Que la puce soit avec toi

L'Informaticien - - SOCIÉTÉ - Sté­phane Lar­cher

Sur la base de l’in­ven­tion de Ro­land Mo­re­no, la so­cié­té Gem­plus a été créée en 1988 par six in­gé­nieurs is­sus de Thom­son, dont Marc Las­sus qui de­vien­dra le PDG de l’en­tre­prise. In­no­va­tron, la so­cié­té di­ri­gée par Ro­land Mo­re­no, in­ves­ti­ra dans la so­cié­té nou­vel­le­ment créée à hau­teur de 5 % pour un mon­tant d’en­vi­ron 3 mil­lions de francs. Comme l’in­dique Ro­land Mo­re­no dans son ou­vrage « Carte à puce : l’his­toire se­crète » , In­no­va­tron au­rait vou­lu in­ves­tir beau­coup plus dans Gem­plus mais en fût em­pê­ché par Schlum­ber­ger qui ache­tait éga­le­ment une li­cence à In­no­va­tron. « In­no­va­tron se­ra mal­heu­reu­se­ment em­pê­ché par Schlum­ber­ger de trop par­ti­ci­per au pro­jet Las­sus » , écrit M. Mo­re­no. « Par­tant pour in­ves­tir vingt ou trente mil­lions de francs, que nous avons, le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion par la voix du re­pré­sen­tant de Schlum­ber­ger nous prie de ne pas mon­ter au-des­sus de 3 MF, soit 5 % du ca­pi­tal de la fu­ture Gem­plus. » L’ob­jec­tif des in­gé­nieurs est de fon­der une en­tre­prise sus­cep­tible de de­ve­nir le lea­der dans les tech­no­lo­gies au­tour des cartes à puce, no­tam­ment leur sé­cu­ri­sa­tion par le chif­fre­ment. Le suc­cès est im­mé­diat et du­rant les dix an­nées sui­vantes, l’en­tre­prise va en­re­gis­trer une crois­sance an­nuelle proche de 35 % pour ar­ri­ver au

Is­sue de la fu­sion entre Gem­plus et Axal­to en 2006, Ge­mal­to est au­jourd’hui le lea­der mon­dial dans la four­ni­ture de so­lu­tions de sé­cu­ri­sa­tion des échanges élec­tro­niques. Elle pro­pose une large gamme de ma­té­riels et lo­gi­ciels, dont les fa­meuses cartes à puce. En 2012, la so­cié­té a réa­li­sé plus de 2 mil­liards d’eu­ros de chiffre d’af­faires. Au mois de dé­cembre der­nier,

l’en­tre­prise fai­sait son en­trée au CAC 40… en rem­pla­ce­ment d’Al­ca­tel-Lucent.

mil­liard d’eu­ros de chiffre d’af­faires et 6000 per­sonnes em­ployées. Tout va donc pour le mieux pour les fon­da­teurs tou­jours à la tête de l’en­tre­prise. Tou­te­fois, l’an­née 1998 marque un tour­nant : c’est la der­nière an­née où l’en­tre­prise bé­né­fi­cie d’une exemp­tion fis­cale, no­tam­ment via le cré­dit d’im­pôt-re­cherche dont elle pro­fite de­puis sa créa­tion. Au to­tal, ce sont plus de 100 mil­lions d’eu­ros qui lui ont été ris­tour­nés. C’est éga­le­ment du­rant cette an­née-là que Marc Las­sus dé­cide de dé­mé­na­ger à Londres, ce­ci l’obli­geant à quit­ter son poste de PDG en ver­tu de la loi fran­çaise de l’époque et le cé­der à Da­niel Le Gall, un des autres fon­da­teurs de l’en­tre­prise.

La fo­lie des gran­deurs

De la ca­pi­tale bri­tan­nique, Marc Las­sus a des rêves de gran­deur. Il sou­haite dé­ve­lop­per un gi­gan­tesque pôle tech­no­lo­gique dans le sud de la France, en créant tout un éco­sys­tème au­tour de Gem­plus et en­vi­sage ni plus ni moins de s’em­pa­rer du construc­teur Bull au tra­vers d’une OPA. Pour réa­li­ser ces pro­jets, il faut de l’ar­gent, beau­coup d’ar­gent. Aus­si, et contre l’avis du Conseil d’Ad­mi­nis­tra­tion, notre sé­millant pa­tron dé­cide de pré­pa­rer l’in­tro­duc­tion en Bourse de l’en­tre­prise. Presque si­mul­ta­né­ment, Marc Las­sus ren­contre Da­vid Bon­der­man, fon­da­teur du fonds d’in­ves­tis­se­ment amé­ri­cain Texas Pa­ci­fic Group ( TPG) no­tam­ment connu pour avoir ra­che­té Conti­nen­tal Air­lines en 1993 pour 66 mil­lions de dol­lars et l’avoir re­ven­du dix fois plus cher cinq an­nées après. Les deux hommes s’en­tendent im­mé­dia­te­ment, no­tam­ment parce que M. Bon­der­man est d’une créa­ti­vi­té sans égale pour tout ce qui concerne les op­ti­mi­sa­tions fis­cales. Il pro­pose donc de trans­fé­rer le siège de Gem­plus au Luxem­bourg, à la fois pour des ques­tions de fis­ca­li­té de l’en­tre­prise mais aus­si à cause de règles net­te­ment plus souples en ce qui concerne la rémunérati­on des di­ri­geants. Au pas­sage TPG in­ves­tit 550 mil­lions de dol­lars dans l’en­tre­prise en échange de 26 % du ca­pi­tal, du droit de nom­mer le PDG et la ma­jo­ri­té des membres du Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion. Tout ce­ci est dé­ci­dé par les deux in­ter­lo­cu­teurs pré­ci­tés ain­si que par Alex Quandt, en­tré au ca­pi­tal de l’en­tre­prise à hau­teur de 27 % en 1996 lors du ra­chat de Da­ta­card.

Des trans­ferts dou­teux

Gem­plus Luxem­bourg, une so­cié­té au ca­pi­tal de 18 mil­lions d’eu­ros, est donc créée le 6 dé­cembre 1999 par Marc Las­sus et son fils Gilles. L’ar­gent com­mence à être ver­sé par TPG au mois de fé­vrier 2000 au tra­vers d’une

so­cié­té, Zen­zus Hol­dings Ltd, ba­sée à Gi­bral­tar. De fé­vrier à sep­tembre 2000, les 550 mil­lions pré­vus ar­ri­ve­ront dans la struc­ture. Il reste alors à fu­sion­ner la mai­son mère de droit fran­çais avec la nou­velle struc­ture afin de fi­na­li­ser l’ob­jec­tif ini­tial : à sa­voir ne plus im­po­ser en France les ac­ti­vi­tés de Gem­plus In­ter­na­tio­nal. Un an après la créa­tion de l’en­ti­té luxem­bour­geoise, cel­le­ci réa­lise une double in­tro­duc­tion en Bourse, à Pa­ris et aux États-Unis (Nasdaq) : 90 mil­lions d’eu­ros sont le­vés pour l’en­tre­prise et cer­tains ac­tion­naires his­to­riques se par­tagent plus de 330 mil­lions d’eu­ros. Par­mi eux, la fa­mille Quandt em­poche près de la moi­tié de la somme : 148 mil­lions d’eu­ros pour la re­vente d’une par­tie de leurs ac­tions. L’an­née 2000 se ter­mine donc sous les vi­vats de la foule. Gem­plus réa­lise plus de 1,2 mil­liard d’eu­ros de chiffre d’af­faires, em­ploie plus de 7 500 per­sonnes dans 18 pays et c’est le lea­der in­con­tes­té du mar­ché de la carte à puce. Tout va-t-il donc pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Pas vrai­ment, comme on va le dé­cou­vrir. En ef­fet, lors de son en­trée au ca­pi­tal et son droit de nom­mer le PDG, le fonds d’in­ves­tis­se­ment a je­té son dé­vo­lu sur An­to­nio Pe­rez, an­cien nu­mé­ro deux de HP, qui ar­rive dans l’en­tre­prise en­tou­ré de quatre col­la­bo­ra­teurs au­réo­lé de ses suc­cès chez HP. L’ar­ro­gance de cet Amé­ri­cain est sans bornes et il se jure de mon­trer « à ces pe­tits fran­çais qu’on va voir ce qu’on va voir. » Mais le plus in­té­res­sant est ce que l’on n’est pas sup­po­sé voir. Pierre-Jean Del­mas, nu­mé­ro 2 de la di­rec­tion ju­ri­dique, est aler­té par des connais­sances à Ber­cy qui lui si­gnalent des mou­ve­ments de fonds sus­pects en di­rec­tion de Zen­zus à Gi­bral­tar. En par­cou­rant le ré­seau in­for­ma­tique de l’en­tre­prise, il dé­couvre une mul­ti­tude de comptes se­crets dont l’un ap­par­te­nant à An­to­nio Pe­rez qui s’est vu cré­di­té de 12 mil­lions de dol­lars. Quelques se­maines plus tard, le di­rec­teur d’une so­cié­té suisse de té­lé­pho­nie, Lan­dis & Gyr Com­mu­ni­ca­tion, de­mande à ren­con­trer M. Del­mas. Du­rant l’en­tre­tien, il lui ex­plique que sa so­cié­té, ra­che­tée en par­tie par TPG, est au­jourd’hui en faillite, la­dite ban­que­route ayant été sciem­ment or­ga­ni­sée par TPG au tra­vers d’un mon­tage qui res­semble trait pour trait à l’opération me­née avec Gem­plus : trans­fert du siège au Luxem­bourg, uti­li­sa­tion des mêmes avo­cats, du même ca­bi­net de conseil en stra­té­gie. M. Del­mas craint que le fonds TPG ne sou­haite or­ga­ni­ser le dé­mé­na­ge­ment de Gem­plus aux États-Unis. Pierre-Jean Del­mas contacte Marc Las­sus et l’in­forme de ses dé­cou­vertes. La ré­sis­tance va s’or­ga­ni­ser : elle triom­phe­ra !, mais à quel prix…

Dé­penses somp­tuaires

An­to­nio Pe­rez est mis à l’in­dex pour sa ges­tion dé­sas­treuse de l’en­tre­prise, mais éga­le­ment pour des dé­penses somp­tuaires par­mi les­quelles un billet d’avion entre Londres et San Die­go en pre­mière classe pour lui et toute sa fa­mille, nou­nou et chien in­clus. À un mo­ment où le bu­si­ness se tend, de telles fo­lies sus­citent plus que des re­proches. Par ailleurs, M. Del­mas a dé­cou­vert que Zen­zus a consen­ti des prêts à Marc Las­sus et An­to­nio Pe­rez pour un mon­tant de 70 mil­lions d’eu­ros, ce­ci pour ache­ter des ac­tions. Il leur est de­man­dé de res­ti­tuer cet ar­gent. Marc Las­sus, qui lou­voie de­puis quelques se­maines, est dans une po­si­tion in­sou­te­nable et il doit choi­sir son camp. C’est en tout cas ce que lui de­mande Da­vid Bon­der­man. Après un été de ter­gi­ver­sa­tions, Yann La­zen­nec, co-fon­da­teur de Gem­plus et jeune re­trai­té, dé­cide de pas­ser à l’ac­tion. Avec d’autres fon­da­teurs et cadres di­ri­geants, il crée l’as­so­cia­tion Ge­mact afin de se dé­bar­ras­ser de M. Pe­rez et mo­di­fier le rap­port de forces au sein du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion. Nous sommes en 2001 et l’ex­plo­sion de la bulle in­ter­net sui­vie des at­ten­tats du 11-Sep­tembre vont mettre Gem­plus en grande dif­fi­cul­té. Le 20 dé­cembre 2001, Ge­mact ob­tient le li­cen­cie­ment d’An­to­nio Pe­rez. Cer­tains es­timent que son pas­sage au­ra coû­té plus de 50 mil­lions d’eu­ros à l’en­tre­prise en une an­née. Tou­te­fois, il est rem­pla­cé par un autre homme de TPG, Ro­nald Ma­ckin­tosh. Marc Las­sus est quant à lui dé­bar­qué de son poste de pré­sident du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion. Il est rem­pla­cé par un Al­le­mand proche de la fa­mille Quandt. L’an­née 2001 se ter­mine donc avec une perte de plus de 100 mil­lions d’eu­ros et la sup­pres­sion de 1 100 em­plois sur un to­tal de 7 000.

Un conseil di­vi­sé en trois groupes

En 2002, Ge­mact continue son tra­vail pour ren­ver­ser le rap­port de forces et y par­vient le 17 avril avec un nou­veau par­tage du pou­voir. Sur les treize ad­mi­nis­tra­teurs, les Amé­ri­cains de TPG en conservent cinq. Le nou­veau PDG, Do­mi­nique Vi­gnon, an­cien de Fra­ma­tome, re­donne es­poir aux cadres, d’au­tant qu’il ob­tient im­mé­dia­te­ment que soit pro­vi­sion­né le prêt consen­ti à Marc Las­sus pour 67 mil­lions d’eu­ros. Mais le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion est scin­dé en trois groupes qui n’ar­rivent pas à s’en­tendre : les Amé­ri­cains de TPG, Marc Las­sus et ses al­liés et un bloc com­po­sé de la fa­mille Quandt et de l’as­so­cia­tion Ge­mact. Fi­na­le­ment, c’est Alex Mandl, un can­di­dat soi-di­sant in­dé­pen­dant mais pré­sen­té par TPG qui pren­dra la di­rec­tion de l’en­tre­prise. On ap­pren­dra par la suite que cet homme est l’an­cien di­ri­geant du fonds d’in­ves­tis­se­ment… de la CIA. Pour­tant, les deux ad­mi­nis­tra­teurs de la fa­mille Quandt vo­te­ront pour lui, ce qui lui per­met­tra d’ob­te­nir la ma­jo­ri­té re­quise. Néan­moins, l’en­tre­prise est dé­sor­mais dans un état déplorable. À cô­té des tri­bu­la­tions de Gem­plus, l’his­toire d’Axal­to est beau­coup plus ré­cente et res­semble à un long fleuve tran­quille. La so­cié­té est née en 2003 à par­tir de la di­vi­sion Smart Cards de Schlum­ber­ger. En ef­fet, jus­qu’à cette date, Axal­to n’avait pas d’exis­tence in­dé­pen­dante. Elle est donc de­ve­nue une fi­liale de droit nééer­lan­dais du­rant cette an­née en re­ven­di­quant la place de pre­mier fa­bri­cant mon­dial de cartes à mi­cro­pro­ces­seur, de­van­çant alors son concur­rent Gem­plus. Un an après cette

fi­lia­li­sa­tion, Axal­to a lan­cé son pro­ces­sus d’in­tro­duc­tion en Bourse. Chose rare pour ce type d’en­tre­prise, il a été dé­cide de mettre sur le mar­ché en­vi­ron 70 % du ca­pi­tal et des droits de vote d’Axal­to. La pre­mière co­ta­tion de l’en­tre­prise est in­ter­ve­nue le 18 mai 2004 pour une va­lo­ri­sa­tion de l’ordre de 700 mil­lions d’eu­ros. À cette date, l’en­tre­prise em­ploie 4 500 em­ployés dans 35 pays, dis­pose de 11 sites de pro­duc­tion dans le monde, et réa­lise un chiffre d’af­faires de 768 mil­lions de dol­lars (en 2003) pour 25 mil­lions de dol­lars de ré­sul­tat net.

Axal­to + Gem­plus = Ge­mal­to

En­vi­ron 18 mois après l’in­tro­duc­tion en Bourse d’Axal­to, une fu­sion avec Gem­plus est dé­ci­dée et la nou­velle en­ti­té – Ge­mal­to – est an­non­cée au mois de dé­cembre 2005 pour naître réel­le­ment le 2 juin 2006. En­semble, les deux en­tre­prises pèsent à leur ar­ri­vée 55 % du mar­ché mon­dial des cartes SIM avec 600 mil­lions d’uni­tés li­vrées en 2005. Elle s’im­pose éga­le­ment comme un poids lourd dans le mar­ché des ser­vices fi­nan­ciers. Au mo­ment de l’an­nonce, Alex Mandl, pa­tron de Gem­plus et Oli­vier Piou, son ho­mo­logue chez Axal­to, an­noncent une fu­sion entre égaux. Pour­tant la réa­li­té des chiffres montre que le ma­riage s’est opé­ré à très bon compte pour Axal­to, même si les ac­tion­naires de Gem­plus dé­tiennent plus de 55 % du nou­vel en­semble une fois la fu­sion ache­vée. À de­mi-mot, les deux di­ri­geants confirment que cette fu­sion re­pré­sente éga­le­ment une op­por­tu­ni­té de sor­tir par le haut pour le fonds d’in­ves­tis­se­ment TPG si contro­ver­sé. De son cô­té, Alex Mandl, nom­mé Exe­cu­tive Chair­man au mo­ment de la fu­sion, ne de­vait res­ter que 18 mois à son poste avant de quit­ter tout man­dat exé­cu­tif. Pour­tant, à la fin 2011 il oc­cupe en­core le poste de Chair­man of the board. Oli­vier Piou, nom­mé Chief Exe­cu­tive Of­fi­cer lors de la fu­sion, oc­cupe en­core ce poste plus de six ans après. Au mo­ment de la fu­sion, Oli­vier Piou avait in­di­qué que peu de sup­pres­sions d’em­plois étaient en­vi­sa­gées compte te­nu de la dy­na­mique du mar­ché mais que les gains de pro­duc­ti­vi­té et de pro­duc­tion liés à la fu­sion per­met­traient d’éco­no­mi­ser près de 100 mil­lions d’eu­ros chaque an­née. En ef­fet, compte te­nu de l’im­por­tance du mar­ché de la carte, de sa crois­sance et des pos­si­bi­li­tés d’éco­no­mie d’échelle, chaque cen­time d’eu­ro ga­gné sur la fa­bri­ca­tion d’une carte re­pré­sente une éco­no­mie an­nuelle de 10 mil­lions d’eu­ros pour le groupe.

Ge­mal­to au­jourd’hui

Consé­cu­ti­ve­ment à la fu­sion, l’en­tre­prise va connaître une crois­sance ré­gu­lière pour ar­ri­ver à plus de 2 mil­liards de chiffre d’af­faires an­nuel sur l’exer­cice 2011 et un ré­sul­tat net de plus de 180 mil­lions d’eu­ros. Une nou­velle consé­cra­tion in­ter­vien­dra pour l’en­tre­prise au mois de dé­cembre 2012 avec l’ar­ri­vée de la va­leur Ge­mal­to au sein du CAC 40 en rem­pla­ce­ment d’Al­ca­telLucent : plus qu’un sym­bole. L’en­tre­prise a tou­jours son siège so­cial aux Pays-Bas et dis­pose d’un quar­tier gé­né­ral amé­ri­cain à Aus­tin, au Texas. Au to­tal, l’en­tre­prise em­ploie plus de 10 000 em­ployés au tra­vers de 74 bu­reaux com­mer­ciaux et mar­ke­ting, 15 sites de pro­duc­tion, 28 centres de per­son­na­li­sa­tion et 14 centres de R & D ré­par­tis dans 43 pays. Par­mi les 10 000 sa­la­riés, 1 600 cher­cheurs et in­gé­nieurs tra­vaillent sur les nou­veaux pro­jets du groupe pour les­quels plus de 4 000 bre­vets ont été dé­po­sés. Les 11 centres de R & D sont as­sez spé­cia­li­sés à l’ex­cep­tion des trois centres fran­çais, à Meu­don, Gé­mé­nos et La Cio­tat, qui tra­vaillent sur dif­fé­rentes ap­pli­ca­tions. Le dé­ve­lop­pe­ment des ap­pli­ca­tions ban­caires et le paie­ment sont si­tuées à Montréal, les ap­pli­ca­tions ad­mi­nis­tra­tives sont conçues à Aus­tin, les ap­pli­ca­tions de té­lé­com­mu­ni­ca­tions à Sin­ga­pour – où est éga­le­ment si­tuée la di­rec­tion de l’in­no­va­tion sous la con­duite deTan Teck Lee –, les sys­tèmes de com­mu­ni­ca­tion Ma­chine-To-Ma­chine à Berlin et les dé­ve­lop­pe­ments spé­ci­fiques aux mar­chés lo­caux à Pé­kin. Si le mar­ché de la carte à puce est de­meu­ré très im­por­tant jus­qu’à ces der­nières an­nées no­tam­ment avec le dé­ve­lop­pe­ment de la té­lé­pho­nie mo­bile, l’en­tre­prise s’at­tache à di­ver­si­fier ses offres et ses ser­vices. Les lo­gi­ciels, pro­duits et ser­vices de Ge­mal­to sont uti­li­sés pour de nom­breuses ap­pli­ca­tions (ser­vices mo­biles per­son­nels, paie­ment sé­cu­ri­sé, au­then­ti­fi­ca­tion des ac­cès au Cloud, pro­tec­tion de l’iden­ti­té et de la vie pri­vée, ser­vices d’e-san­té et d’e-gou­ver­ne­ment, billet­tique des transports ur­bains et ap­pli­ca­tions M2M). L’en­tre­prise compte 450 opé­ra­teurs de ré­seaux mo­biles par­mi ses clients qui ont équi­pé eux-mêmes plus de 700 mil­lions de clients, plus de 3 000 ins­ti­tu­tions fi­nan­cières et par­ti­cipe à plus de 60 pro­grammes gou­ver­ne­men­taux en ma­tière d’équi­pe­ments. Les autres sec­teurs d’ac­ti­vi­té sont le contrôle d’ac­cès et d’iden­ti­té, les ap­pli­ca­tions « Ma­chine-to-ma­chine » et le trans­port. Dans le do­maine de la banque, Ge­mal­to a li­vré plus de 230 mil­lions de so­lu­tions pour les cartes ban­caires soit 15 % du mar­ché. Les prin­ci­paux éta­blis­se­ments ban­caires sont ses clients par­mi les­quels, le Cré­dit Agri­cole, la So­cié­té Gé­né­rale, American Ex­press, HSBC UK, ING Belgique, La Caixa es­pa­gnole,… L’en­tre­prise a éga­le­ment four­ni des cartes sans contact

(300 000) à la banque turque Ga­ran­ti Bank en 2008. D’autres so­lu­tions de sé­cu­ri­sa­tion des tran­sac­tions élec­tro­niques ont été four­nies à par­tir de 2008 au tra­vers de l’offre Ezio consé­cu­ti­ve­ment au ra­chat de To­dos. Ces tech­no­lo­gies Ezio ont été adop­tées par les banques ABN Amro, Bar­clays et Nor­dea.

So­lu­tions gou­ver­ne­men­tales

Dans le do­maine gou­ver­ne­men­tal, les pre­mières réa­li­sa­tions re­montent à 2007. Ge­mal­to four­nit des so­lu­tions de pas­se­ports élec­tro­niques aux États-Unis, à Sin­ga­pour, en ré­pu­blique Tchèque, au Da­ne­mark, en Es­to­nie, en France, en Inde, en Ita­lie, en Let­to­nie, Nor­vège, Qa­tar, Po­logne, Por­tu­gal, Slo­vé­nie, Suède et Tur­quie. Au to­tal l’en­tre­prise par­ti­cipe à plus de 60 pro­grammes dif­fé­rents dans ce do­maine, soit à titre ex­pé­ri­men­tal soit en pro­duc­tion ef­fec­tive. Les pro­grammes gou­ver­ne­men­taux concernent éga­le­ment des per­mis de conduire élec­tro­niques (Mexique), des sys­tèmes de vé­ri­fi­ca­tion pour les ma­chines à vo­ter (Bé­nin), des pro­grammes liés à la san­té élec­tro­nique (Bul­ga­rie). Ge­mal­to pro­pose des so­lu­tions de sé­cu­ri­té nu­mé­rique in­té­grées, de­puis le dé­ve­lop­pe­ment des lo­gi­ciels em­bar­qués jus­qu’à la créa­tion et la fa­bri­ca­tion d’ou­tils de sé­cu­ri­té nu­mé­rique. Ces dis­po­si­tifs sont no­tam­ment des cartes SIM, des cartes ban­caires, des pas­se­ports ou des cartes d’iden­ti­té élec­tro­niques. Ses pla­tes­formes lo­gi­cielles et ser­vices gèrent ces pro­duits sé­cu­ri­sés, les don­nées confi­den­tielles qu’ils contiennen­t ain­si que les ser­vices sé­cu­ri­sés qu’ils rendent pos­sibles pour les uti­li­sa­teurs fi­naux.

« Or­di­na­teur, al­lume-toi ! »

Consciente de l’évo­lu­tion du mar­ché, no­tam­ment la dé­ma­té­ria­li­sa­tion tou­jours plus importante des échanges, Ge­mal­to a pré­sen­té à la fin 2010 la so­lu­tion eGo qui a été ré­com­pen­sée par le tro­phée IT Se­cu­ri­ty lors du sa­lon Cartes & Iden­ti­fi­ca­tion. Alain Rhe­li­mi, ex­pert scien­ti­fique au sein de Ge­mal­to, dé­crit ain­si la so­lu­tion : « eGo per­met de se connec­ter à un ob­jet sans ta­per de mot de passe ou pla­cer le doigt sur un lec­teur d’em­preintes di­gi­tale. Com­po­sée d’un cap­teur mon­té sur une puce que l’on peut in­té­grer dans n’im­porte quel ob­jet por­té par l’uti­li­sa­teur – une montre, un tis­su, une cein­ture, un bi­jou – cette so­lu­tion or­donne, par exemple, l’ou­ver­ture d’une porte ou donne ac­cès à un or­di­na­teur en tou­chant la sou­ris uni­que­ment. Le corps hu­main guide les ondes élec­tro­ma­gné­tiques à la sur­face de la peau entre la puce eGo por­tée et l’ob­jet eGo tou­ché. L’as­tuce ? Toute per­sonne pro­duit de l’élec­tri­ci­té sta­tique en pas­sant la main sur un ob­jet. Aus­si in­fime soit sa puis­sance, cette élec­tri­ci­té suf­fit à ali­men­ter en éner­gie le cap­teur por­té par l’uti­li­sa­teur et en­clen­cher une com­mu­ni­ca­tion ra­dio­élec­trique avec le deuxième com­po­sant. Ce­lui-ci vé­ri­fie les don­nées sur un ser­veur, via le sys­tème d’in­for­ma­tion, avant de com­man­der une tâche « Ser­rure, ouvre-toi » ou « Or­di­na­teur, al­lume-toi » , est-il pré­ci­sé dans In­no­va­tion & In­dus­trie du mois de mars 2011.<

Oli­vier Piou, ac­tuel CEO, et Alex Mandl, lors de l’an­nonce de la fu­sion.

David Bon­der­man, fon­da­teur de TPG, qui a convain­cu Marc Las­sus de dé­mé­na­ger Gem­plus au Luxem­bourg.

Antonio Perez, an­cien n° 2 de HP, dont la ges­tion de Gem­plus a été for­te­ment cri­ti­quée. Il re­bon­di­ra chez Ko­dak…

Alex Mandl, an­cien di­ri­geant du fonds d’in­ves­tis­se­ment de la CIA, au­ra en charge de me­ner la fu­sion avec Axal­to. Il est au­jourd’hui en­core Chair­man of the Board de Gemalto.

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