Les nou­veaux dé­fis du dé­ve­lop­pe­ment pour mo­biles

L'Informaticien - - DÉVELOPPEM­ENT -

Pas un jour sans sa li­vrai­son d’un com­mu­ni­qué de presse triom­phant sur la sor­tie de la nou­velle ap­pli­ca­tion « de la mort qui tue » sur des en­vi­ron­ne­ments mo­biles. Avec la vague de la mo­bi­li­té et son co­rol­laire du BYOD, le monde du dé­ve­lop­pe­ment se tourne vers de nou­velles plates-formes pour por­ter les ap­pli­ca­tions vers l’uti­li­sa­teur, c’est-à-dire au bout de son doigt qui touche sa ta­blette ou de son pouce qui clique sur son smart­phone.

Dans une étude ré­cente réa­li­sée pour Mi­cro­fo­cus/ Bor­land, 75 % des DSI in­ter­ro­gés in­di­quaient avoir un pro­jet d’ou­ver­ture de cer­taines ap­pli­ca­tions à la mo­bi­li­té dans les 2 ans. Les évé­ne­ments ne peuvent qu’in­ten­si­fier cette ten­dance de fond. Pour la pre­mière fois en 2012, les ventes de ter­mi­naux mo­biles ont dépassé celles des PC clas­siques. De plus l’ir­rup­tion vou­lue ou non des ter­mi­naux per­son­nels dans l’en­tre­prise avec la pos­si­bi­li­té de se connec­ter aux ap­pli­ca­tions de l’en­tre­prise va rendre né­ces­saire le dé­ve­lop­pe­ment d’ex­ten­sions mo­bile d’ap­pli­ca­tions mé­tiers.

Une mul­ti­tude d’en­vi­ron­ne­ments

La prin­ci­pale dif­fi­cul­té des dé­ve­lop­pe­ments mo­biles au­jourd’hui est la por­ta­bi­li­té d’un en­vi­ron­ne­ment à l’autre. Il existe 4 prin­ci­paux en­vi­ron­ne­ments : iOS d’Apple, An­droid de Google, Win­dows 7 et 8 chez Mi­cro­soft et le tou­jours pré­sent Black­Ber­ry. Si le dé­ve­lop­pe­ment d’ap­pli­ca­tions na­tives sur cha­cun des en­vi­ron­ne­ments re­pré­sente la meilleure so­lu­tion, ce n’est pas à la por­tée de toutes les bourses, ni de toutes les équipes de dé­ve­lop­pe­ment car ce­la de­mande de mul­tiples com­pé­tences sur des en­vi­ron­ne­ments ex­trê­me­ment dif­fé­rents. Il faut aus­si prendre en compte la main­te­nance et la mise à jour de ces ap­pli­ca­tions. HTML 5, la der­nière ver­sion du stan­dard de la W3C, pro­pose de nou­velles API sim­pli­fiant la créa­tion d’ap­pli­ca­tions Web. Pré­sente d’ores et dé­jà dans la plu­part des na­vi­ga­teurs, la norme HTML 5 reste sur­tout la cham­pionne du mul­ti plate-forme et ses mises à jour sont qua­si ins­tan­ta­nées. L’in­té­rêt est d’avoir un seul code source pour les dif­fé­rentes plates-formes et d’aug­men­ter ain­si la pro­duc­ti­vi­té. Se­lon une étude de Ken­do UI, 63 % des dé­ve­lop­peurs ont dé­jà eu re­cours à HTML 5. Pour beau­coup, ceux-ci ont es­sayé la nou­velle spé­ci­fi­ca­tion. Il en ré­sulte ce­pen­dant une cer­taine dé­cep­tion sur plu­sieurs fonc­tions dont la per­for­mance et l’ex­pé­rience uti­li­sa­teur. Au­jourd’hui en­core, le dé­bat entre dé­ve­lop­pe­ment na­tif et Web n’est pas tran­ché mais la lo­gique éco­no­mique mise sur le dé­ve­lop­pe­ment Web.

Des cycles plus courts

Le cycle de dé­ve­lop­pe­ment des ap­pli­ca­tions mo­biles est bien plus court que pour d’autres ap­pli­ca­tions. Eric Chaus­sier in­dique ain­si : « les en­vi­ron­ne­ments doivent être mis ra­pi­de­ment à dis­po­si­tion pour des pro­jets sur trois mois. Ils de­mandent une vé­ri­table in­dus­tria­li­sa­tion. Au dé­but, les ap­pli­ca­tions étaient plus des ap­pli­ca­tions vi­trines. Au­jourd’hui elles de­mandent plus d’in­ter­ac­tions avec comme co­rol­laire le test de ces ap­pli­ca­tions sur l’ex­pé­rience uti­li­sa­teur, les temps de ré­ponses, la si­mu­la­tion des tran­sac­tions. D’un phé­no­mène émergent, nous sommes pas­sés à une pro­blé­ma­tique stra­té­gique pour les clients » . L’in­dus­tria­li­sa­tion né­ces­saire à cette dé­marche ra­pide s’ap­puie sur des fra­me­works comme JQue­ry Mo­bile ou Pho­neGap, ou en­core des en­vi­ron­ne­ments de type RAD comme WebDev. Se­lon le choix de l’en­vi­ron­ne­ment, il est pos­sible d’uti­li­ser les fonc­tions de tests dans les kits de dé­ve­lop­pe­ments des dif­fé­rents sys­tèmes d’ex­ploi­ta­tion ou de choi­sir la pos­si­bi­li­té de tes­ter son ap­pli­ca­tion à par­tir d’ému­la­teurs en ligne. De­vi­ceA­nyw­here, Mo­bi­forge sont deux exemples de ce type de plates-formes en ligne. Cer­taines plates-formes se sont spé­cia­li­sées sur les tests de charge comme Neo­load de Neotys. Il reste en­core la pos­si­bi­li­té de prendre des lo­gi­ciels clas­siques pour réa­li­ser ces tests comme Silk de Bor­land ou tout autre ou­til spécialisé dans les tests.

La sé­cu­ri­té : le der­nier point noir ?

Les ap­pli­ca­tions mo­biles ont aus­si leur re­vers. Avec la mul­ti­pli­ci­té des ac­cès qu’elles offrent, les condi­tions de sé­cu­ri­té des sys­tèmes d’in­for­ma­tion de­viennent plus dif­fi­ciles. Par ailleurs le dé­ve­lop­pe­ment sé­cu­ri­sé n’est pas en­core en­tré dans les moeurs chez tous les dé­ve­lop­peurs sou­vent d’ailleurs car le temps qui leur est im­par­ti pour dé­ve­lop­per les ap­pli­ca­tions est trop court. Il n’en reste pas moins que la sé­cu­ri­té des ap­pli­ca­tions mo­biles reste le point noir des dé­ve­lop­pe­ments. La ré­pu­ta­tion de cer­tains en­vi­ron­ne­ments comme An­droid n’en­cou­rage d’ailleurs pas à sau­ter le pas mal­gré les amé­lio­ra­tions ap­por­tées ré­cem­ment par Google pour contrô­ler les ap­pli­ca­tions pré­sentes sur sa bou­tique ap­pli­ca­tive.

Le mul­ti­pla­te­forme a ou­vert le dé­bat sur le dé­ve­lop­pe­ment entre ap­pli­ca­tions na­tives et Web.

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