­te­ment ré­vé­la­teur du manque d’in­té­rêt que l’on porte à ces do­maines. Que l’on soit en fa­veur des bre­vets ou non.

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