// SAU­VER LES POSTES D’IN­GÉ­NIEURS D’AL­CA­TEL-LUCENT ET TEXAS INS­TRU­MENTS

L'Informaticien - - L'ESSENTIEL -

un est fran­co-amé­ri­cain, l’autre amé­ri­cain ; mais les deux sont en dan­ger. Ce qui montre bien les li­mites des dis­po­si­tifs fis­caux comme le Cré­dit d’Im­pôt Re­cherche, cen­sé pré­ser­ver voire ren­for­cer les ac­ti­vi­tés de R & D des grandes en­tre­prises en France. Le pre­mier, Al­ca­tel-Lucent, a choi­si mi-dé­cembre une op­tion ris­quée pour s’en sor­tir : mettre ses bre­vets en hy­po­thèque contre 1,615 mil­liard d’eu­ros prê­tés par le Cré­dit Suisse et Gold­man Sachs. 29 000 bre­vets va­lo­ri­sés en­vi­ron 5 mil­liards d’eu­ros par le ca­bi­net Glo­bal IP. Une si­tua­tion ju­gée alar­mante au gou­ver­ne­ment et à Ber­cy, où deux so­lu­tions se­raient en­vi­sa­gées. La pre­mière vi­se­rait à cé­der des ac­tifs sup­plé­men­taires, soit dans l’ac­ti­vi­té en­tre­prises, soit dans les com­mu­ni­ca­tions sous-ma­rines. La deuxième op­tion se­rait d’ou­vrir la porte à des in­dus­triels amé­ri­cains pour qu’ils de­viennent co­pro­prié­taires du por­te­feuille de bre­vets. Le gou­ver­ne­ment fran­çais s’est em­pa­ré du dos­sier : la mi­nistre Fleur Pel­le­rin cherche des so­lu­tions al­ter­na­tives. La pre­mière se­rait de pas­ser par un mor­cel­le­ment des ac­ti­vi­tés de l’équi­pe­men­tier fran­coa­mé­ri­cain. France Té­lé­com pour­rait com­men­cer par ra­che­ter une par­tie des bre­vets d’ALU ain­si que tout ou par­tie de ses ac­tifs dans les câbles sous-ma­rins (na­vires spé­cia­li­sés), ju­gés stra­té­giques, et pou­vant ren­for­cer France Té­lé­com dans ce do­maine. 1 353 postes de­vraient tou­te­fois être sup­pri­més en France d’ici peu. C’est plus que les 517 em­plois (et à terme plus de 540) lais­sés sur le car­reau par la fer­me­ture du site de Texas Ins­tru­ments à Ville­neu­veLou­bet, dans les Alpes-Ma­ri­times. Le fa­bri­cant de se­mi-con­duc­teurs a en ef­fet re­cen­tré sa stra­té­gie et aban­don­né les pro­ces­seurs mo­biles, au coeur de l’ac­ti­vi­té de son usine fran­çaise. Le site se­ra donc fer­mé en 2013 ce qui sus­cite beau­coup moins d’émo­tion que l’ex­tinc­tion des hauts four­neaux de Flo­range. Rien ne semble en­tre­pris par le gou­ver­ne­ment pour sau­ver ces em­plois. Aux États-Unis, c’est Apple qui a pro­fi­té de la dis­po­ni­bi­li­té des in­gé­nieurs TI sur le mar­ché, en en re­cru­tant 250 d’un coup. Pa­ral­lè­le­ment, en France, le Pre­mier mi­nistre Jean-Marc Ay­rault pro­met­tait 100 mil­lions d’eu­ros pour un ab­surde plan qui doit contri­buer à la dé­lo­ca­li­sa­tion de ser­vices vers le Ma­roc. Oui, vous avez bien lu…

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