Après l’ap­pli­ca­tif et le sto­ckage, voi­ci le ré­seau vir­tuel

L'Informaticien - - DOSSIER -

Le da­ta­cen­ter du fu­tur se­ra au­to­nome, au­to­ma­ti­sé, in­tel­li­gent, mo­du­laire et flexible : pas à pas, les spé­cia­listes du sec­teur mi­jotent cette ré­vo­lu­tion, dont les pre­miers signes se ma­ni­festent. Bien­ve­nue dans l’ère des hy­per-da­ta­centres.

Le mar­ché des da­ta­cen­ters n’en est sans doute qu’à ses dé­buts. Les spé­cia­listes du sec­teur posent au­jourd’hui toutes les bases de da­ta­cen­ters qui se­ront, pri­mo, plus in­tel­li­gents, deuxio, plus au­to­ma­ti­sés, ter­tio plus mo­du­laires. Les pre­mières pierres de ces fu­tures construc­tions sont dé­jà po­sées : après avoir vir­tua­li­sé les ser­veurs et les ap­pli­ca­tifs, alors que la vir­tua­li­sa­tion du sto­ckage est on ne peut plus ac­tuelle, c’est le ré­seau qui se­ra pro­chai­ne­ment vir­tua­li­sé.

Da­ta­cen­ter à la de­mande

Con­crè­te­ment, les ef­forts se concentren­t sur le SDN (Soft­ware De­fi­ned Net­work), au­tre­ment dit la vir­tua­li­sa­tion du ré­seau. Le SDN n’est en fait qu’une brique de ce qu’on peut ap­pe­ler le SDDC pour « Soft­ware De­fi­ned Da­ta­Cen­ter ». L’adop­tion du Cloud com­pu­ting a d’ailleurs entre autres fait émer­ger « l’OS cloud » libre OpenS­tack ; le SDN dis­pose lui aus­si de sa com­mu­nau­té et de son pro­to­cole OpenF­low ; en­fin, OpenDay­light qui vise à créer un stan­dard pour les contrô­leurs. Chaque construc­teur y ré­pond avec ses propres com­pé­tences et tech­no­lo­gies (Bro­cade, Ju­ni­per, etc.) et pour ap­pré­hen­der des pro­blé­ma­tiques à ve­nir comme le « Cloud burs­ting » : « C’est-à-dire que lorsque les ca­pa­ci­tés lo­cales d’un da­ta­cen­ter sont dé­bor­dées, on en­voie de la ca­pa­ci­té vers un se­cond da­ta­cen­ter, qu’il soit hy­bride ou pri­vé, et même pu­blic, en payant uni­que­ment ce que l’on consomme » , ex­plique Da­vid Li­me­ry, in­gé­nieur sys­tème chez Bro­cade. C’est donc

cette no­tion de « da­ta­cen­ter à la de­mande » qu’est cen­sée ap­por­ter le SDDC. Pro­blème : le 100 Gbit/s est gé­né­ra­li­sé aux États-Unis mais peine à s’im­po­ser en France et en Eu­rope dans les da­ta­cen­ters, où le 40 Gbit/s ar­rive len­te­ment. Pour­tant, « on an­ti­cipe l’ac­cé­lé­ra­tion de la crois­sance, conduite par l’es­sor des tech­no­lo­gies mo­biles et

du M2M » , as­sure Éric Sèle, di­rec­teur gé­né­ral Eu­rope du Sud et Eu­rope cen­trale chez Cie­na, qui veut faire « tom

ber les murs entre les da­ta­cen­ters » . Mais deux pro­blèmes res­tent à ré­soudre : la dis­tance entre les da­ta­cen­ters joue sur la la­tence ; et il faut réus­sir à al­louer « lo­gi­ciel­le­ment » de la bande pas­sante se­lon les be­soins. « On en est aux

bal­bu­tie­ments » , avoue Éric Sèle. Après ce­la nous en­tre­rons dans l’ère des hy­per-da­ta­cen­ters.<

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