Pâ­tis­sier 2.0

L'Informaticien - - IT & ENTREPRISE­S - Yves Grand­mon­tagne

Après des études com­mer­ciales et ma­na­gé­riales dans l’hô­tel­le­rie, la res­tau­ra­tion et le tou­risme, Oli­vier La­coste in­tègre la mai­son Pierre-Her­mé Pa­ris au poste de di­rec­teur ad­joint des bou­tiques, puis de res­pon­sable de l’ou­ver­ture des bou­tiques. Char­gé de réa­li­ser un au­dit à 180° sur l’opé­ra­tion­nel du groupe, il constate que le sys­tème d’in­for­ma­tion est ar­chaïque, chaque bou­tique af­fi­chant des équi­pe­ments et des pres­ta­taires d’in­fo­gé­rance dif­fé­rents. « Pour ac­com­pa­gner notre dy­na­mique de crois­sance, il nous faut cen­tra­li­ser et pas­ser sur des tech­no­lo­gies nu­mé­riques. » Il se voit alors confier par Pierre Her­mé la mis­sion de mo­der­ni­ser l’in­for­ma­tique du groupe. Son pre­mier tra­vail a été de mettre en place un call cen­ter, afin de cen­tra­li­ser la prise de com­mande pour la pé­riode de Noël. Puis de re­ma­nier le ré­seau en adop­tant une so­lu­tion cen­trex, avec la VoIP et les liens SDSL. Oli­vier La­coste s’est en­suite at­ta­qué au re­ma­nie­ment du parc in­for­ma­tique, com­po­sé de nom­breuses marques et lo­gi­ciels, pas tou­jours à jour et sou­vent in­com­plets. Il équipe la di­rec­tion avec des Mac Book Air d’Apple, les gra­phistes avec des Mac, les no­mades avec des or­di­na­teurs por­tables, les bou­tiques avec des postes fixes, et une flotte de mo­biles. Pour au­tant, « En ma­tière de sé­cu­ri­té, la sau­ve­garde et l’ar­chi­vage res­taient chao­tiques, sur du ma­té­riel lo­cal. Nous avions be­soin de gran­dir, de chat, de vi­sio­con­fé­rence, de par­ta­ger les do­cu­ments. »

Pierre-Her­mé Pa­ris adopte les Google Apps

Le groupe avait iden­ti­fié des sy­ner­gies avec Google en termes de com­mu­ni­ca­tion, de par­tage des va­leurs de créa­ti­vi­té, d’in­no­va­tion et d’es­prit pas­sion­né. Le rap­pro­che­ment avec ce der­nier sem­blait donc lo­gique. C’est ain­si que la mes­sa­ge­rie, la bu­reau­tique et la col­la­bo­ra­tion en ligne Google Apps ont dé­bar­qué chez Pier­reHer­mé Pa­ris… Pour­quoi choi­sir Google Apps ?

La Mai­son Pierre-Her­mé Pa­ris par­tage avec Google des va­leurs de créa­ti­vi­té, d’in­no­va­tion et de pas­sion... et adopte une nou­velle lo­gique de consom­ma­tion de l’in­for­ma­tique.

Le mo­dèle et les so­lu­tions pro­po­sées ont sé­duit le pâ­tis­sier et ses équipes, et les ont pous­sés vers le Cloud. « Dans notre dy­na­mique de crois­sance, Google est une base so­lide, dé­ployée sous plu­sieurs langues et d’ac­cès fa­cile. Avec lui, nous tra­vaillons sur tous les mé­tiers, de la photothèqu­e à la pro­duc­tion d’une base de re­cettes par­ta­gée et sé­cu­ri­sée, en pas­sant par la com­mu­ni­ca­tion, la vi­déo, la bou­tique, les com­mandes, la pro­duc­tion, les li­vrai­sons, etc. L’im­plan­ta­tion des in­fra­struc­tures de Google pousse éga­le­ment aux pra­tiques du cloud. Mais notre pro­blé­ma­tique n’est pas seule­ment géo­gra­phique, avec le dé­ca­lage ho­raire et la syn­chro­ni­sa­tion du temps et de l’es­pace, elle est aus­si lin­guis­tique, et elle est mé­tho­do­lo­gique. »

Crois­sance et créa­ti­vi­té...

Le choix de Google est donc éga­le­ment une ré­ponse à la crois­sance du groupe, pas­sé en quelques an­nées de 70 à 450 em­ployés, par­lant fran­çais, ja­po­nais, an­glais… Même avec ses im­per­fec­tions, la tra­duc­tion si­mul­ta­née of­ferte par Google Apps est un avan­tage. Oli­vier La­coste évoque éga­le­ment « le sens ai­gu de la créa­ti­vi­té de Pierre Her­mé » , qui se tra­duit par de nom­breuses créa­tions ac­com­pa­gnées de dé­gus­ta­tions. Dif­fi­cile ce­pen­dant de main­te­nir cette étape avec au­tant de per­son­nel… Les dé­gus­ta­tions sont donc fil­mées, mon­tées, et uploa­dées sur Google Drive afin de dis­po­ser de for­ma­tions vir­tuelles. Oli­vier La­coste sou­ligne éga­le­ment la fa­ci­li­té des Google Apps à in­té­grer un pa­nel de gens éclec­tiques et va­riés dans la pâ­tis­se­rie, la pro­duc­tion, la lo­gis­tique, le mar­ke­ting… « Nous avions un peu d’ap­pré­hen­sion. C’est un com­por­te­ment hu­main na­tu­rel et lé­gi­time. Et puis il y avait l’ou­til de tra­duc­tion. Mais la com­pré­hen­sion et l’uti­li­sa­tion de l’ou­til sont sim­pli­fiées. Même sans for­ma­tion. Avec la ri­chesse de la com­mu­nau­té Google, il suf­fit de se ser­vir

d’In­ter­net pour sa­voir comment ça marche. Le ré­sul­tat n’est pas par­fait mais avec une bonne pré­pa­ra­tion en amont et des for­ma­tions dis­pat­chées se­lon les po­pu­la­tions d’em­ployés et à par­tir d’une trame com­mune, nous avons pré­pa­ré les équipes et as­su­ré une mi­gra­tion avec un mi­ni­mum de sur­prises. » À la ques­tion de la sé­cu­ri­té des ser­vices dans le Cloud, Oli­vier La­coste ré­pond avec prag­ma­tisme : « Ne soyons pas trop naïfs ! Sto­cker les don­nées chez soi, c’est bien, mais quand il y a un pro­blème sur un ser­veur, il n’y a pas de plan B ! Avec le Cloud ex­ter­na­li­sé sur Google, nous

« Nous sommes des pâ­tis­siers. Notre mé­tier n’est pas de jon­gler avec les nou­velles tech­no­lo­gies : c’est de créer des pâ­tis­se­ries pour ap­por­ter du plai­sir aux gens »

sommes sûrs que les don­nées sont dans des salles blanches, sur du ma­té­riel adé­quat et gé­rées par des pro­fes­sion­nels. » Et sur cer­tains do­maines stra­té­giques, il dis­pose de passerelle­s pour sau­ve­gar­der en mi­roir sur un ser­veur lo­cal. Prag­ma­tisme éga­le­ment lorsque nous évo­quons la ques­tion de la contrac­tua­li­sa­tion : « Dans un ma­riage, il y a une lo­gique de confiance mu­tuelle. Ce n’est pas de la naï­ve­té, Google a ac­cès aux don­nées dont nous sommes pro­prié­taires. Mais s’il n’y a pas de confiance, ce­la ne sert à rien. Le pre­mier cri­tère c’est de sé­cu­ri­ser les don­nées. »

Une nou­velle lo­gique éco­no­mique

Notre der­nière ques­tion porte sur le coût de la so­lu­tion ? Google n’au­ra rien lâ­ché sur le prix, constate tout d’abord Oli­vier La­coste. À 40 eu­ros par uti­li­sa­teur et par an, « la boîte mail est un peu chère » . En re­vanche, avec les lo­gi­ciels in­cor­po­rés et l’ab­sence de ser­veur à dé­ployer, « tout le monde s’y re­trouve » . En fait, l’adop­tion du Cloud a en­traî­né des ré­flexions au­tour de la lo­gique éco­no­mique as­so­ciée à l’in­for­ma­tique de Pierre-Her­mé Pa­ris. « Avant d’ache­ter du ma­té­riel, notre ré­flexion a por­té sur les éco­no­mies d’échelle que nous pou­vions réa­li­ser, sur les temps de res­source et sur la main­te­nance. Nous avons adop­té une nou­velle lo­gique de lo­ca­tion, avec un contrat cadre avec Dell. Nous ne sommes pas pro­prié­taires du ma­té­riel, nous res­tons pro­prié­taires de la don­née. » Et l’aven­ture est loin d’être ter­mi­née. Pour la mai­son Pierre-Her­mé Pa­ris, « Google Apps est un ou­til for­mi­dable, avec des la­cunes – la tra­duc­tion manque de langues, la vi­sion n’est pas as­sez pous­sée, le mail est moins pra­tique qu’Out­look – mais c’est une so­lu­tion com­plète qui ré­pond à 90 % de nos be­soins. Nous avons en­clen­ché le som­met de l’ice­berg, im­plan­té les pro­duits de base, le mail, l’agen­da, les do­cu­ments en ligne. Il est dé­sor­mais temps de se po­ser la ques­tion de ce qui vient der­rière ? Le ma­té­riel Ch­ro­me­book, des box Ch­ro­me­box, les ta­blettes, de nou­velles ap­proches comme YouTube Pro. Nous de­vons al­ler vers un état d’es­prit plus ou­vert sur l’ave­nir et les pos­si­bi­li­tés de conso­li­der notre re­la­tion avec Google sur ce qui reste à construire. Et de­meu­rer réa­listes, les pro­blé­ma­tiques res­tent les mêmes, op­ti­mi­ser le temps de tra­vail, les ac­cès, et par­ta­ger l’in­for­ma­tion… »

Oli­vier La­coste a été char­gé par Pierre Her­mé de mo­der­ni­ser l'in­for­ma­tique du groupe.

Pas­cal Pi­gnon, Sales & Bu­si­ness De­ve­lop­ment Ma­na­ger, Google En­ter­prise France

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