Pas de for­ma­tion, peu de per­son­nel L’

S’il est un point sur le­quel tous nos in­ter­lo­cu­teurs dans ce dos­sier se re­joignent, c’est le manque de for­ma­tion en France de « tech­ni­ciens de da­ta­cen­ters », de per­sonnes ha­bi­li­tées à y tra­vailler. Pro­blème : les opé­ra­teurs cherchent sou­vent des mou­tons à

L'Informaticien - - DOSSIER -

es­sor des da­ta­cen­ters en France a d’abord dé­bu­té avec des res­pon­sables in­for­ma­tiques contraints de se dé­brouiller seuls sur quelques ser­veurs em­pi­lés dans des sous-sol… Pe­tit à pe­tit, il a fal­lu ajou­ter de la re­don­dance, de la sé­cu­ri­té élec­trique, une bonne tem­pé­ra­ture, etc. Puis, les da­ta­cen­ters sont ar­ri­vés et, for­cé­ment, les com­pé­tences re­cher­chées en in­terne sont de­ve­nues plus vastes : de l’élec­tri­cien on pas­sait à l’in­gé­nieur in­for­ma­tique avec quelques no­tions de câ­blage. Bref, les spé­cia­listes des centres de don­nées au­jourd’hui sont sou­vent des au­to­di­dactes et ont ap­pris sur le tas, mul­ti­pliant les com­pé­tences. Ré­sul­tat, au­jourd’hui, ce sont ces pro­fils aux mul­tiples cas­quettes qui sont re­cher­chés et plé­bis­ci­tés la plu­part du temps. La moindre offre d’em­ploi est in­té­res­sante. On peut y lire des termes comme : « ex­pé­rience dans les ré­seaux, sur­veillance des in­fra­struc­tures

« Pour la par­tie opé­ra­tion de da­ta­cen­ter, nous

re­cher­chons des tech­ni­ciens avec une double-for­ma­tion élec­trique

et cli­ma­tique. Et ça, on n’en trouve pas ! »

(su­per­vi­sion), ac­tions cor­rec­tives de pre­mier ni­veau (vé­ri­fi­ca­tion des alarmes, re­boot, main­te­nance hard­ware et soft­ware, bras­sage, câ­blage), in­ter­ven­tions, maî­trise des pro­to­coles TCP/IP, ma­ni­pu­la­tions des équi­pe­ments de type rou­teurs ou switch, ex­pé­rience en câ­blage sou­hai­tée… » Et en­core, ici, on ne parle pas de com­pé­tences

Phi­lippe Diez,

Sch­nei­der Elec­tric ITb.

en cli­ma­ti­sa­tion, sé­cu­ri­té phy­sique, etc. « C’est en ef­fet tou­jours le même constat de­puis des an­nées : on a du mal à trou­ver des em­ployés » , ex­plique Fa­brice Co­quio, di­rec­teur gé­né­ral France d’In­terxion. « Nous cher­chons de moins en moins des “mou­tons à 5 pattes ” puisque nous avons fi­na­le­ment seg­men­té nos pro­cess. » Chez In­terxion, la so­lu­tion a fi­na­le­ment consis­té à mettre sur pied des pro­grammes d’in­té­gra­tion avec cer­ti­fi­ca­tion in­terne. « On au­ra donc le même ser­vice, que l’on soit dans un da­ta­cen­ter à Stock­holm, Du­blin ou Pa­ris » , pré­cise-t-il avant d’ajou­ter qu’In­terxion est le seul à avoir ob­te­nu une cer­ti­fi­ca­tion pro­fes­sion­nelle qui per­met « de don­ner une ga­ran­tie sur ce que nous sa­vons faire » . Il n’em­pêche que les bons pro­fils sont rares et qu’In­terxion va les trou­ver loin : « Nous re­cru­tons ré­gu­liè­re­ment des per­sonnes qui ont de l’ex­pé­rience dans les pro­cess spé­ciaux, en en­vi­ron­ne­ment très sen­sibles, comme du per­son­nel is­su de plates-formes pé­tro­lières, de ba­teaux usines, etc. » , ter­mine Fa­brice Co­quio. Le manque de per­son­nel est confir­mé chez Sch­nei­der Elec­tric où Phi­lippe Diez, vice-pré­sident de Sch­nei­der Elec­tric ITb, ex­plique que « pour la par­tie opé­ra­tion de da­ta­cen­ter, nous re­cher­chons des tech­ni­ciens avec une double-for­ma­tion élec­trique et cli­ma­tique. Et ça,

on n’en trouve pas ! » . Pour com­bler ces manques, Sch­nei­der Elec­tric a lan­cé une ini­tia­tive avec Te­le­ci­ty Group et ETDE : spon­so­ri­ser un IUT afin de for­mer des tech­ni­ciens pour­vus de l’en­semble des com­pé­tences re­cher­chées. Mais les tech­ni­ciens de da­ta­cen­ter ne sont pas la seule po­pu­la­tion re­cher­chée : « Nous man­quons de ta­lents dans le de­si­gn de da­ta­cen­ters,

dans l’ar­chi­tec­ture et l’ur­ba­ni­sa­tion » , ajoute en­core Phi­lippe Diez, qui passe par des bu­reaux d’étude spé­cia­li­sés, mais qui n’ont pas non plus de com­pé­tences trans­verses.

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