J’ai ren­con­tré un mou­ton à 5 pattes !

L'Informaticien - - IT & ENTREPRISE­S -

Lors d’un ré­cent voyage en Ca­li­for­nie, l’oc­ca­sion nous a été don­née de ren­con­trer un de ces ta­lents si recherchés : un da­ta scien­tist. Por­trait d’un de ces pro­fils si pri­sés avec Josh Wills, da­ta scien­tist chez Clou­de­ra, édi­teur spé­cia­liste de la plate-forme de Big Da­ta Ha­doop.

De­puis que l’in­dus­trie in­for­ma­tique a fait dé­cou­vrir aux en­tre­prises qu’elles étaient as­sises sur un tas d’or, plus ou moins gros se­lon le vo­lume de don­nées sur le­quel elles vivent, on se les ar­rache. Ils portent l’es­poir d’un nou­veau monde fait de connais­sance de plus en plus fine. Rien qu’aux États-Unis, les plus op­ti­mistes pensent que près 1,9 mil­lion d’em­plois pour­rait être créés d’ici à 2015 au­tour du Big Da­ta prin­ci­pa­le­ment dans la Si­li­con Val­ley et la ré­gion de Bos­ton. Plus sé­rieu­se­ment, ce se­ront de 140 000 à 190 000 em­plois qui né­ces­si­te­ront des com­pé­tences ana­ly­tiques ap­pro­fon­dies et près de 1,5 mil­lion avec des connais­sances sur l’ana­lyse des don­nées per­met­tant de prendre des dé­ci­sions. Dé­jà de­ve­nu le « job le plus sexy du XXIe siècle », le Da­ta Scien­tist fait rê­ver.

Comme un cher­cheur

Quand il entre dans la salle, rien ne dis­tingue Josh Wills du dé­ve­lop­peur moyen que nous avons l’ha­bi­tude de ren­con­trer. Il semble même être une ca­ri­ca­ture de l’ima­gi­naire ca­li­for­nien. Jean, tee-shirt et pe­tit pull. Seule, la paire de lu­nettes lui confère ce cô­té in­tel­lo sou­vent peu pri­sé de l’Amé­ri­cain moyen. Tout d’abord, il pré­cise son par­cours : sta­tis­ti­cien au dé­part, c’est en fait un ma­theux qui trouve que la vi­sua­li­sa­tion c’est vrai­ment bien ! Il a com­men­cé sa car­rière chez Google qui cher­chait comme tout-un-cha­cun à va­lo­ri­ser les mon­ceaux de don­nées is­sues de son ou­til Ana­ly­tics. Avant d’ana­ly­ser, Josh Wills passe sont temps à net­toyer les don­nées. Fi­dèle au pré­cepte « gar­bage in, gar­bage out », qui dicte que si l’on rentre de mau­vaises don­nées on au­ra de mau­vais ré­sul­tats, il pro­cède d’abord à un net­toyage mé­ti­cu­leux puis se place dans la po­si­tion du cher­cheur. « Nous de­vons ré­soudre un pro­blème pour le rendre ef­fi­cace dans un en­vi­ron­ne­ment opé­ra­tion­nel. Je passe mon temps à es­sayer de nou­velles idées, à mettre en pa­ral­lèle tout ce que je fais et à réa­li­ser des re­cherches re­pro­duc­tibles en­suite. » L’idée de fond est ce­pen­dant de ré­soudre un pro­blème et d’ac­cé­lé­rer le temps de ré­ponse à ce pro­blème. Vient en­suite le mo­ment de la dis­cus­sion avec les in­for­ma­ti­ciens pour créer le mo­dèle ana­ly­tique. « Ils de­vront en­semble tout me­su­rer tes­ter et tes­ter en­core, créer de nou­veaux mo­dèles, quitte à créer un mo­dèle in­com­pré­hen­sible par tout-un-cha­cun. »

Quel « re­tour bu­si­ness » ?

Con­trai­re­ment à ce que l’on croit, un spé­cia­liste du trai­te­ment des don­nées n’est pas un ma­gi­cien. La com­plexi­té pro­vient sou­vent du vo­lume des don­nées mais aus­si des tech­niques de trai­te­ment des don­nées ou de l’or­ga­ni­sa­tion des don­nées. De­vant un tel flux, il est né­ces­saire d’au­to­ma­ti­ser les opé­ra­tions mais cette au­to­ma­ti­sa­tion ne se tra­duit pas par un « plus » mé­tier. Si les ou­tils sont là, il existe peu de per­sonnes ca­pables de les ex­ploi­ter. Ce­la fait des per­sonnes sur le mar­ché ac­tuel­le­ment des col­la­bo­ra­teurs pré­cieux. Mais leur va­leur cor­res­pond sur­tout au re­tour bu­si­ness que leur tra­vail va ap­por­ter. Ain­si Josh Wills in­dique que dans la pu­bli­ci­té son poste vaut de l’or mais n’a pas de sa­laire clai­re­ment dé­fi­ni… D’ailleurs chez Clou­de­ra, un chiffre comme 1 mil­lion de dollar ne choque pas pour la ré­tri­bu­tion d’une mis­sion de Da­ta Scien­tist. Sans cur­sus réel dans les uni­ver­si­tés, en de­hors des cycles d’études sta­tis­tiques, Josh Wills a donc en­core quelques bonnes an­nées de­vant lui. Après, des four­nées de jeunes di­plô­més en « Big Da­ta » vien­dront, peu à peu, lui ro­gner ses re­ve­nus !<

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