BLACK­BER­RY 10 LE FOR­MI­DABLE PA­RI !

L'Informaticien - - À LA UNE - Loïc Du­val

Après deux ans de dé­ve­lop­pe­ment et six mois d’at­tente, RIM a en­fin dé­voi­lé son Black­Ber­ry 10 et son tout pre­mier ter­mi­nal tac­tile sous ce nou­veau sys­tème. Ce nou­veau smart­phone a plus d’un atout dans sa poche et marque le grand re­tour du construc­teur sur un mar­ché de­ve­nu hy­per concur­ren­tiel.

Il y a un an, RIM ne se fai­sait guère d’illu­sion et s’at­ten­dait à vivre une an­née 2012 com­pli­quée. Mais peut-être pas à ce point-là ! Le construc­teur ca­na­dien a connu une vé­ri­table tra­ver­sée du dé­sert, qui prend fin au­jourd’hui avec l’ar­ri­vée du Black­Ber­ry 10. Pour l’en­tre­prise, ce lan­ce­ment est un vé­ri­table « quitte ou double ». Sa sur­vie en tant que construc­teur de smart­phones en dé­pend. De­puis deux ans, et avec plus de six mois de re­tard sur l’ob­jec­tif de dé­part, RIM ré­in­vente son uni­vers. Un chal­lenge tou­jours très dif­fi­cile à re­le­ver, car il n’est jamais simple de se ré­in­ven­ter et la phase de tran­si­tion est sou­vent dou­lou­reuse – il faut conti­nuer à vendre d’an­ciens mo­dèles alors que le pu­blic at­tend et es­père dé­jà les nou­veau… D’au­tant que, pen­dant ce temps, le mar­ché mo­bile s’est conso­li­dé au­tour de deux pi­liers.

Deux an­nées d’er­rance

L’iP­hone et An­droid ont ra­di­ca­le­ment chan­gé le pay­sage de la té­lé­pho­nie mo­bile et don­né un nou­vel élan au mar­ché des smart­phones pour­tant en grande par­tie ini­tié par RIM. L’ar­ri­vée de la « Y Ge­ne­ra­tion » dans les entre- prises a fa­vo­ri­sé des phé­no­mènes nou­veaux comme le BYOD et ac­cé­lé­ré la ré­vo­lu­tion des usages mo­biles. Après avoir nié les bou­le­ver­se­ments en­gen­drés par l’iP­hone, le construc­teur a dû ad­mettre que sa pla­te­forme Black­Ber­ry OS at­tei­gnait ses li­mites. Face au tac­tile, à l’ap­pa­ri­tion des ta­blettes, aux pro­ces­seurs mul­ti-coeurs, aux ac­cé­lé­ra­teurs gra­phiques, aux nou­veaux stan­dards du Web et à la mar­gi­na­li­sa­tion du Ja­va, le construc­teur ne pou­vait plus se conten­ter de bi­douiller son sys­tème vieillis­sant. Tout en conti­nuant de mo­der­ni­ser Black­Ber­ry OS (ver­sions 6 puis 7), RIM s’est lan­cé dès 2009 dans la ré­in­ven­tion de son fu­tur, en fai­sant l’ac­qui­si­tion de deux en­tre­prises aux tech­no­lo­gies pro­met­teuses – QNX et The As­to­ni­shing Tribe – et en fai­sant table rase du pas­sé pour re­dé­mar­rer d’une feuille blanche, tout comme Mi­cro­soft pour Win­dows Phone. Mal­heu­reu­se­ment, les évo­lu­tions du mar­ché sont al­lées plus ra­pi­de­ment que RIM ne l’avait an­ti­ci­pé, et, pa­ral­lè­le­ment, ré­in­ven­ter un uni­vers prend tou­jours plus de temps qu’on ne l’es­père. RIM voyait en son Play­Book une plate-forme in­ter­mé­diaire, mais l’échec de la ta­blette pour­tant très réus­sie et pré­cur­seur à plus d’un titre, mal­gré ses er­reurs de lan­ce­ment, a déjoué les plans.

Mon­tée en puis­sance

L’en­tre­prise a vu ses parts du mar­ché mo­bile fondre à grande vi­tesse aux États-Unis, s’ef­fri­ter en Eu­rope et n’a trou­vé de planche de sa­lut que sur les mar­chés émer­geants. Les fon­da­teurs se sont vus contraints de dé­mis­sion­ner dé­but 2012, sans avoir le temps de concré­ti­ser le re­nou­veau qu’ils avaient ini­tié. Pa­ra­chu­té aux com­mandes d’une en­tre­prise en plein désar­roi, Thors­ten Heins a com­men­cé par re­don­ner une di­rec­tion claire, fixer des ob­jec­tifs lim­pides, re­struc­tu­rer le ma­na­ge­ment et l’en­tre­prise en­tière, avant fi­na­le­ment d’ad­mette à la face du monde que le fu­tur de sa so­cié­té de­vrait at­tendre le dé­but de l’an­née 2013, le Black­Ber­ry 10 ne pou­vant être bou­clé avant. Pour­tant, ce dé­lai a peut-être été bé­né­fique à l’en­tre­prise. Elle lui a lais­sé le temps non seule­ment de fi­na­li­ser son sys­tème mais aus­si de re­pen­ser ses re­la­tions

avec le mar­ché, les opé­ra­teurs, les dé­ve­lop­peurs et même de se construire un éco­sys­tème : BB10. L’ac­tion RIM, en chute libre de­puis la mi-2011, avait at­teint un plus bas his­to­rique en sep­tembre 2012 – à 6 dol­lars contre 31 à la mi-2011 et 71 dol­lars en 2008. L’ac­tion re­trouve au­jourd’hui son ni­veau de jan­vier 2012 (15 dol­lars) avec une confiance re­nou­ve­lée des mar­chés. Les dé­ve­lop­peurs qui avaient mas­si­ve­ment aban­don­né le construc­teur ont ap­pris à dé­cou­vrir une nou­velle équipe et une nou­velle plate-forme, ap­pâ­tés par des as­su­rances de re­tour sur in­ves­tis­se­ment, des ter­mi­naux de dé­ve­lop­pe­ments spé­ci­fi­que­ment construits pour eux – les fa­meux pro­to­types DevAl­pha – mais aus­si un kit de dé­ve­lop­pe­ment bien plus ou­vert aux ou­tils, mo­teurs et fra­me­works contem­po­rains. Au­jourd’hui, BB10 est en­fin là. Fi­dèle à la vi­sion d’ori­gine et sur­tout à la hau­teur des pro­messes. Le nou­veau sys­tème est in­con­tes­ta­ble­ment mo­derne, tac­tile, ra­pide, ré­ac­tif, pen­sé pour les usages d’au­jourd’hui et de de­main, mais sur­tout por­teur de toutes les es­pé­rances. Même si on y re­trouve des écrans de pa­ra­mé­trage et un BBM ( Black­Ber­ry Mes­sen­ger) très ins­pi­rés de Black­Ber­ry OS 7.0, BB10 n’a rien en com­mun avec son illustre an­cêtre. L’er­go­no­mie est ra­di­ca­le­ment dif­fé­rente avec une ges­tuelle 100 % tac­tile et un « look and feel » des ap­pli­ca­tions bien plus vi­suel et mo­derne que ce que nous of­frait la gé­né­ra­tion d’Apps BB-OS 7. Les mo­dèles de dé­ve­lop­pe­ments sont aus­si très dif­fé­rents. Et la plate-forme sous-ja­cente n’est autre que QNX as­sor­tie d’une in­ter­face uti­li­sa­teur dé­nom­mée Cas­cades qui s’ins­pire par­tiel­le­ment des meilleures idées des uns et des autres ain­si que de cer­tains concepts du Play­Book tout en ap­por­tant ses propres ori­gi­na­li­tés.

Une nou­velle ges­tuelle

Con­trai­re­ment aux smart­phones de la concur­rence, les nou­veaux Black­Ber­ry n’ont pas de bou­tons dé­diés à la na­vi­ga­tion. Toute l’er­go­no­mie a été pen­sée pour que l’on n’ait pas à re­ve­nir en ar­rière et qu’une simple ges­tuelle tac­tile per­mette de tout réa­li­ser (ap­pel du me­nu, bas­cu­le­ment entre les Apps, etc.). Il en ré­sulte un dé­pay­se­ment to­tal, un tout pe­tit peu per­tur­bant au dé­but, le temps de perdre les an­ciens ré­flexes et d’ac­qué­rir les nou­veaux. Ce n’est qu’une ques­tion d’une ou deux heures à jouer avec l’ap­pa­reil. En réa­li­té, le Play­Book adop­tait dé­jà cette phi­lo­so­phie, convain­cante à l’usage. Les uti­li­sa­teurs de la ta­blette Black­Ber­ry se­ront donc, eux, en ter­rain conquis. Ce­pen­dant la ges­tuelle a été lé­gè­re­ment mo­di­fiée et en­ri­chie. Sur­nom­mée « Flow », elle per­met de na­vi­guer d’une App à l’autre sans réel­le­ment avoir la sen­sa­tion d’en chan­ger ni même d’avoir à aban­don­ner ce que l’on est en train de faire pour vé­ri­fier de nou­veaux mes­sages ou no­ti­fi­ca­tions qui viennent d’ar­ri­ver. Ain­si, quelle que soit l’App uti­li­sée sur l’ins­tant, l’uti­li­sa­teur peut je­ter un bref coup d’oeil par­tiel au Black­Ber­ry « Hub » et vé­ri­fier l’ur­gence des in­for­ma­tions re­çues.

Black­Ber­ry Hub

Ce Black­Ber­ry Hub est l’un des élé­ments les plus fon­da­men­taux de l’in­ter­face BB10. Tou­jours dis­po­nible et ac­ces­sible en tâche de fond, il cen­tra­lise et uni­fie à fois vos e-mails, vos mes­sages ins­tan­ta­nés, vos fils ré­seaux so­ciaux et les no­ti­fi­ca­tions – nou­veaux SMS, ap­pels, e-mails, etc. Ce Hub fait donc tout à la fois of­fice de centre de no­ti­fi­ca­tions, de boîte à lettres uni­ver­selle et d’agré­ga­teur de ré­seaux so­ciaux. Le plus sur­pre­nant, c’est que le ré- sul­tat est vi­suel­le­ment très clair et in­tel­li­gem­ment or­don­né. Alors qu’une telle in­té­gra­tion au­rait ra­pi­de­ment pu se mon­trer ca­co­pho­nique pour ne pas dire bor­dé­lique, il n’en est rien grâce à la clar­té de l’af­fi­chage et à la pré­sence de filtres bien pen­sés qui tombent sous le pouce. Ce Hub de­vien­dra ra­pi­de­ment l’ou­til cen­tral de votre vie nu­mé­rique. C’est sans au­cun doute l’une des grandes forces de cet OS et un élé­ment fon­da­men­tal de votre pro­duc­ti­vi­té quo­ti­dienne en si­tua­tion de mo­bi­li­té. L’er­reur se­rait d’ailleurs de ne le per­ce­voir que comme un ou­til pro­fes­sion­nel. C’est bien un concen­tra­teur de votre vie nu­mé­rique, qu’elle soit pro­fes­sion­nelle ou per­son­nelle.

L’écran d’ac­cueil

S’il y a fort à pa­rier que le Black­Ber­ry Hub se­ra l’écran le plus sou­vent ac­tif sur votre smart­phone, il n’en est nul­le­ment l’écran d’ac­cueil. Ce der­nier se com­pose d’un pre­mier écran af­fi­chant les Apps ac­tives puis des mul­tiples écrans d’icônes que l’on fait dé­fi­ler la­té­ra­le­ment de fa­çon très clas­sique pour ac­cé­der aux Apps à lan­cer. Si ces me­nus d’icônes évoquent for­te­ment l’er­go­no­mie des iP­hone et An­droid, le pre­mier écran dé­dié aux Apps ac­tives évoquent lui da­van­tage ce­lui de Win­dows Phone. Les Apps ou­vertes ap­pa­raissent sous forme de mi­nia­tures vi­vantes – un peu à la ma­nière des tuiles dy­na­miques de Win­dows Phone 8. Pour éco­no­mi­ser l’éner­gie, elles adoptent en ef­fet un af­fi­chage éco­nome qui se met à jour dès qu’une in­for­ma­tion nou­velle est re­çue. Cet écran d’ac­cueil per­met de main­te­nir en ac­ti­vi­té jus­qu’à huit Apps si­mul­ta­né­ment – si vous en ou­vrez une neu­vième, celle la moins uti­li­sée est au­to­ma­ti­que­ment fer­mée. Il per­met de bas­cu­ler ai­sé­ment d’une App à l’autre ou d’en fer­mer une de­ve­nue in­utile ma­nuel­le­ment. Ain­si, BB10 adopte un mul­ti­tâche in­tel­li­gent, éco­nome en éner­gie et bien adap­té aux usages smart­phones. Le choix de lais­ser huit Apps ac­tives au maxi­mum est co­hé­rent avec un usage mo­bile et les 2 Go de RAM em­bar­qués dans les ter­mi­naux.

La sai­sie pré­dic­tive

Le cla­vier phy­sique est sans conteste la marque de fa­brique du construc­teur et l’élé­ment le plus ca­rac­té­ris­tique de ses ter­mi­naux. Si RIM n’a pas l’in­ten­tion d’aban­don­ner to­ta­le­ment cette for­mule, prio­ri­té semble au­jourd’hui don­née aux ter­mi­naux in­té­gra­le­ment tac­tiles. Après quelques es­sais plus ou moins pro­bants avec ses der­niers ter­mi­naux Bold, Storm et Curve sous BB OS 7, l’en­tre­prise a lour­de­ment in­ves­ti sur de nou­velles tech­no­lo­gies afin d’of­frir une ex­pé­rience de sai­sie tac­tile aus­si ra­pide et confor­table qu’un vrai cla­vier. Il en ré­sulte l’une des in­no­va­tions les plus dis­tinc­tives de BB10 : son cla­vier tac­tile pré­dic­tif. En fonc­tion du contexte et des pre­mières lettres sai­sies, le mot pro­chain est « de­vi­né » et s’affiche di­rec­te­ment sur la pro­chaine touche sur la­quelle vous de­vriez ap­puyer. Si c’est bien le mot sug­gé­ré, il suf­fit de faire glis­ser votre doigt vers le haut pour com­plé­ter au­to­ma­ti­que­ment la sai­sie. Le prin­cipe n’est pas to­ta­le­ment nou­veau mais il est ici im­plé­men­té avec un soin du dé­tail éton­nant et des idées nou­velles. Ain­si, l’une des grandes ori­gi­na­li­tés de cette sai­sie pré­dic­tive est d’être mul­ti­lingue ! BB10 connaît les langues que vous uti­li­sez et adapte au­to­ma­ti­que­ment sa pré­dic­tion même si vous pas­sez d’une langue à l’autre en cours de phrase ! Autre élé­ment, l’un des ef­fets de bords in­at­ten­dus de cette sai­sie pré­dic­tive et de ce cla­vier in­tel­li­gent, est qu’ils se prêtent éton­ne­ment bien à une sai­sie avec une seule main – on tient l’ap­pa­reil dans la main et on uti­lise le pouce pour sai­sir. Signe d’une cer­taine forme d’in­tel­li­gence em­bar­quée, le cla­vier ap­prend au fil du temps à re­con­naître comment vous ta­pez sur les touches pour amé­lio­rer sa précision de dé­tec­tion et com­pen­ser les er­reurs de pa­ral­laxe. Il ap­prend aus­si votre vo­ca­bu­laire. Plus vous l’uti­li­sez, plus pré­cis et plus ef­fi­cace il de­vient. Mieux en­core, toute une sé­rie de gestes « se­crets » per­mettent à l’uti­li­sa­teur avan­cé d’ef­fa­cer sim­ple­ment une ligne en­tière ou de bas­cu­ler le cla­vier en mode « sym­boles » par exemple. Au final, la sai­sie tac­tile s’avère réel­le­ment très agréable et ra­pide. À nos yeux, elle est même su­pé­rieure à celle des ap­pa­reils sous Win­dows Phone – plu­tôt une ré­fé­rence en la ma­tière avec sa technologi­e Word Flow – et à cer­tains cla­viers al­ter­na­tifs très po­pu­laires de l’uni­vers An­droid, tels que Swype.

Le na­vi­ga­teur web

Le sup­port du HTML5 est une com­po­sante fon­da­men­tale de cette nou­velle plate-forme. Rap­pe­lons que les dé­ve­lop­peurs peuvent construire des Apps BB10 au­to­nomes en­tiè­re­ment écrites en Ja­vaS­cript et HTML5 et ti­rant par­ti des API, de l’er­go­no­mie et des fonc­tion­na­li­tés de la plate-forme. Le na­vi­ga­teur web se ré­vèle quant à lui ra­pide et au som­met en ma­tière de sup­port des stan­dards. S’il re­çoit un 100/100 au test ACID3, il affiche sur­tout un score éton­nant au « HTML5TEST » : 485 points sur 500 ! La der­nière

ver­sion de Chrome sur PC n’at­teint que 448 points ! Le na­vi­ga­teur sup­porte éga­le­ment WEB GL et offre un mode « Lec­teur » qui re­com­pose le conte­nu de la page pour en of­frir une lec­ture plus adap­tée aux di­men­sions de l’écran. En­fin et sur­tout, il continue de sup­por­ter Flash, alors qu’Adobe lui-même en a aban­don­né le sup­port sur mo­bile. Dès lors, vous avez vrai­ment ac­cès à tout le Web ac­tuel de votre mo­bile BB10.

Mul­ti­mé­dia

Les Black­Ber­ry ont tou­jours été plu­tôt sous-es­ti­més en ma­tière de mul­ti­mé­dia alors même que ces ter­mi­naux ont tou­jours plu­tôt fait preuve d’une belle com­pa­ti­bi­li­té mul­ti­for­mat et d’une ex­cel­lente qua­li­té acous­tique. C’est en­core vrai sous BB10. Si le ma­ga­sin ap­pli­ca­tif ( Black­Ber­ry World) s’ouvre en­fin à la vente de mu­siques, avec 14 mil­lions de titres dis­po­nibles au lan­ce­ment, et de vi­déos – a prio­ri dans un se­cond temps pour la France –, le lec­teur de mu­sique lit en stan­dard la plu­part des for­mats du mar­ché dont le MP3, le WMA, l’AAC et le FLAC. Seul l’OGG ne semble pas sup­por­té en stan­dard par le lec­teur alors même qu’il l’est par le na­vi­ga­teur web. Il en va de même pour le player vi­déo pré­sent en stan­dard qui sup­porte sans bron­cher DivX (AVI), MKV ou WMV. Tou­te­fois, il ne semble pas prendre en charge les sous-titres. Une li­mite que l’on contour­ne­ra ai­sé­ment via des Apps ex­ternes dé­jà dis­po­nibles sur le BB World. Le smart­phone peut faire of­fice de ser­veur DLNA : on peut donc or­don­ner la re­pro­duc­tion des pho­tos ou des vi­déos di­rec­te­ment sur un té­lé­vi­seur DLNA – ils le sont presque tous au­jourd’hui – de son smart­phone. En­fin, les pre­miers ter­mi­naux BB10 sont aus­si do­tés d’une sor­tie HDMI et n’éprouvent au­cune dif­fi­cul­té à res­ti­tuer les vi­déos en 1080p. La pré­sence en stan­dard du Blue­Tooth 4.0 et du NFC sim­pli­fie la connexion des smart­phones BB10 aux dif­fé­rentes en­ceintes am­pli­fiées, chaînes Hi-Fi et autres boî­tiers au­dio sans fils.

Pho­to

Cô­té pho­to et vi­déo, RIM a ré­ser­vé quelques sur­prises. La fonc­tion ap­pa­reil pho­to per­met de ré­gler le fo­cus comme on l’en­tend, en glis­sant la cible à l’en­droit dé­si­ré sur l’écran tac­tile, d’ac­ti­ver une sta­bi­li­sa­tion nu­mé­rique et sur­tout d’ac­ti­ver le mode « Time Shift ». Dans ce mode, très utile pour les por­traits et pho­tos de groupe, l’ap­pa­reil en­re­gistre au­to­ma­ti­que­ment plu­sieurs cli­chés suc­ces­sifs. Non seule­ment, il est alors pos­sible de sé­lec­tion­ner ce­lui le plus réus­si, mais il est sur­tout per­mis d’en créer un par­fait : si la pho­to com­porte plu­sieurs vi­sages, ces der­niers sont au­to­ma­ti­que­ment dé­tec­tés et l’uti­li­sa­teur peut choi­sir dans les dif­fé­rents cli­chés la meilleure pose de chaque in­di­vi­du. BB10 re­cons­ti­tue alors un cli­ché par­fait où tout le monde sou­rit sans fer­mer les yeux, un mo­ment qui n’a pour­tant jamais exis­té ! Et ce n’est pas tout ! Une fois le cli­ché réa­li­sé, les pho­tos peuvent im­mé­dia­te­ment être re­tou­chées et re­ca­drées. L’App Pho­to in­cor­pore, en ef­fet, des fonc­tions de sup­pres­sion des bruits, de ren­for­ce­ment de la net­te­té, d’ajus­te­ment de la lu­mière et du contraste ain­si que plé­thore de filtres « à la Ins­ta­gram » pour créer des ef­fets ré­tro, sé­pia, aqua­relle, an­nées 60, pel­li­cule vieillie, po­la­roid, etc. Évi­dem­ment, les cli­chés peuvent en­suite, d’un seul clic, être pu­bliés sur BBM, Fa­ce­book, Twit­ter, etc.

Vi­déo

La vi­déo, elle aus­si, ré­serve son lot de sur­prises ! La ca­mé­ra fron­tale cap­ture en 720p, celle ar­rière en 1080p. Le flash et la sta­bi­li­sa­tion nu­mé­rique sont ac­ti­vables en mode vi­déo. Via le lec­teur vi­déo, l’uti­li­sa­teur peut ai­sé­ment cor­ri­ger lu­mière et contraste mais aus­si dé­cou­per des sé­quences utiles. La vraie trou­vaille ré­side dans la pré­sence en stan­dard d’une fonc­tion dé­nom­mée Sto­ry Ma­ker, une sorte de banc de mon­tage hy­per sim­pli­fié qui évoque un ou­til comme Pho­to Sto­ry sur PC. Choi­sis­sez vos pho­tos et sé­quences vi­déo dans leur ordre d’as­sem­blage, sé­lec­tion­nez en­suite une mu­sique de fond puis l’un des thèmes de pré­sen­ta­tion pré­dé­fi­nis. Les élé­ments sont alors en­chaî­nés dy­na­mi­que­ment, les pho­tos étant ani­mées par des ef­fets de scrol­lings, de zooms et d’ap­pa­ri­tion. Le ré­sul­tat final est en­suite sau­ve­gar­dé sous forme de vi­déos MP4 que vous pou­vez di­rec­te­ment pu­blier sur YouTube, Fa­ce­book, ou en­voyer par e-mail. C’est aus­si simple qu’épa­tant ! Dans un même ordre d’idée, une App dé­nom­mée « Re­mem­ber », elle aus­si ins­tal­lée en stan­dard, per­met de cap­tu­rer et ar­chi­ver dans des al­bums n’im­porte quel mo­ment de votre vie sous forme de textes, de liens web, de pho­tos, d’en­re­gis­tre­ments au­dio ou de vi­déo.

L’in­tem­po­rel BBM

Que se­rait un Black­Ber­ry sans son BBM ? La mes­sa­ge­rie ins­tan­ta­née ve­dette des smart­phones RIM a su­bi un re­loo­king im­por­tant et se montre beau­coup plus vi­suelle. Et si elle est en­tiè­re­ment com­pa­tible avec tous vos contacts res­tés en BB OS 7, y com­pris pour dis­cu­ter en vo­cal via WiFi, elle in­tro­duit sur­tout une fonc­tion vi­sio­pho­nie qui per­met de pas­ser des ap­pels vi­déo aux autres uti­li­sa­teurs BBM do­tés de smart­phones BB10 ! Ce­rise sur le gâ­teau, si les ap­pels au­dio VoIP BBM ne pou­vaient être réa­li­sés qu’en WiFi sur BB-OS7, ils sont – comme la vi­sio­pho­nie – aus­si uti­li­sables en mode 3G/4G sous BB10.

Cartes et Gui­dage

En­core une sur­prise in­at­ten­due, BB10 in­tègre bien une App de car­to­gra­phie et de na­vi­ga­tion rou­tière. Les don­nées pro­viennent di­rec­te­ment de TomTom, ce qui per­met ain­si aux ter­mi­naux Black­Ber­ry de bé­né­fi­cier des in­fos tra­fic de ce cé­lèbre spé­cia­liste des GPS rou­tiers. L’App reste ce­pen­dant mi­ni­ma­liste avec très peu de pa­ra­mé­trages avan­cés. Ici, il n’y a pas moyen d’af­fi­cher des points d’in­té­rêt, de trou­ver la sta­tion d’es­sence la plus proche, etc. Ce­pen­dant, l’af­fi­chage bas­cule en 3D du­rant la na­vi­ga­tion et le gui­dage vo­cal est com­plet avec l’an­nonce des noms de rue par exemple. Les uti­li­sa­teurs qui re­cherchent une so­lu­tion plus so­phis­ti­quée pour­ront s’orien­ter vers l’App de na­vi­ga­tion de leur opé­ra­teur ou vers l’une des Apps pro­po­sées dans le Black­Ber­ry World.

Voice Re­cog­ni­tion As­sis­tant

Si­ri a po­pu­la­ri­sé les com­mandes vo­cales au­près du grand pu­blic. BB10 dis­pose lui aus­si d’un sys­tème vo­cal as­sez si­mi­laire à ce que l’on trouve dé­sor­mais aus­si bien sur Win­dows Phone 8 que sur les der­niers ter­mi­naux Google. Si l’on parle en ar­ti­cu­lant bien, le taux de re­con­nais­sance est sou­vent ex­cellent. Il s’ac­tive soit d’une pres­sion longue sur le bou­ton « Pause » si­tué entre les bou­tons de vo­lume, soit du cla­vier vir­tuel. Au­tre­ment dit, dès que le cla­vier s’ac­tive et quelle que soit l’App uti­li­sée – comme l’e-mail ou BBM –, on peut op­ter pour une dic­tée vo­cale du texte à sai­sir. L’App de contrôle vo­cal com­prend des ordres tels que « En­voyer un e-mail à Monsieur Ma­chin. Ob­jet : an­nu­ler le ren­dez-vous », « En­voyer un BBM à Sophie. Je vais avoir dix mi­nutes de re­tard », « Ajou­ter ren­dez-vous à 10h00, lun­di 3, avec l’équipe mar­ke­ting », etc.

Pre­mier bi­lan po­si­tif

Il y au­rait en­core bien d’autres choses à ra­con­ter sur ce nou­veau sys­tème, comme la pré­sence d’un contrôle pa­ren­tal avan­cé, l’in­té­gra­tion du ser­vice Black­Ber­ry Pro­tect pour sau­ve­gar­der dans le Cloud son ap­pa­reil mais aus­si le géo­lo­ca­li­ser, le blo­quer ou l’ef­fa­cer lors­qu’on l’égare ou que l’on se le fait vo­ler. Nous n’avons eu l’ap­pa­reil entre les mains que peu de temps. Mais la pre­mière opi­nion est fran­che­ment po­si­tive. RIM réus­sit là un for­mi­dable « come-back ». Le sys­tème souffre de quelques pe­tits dé­fauts de jeu- nesse mais affiche un ni­veau de fi­ni­tion sur­pre­nant pour ce qui n’est après tout qu’une ver­sion 1.0. Le soin ap­por­té au Hub et au cla­vier té­moigne d’un sou­ci du dé­tail et d’une re­cherche d’ef­fi­ca­ci­té en mo­bi­li­té qui rap­pelle à tous que RIM est tou­jours un vrai spé­cia­liste du smart­phone ! BB10 débarque dans un mar­ché très com­pé­ti­tif avec des ar­gu­ments so­lides et des fonc­tion­na­li­tés stan­dard ori­gi­nales qui sé­dui­ront en­tre­prises et par­ti­cu­liers. RIM joue ici son ave­nir en tant que construc­teur. Mais avec une ré­serve de cash de 2,2 mil­liards de dol­lars et le sup­port des opé­ra­teurs, le construc­teur a au­jourd’hui tous les moyens de re­ve­nir dans la course et re­con­qué­rir un pu­blic as­sez at­ta­ché à la marque…<

L’ap­pa­reil pho­to in­tègre un vé­ri­table ou­til de re­touche à la Ins­ta­gram.

Créez des dia­po­ra­mas ani­més et des vi­déos en quelques ins­tants avec Sto­ry Ma­ker.

La ges­tuelle « Peek » per­met de je­ter un oeil à son Hub sans quit­ter l’App en cours.

Le Black­Ber­ry 10 cen­tra­lise toutes les formes de com­mu­ni­ca­tion et de no­ti­fi­ca­tions en un seul lieu.

Le Hub af­fiche des filtres ai­sé­ment ac­ces­sibles pour se fo­ca­li­ser sur un seul type de conte­nu.

La re­con­nais­sance vo­cale est aus­si pré­sente en stan­dard, soit via l’ap­pli­ca­tion dé­diée, soit via l’e-mail ou le SMS pour dic­ter des mes­sages tout en condui­sant.

La bous­sole tout en 3D illustre bien le de­gré de fi­ni­tion et de dé­tails de BB10.

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