Mi­cro­soft Build : toutes les an­nonces de la confé­rence dé­ve­lop­peurs

TOUTES LES AN­NONCES DE LA CONFÉ­RENCE DÉ­VE­LOP­PEURS

L'Informaticien - - SOMMAIR - LOïC DU­VAL

Re­tour sur la confé­rence Mi­cro­soft Build 2017. Au me­nu de la grand- messe de l’édi­teur dé­diée aux dé­ve­lop­peurs, beau­coup d’Azure, d’IA, de mo­bi­li­té et, bien sûr, beau­coup de Win­dows 10 !

La confé­rence Mi­cro­soft Build est le grand ren­dez- vous an­nuel de l’édi­teur avec la com­mu­nau­té des dé­ve­lop­peurs. Au fil des an­nées, l’évé­ne­ment à maintes fois chan­gé de vi­sages. Mais il re­vêt au­jourd’hui une im­por­tance ca­pi­tale car il est l’une des briques à même de réconcilie­r l’édi­teur avec une com­mu­nau­té qui s’est très éloi­gnée de Win­dows par le Web et l’expansion des Apps Mo­biles sous An­droid et iOS. Au- de­là des in­évi­tables an­nonces, la Build est tou­jours une étape im­por­tante sur la­quelle il est bon de s’ar­rê­ter pour com­prendre la stra­té­gie gé­né­rale de l’édi­teur et les di­rec­tions qu’il compte prendre dans les pro­chains mois, voire les pro­chaines an­nées.

La stra­té­gie mo­bile de Mi­cro­soft s’éclaire

Il ré­gnait de­puis quelques mois un cer­tain flou sur la stra­té­gie mo­bile de Mi­cro­soft. L’édi­teur a ces­sé de fa­bri­quer ses smart­phones Lu­mia, les construc­teurs tiers n’ont ja­mais ac­cro­ché sur Win­dows 10 Mo­bile, les parts de mar­ché de Win­dows Phone/ Win­dows 10 Mo­bile se sont ef­fon­drées à un ni­veau dé­ri­soire. Win­dows 10 Mo­bile n’est pour­tant pas aban­don­né ; en­fin, pas en­core. La Crea­tors Up­date ( Red­stone 2) com­mence à être dé­ployée sur les ter­mi­naux les plus ré­cents. Et la branche de dé­ve­lop­pe­ment Win­dows In­si­ders de la ver­sion Mo­bile ne semble pas s’orien­ter vers Red­stone 3, mais plu­tôt sur une ver­sion « Fea­ture 2 » , simple amé­lio­ra­tion de Red­stone 2.

Win­dows on ARM et Red­stone 3

Ce n’est plus un se­cret. Pour faire son co­me­back en la ma­tière, Mi­cro­soft at­tend dé­sor­mais le pro­chain point d’in­flexion de la mo­bi­li­té et tra­vaille en se­cret sur l’après- Smart­phone tel qu’on le connaît. Quel que soit cet après… Or, ce der­nier n’au­ra peut- être pas be­soin d’une édi­tion « Mo­bile » et pour­rait, au fi­nal, se sa­tis­faire d’un Win­dows nor­mal boos­té par une ex­pé­rience « Conti­nuum » ren­for­cée. Le fu­tur « Win­dows 10 on ARM » et sa ca­pa­ci­té à exé­cu­ter les bi­naires Win32 In­tel x86 ont été de nou­veau pré­sen­tés à la Build ( P4171). Ce­la conforte l’idée d’un aban­don pro­gres­sif d’une dé­cli­nai­son « Mo­bile » sé­pa­rée. Reste que l’édi­teur ne se contente pas d’at­tendre ce fu­tur es­pé­ré. L’an­nonce de la pro­chaine ité­ra­tion de Win­dows 10, at­ten­due à la fin de l’au­tomne et peu sub­ti­le­ment dé­nom­mée « Fall Crea­tors Up­date » ( Red­stone 3 pour les in­times), éclaire la stra­té­gie ac­tuelle de Mi­cro­soft en ma­tière de mo­bi­li­té. « Win­dows 10 aime An­droid et iOS » , af­firme l’un des slides clés de la Key­note de Ter­ry Myer­son, grand pa­tron de la di­vi­sion Win­dows. Mi­cro­soft semble en­fin re­con­naître que les uti­li­sa­teurs n’ont pas avec leur PC la re­la­tion très per­son­nelle voire pas­sion­nelle qu’ils en­tre­tiennent avec leur smart­phone, ob­jet qui ne quitte ja­mais leur sphère même quand ils mangent ou quand ils dorment. Et pour que les uti­li­sa­teurs de­viennent plus ac­crocs à leur PC, pour qu’il ne soit plus uni­que­ment per­çu comme un ou­til pro­fes­sion­nel, la firme de Red­mond a bien l’in­ten­tion d’en faire une com­po­sante à part en­tière de leur ex­pé­rience mo­bile. L’idée, c’est que votre PC sous Win­dows contri­bue ac­ti­ve­ment à amé­lio­rer votre quo­ti­dien sous iOS ou An­droid. Avec à la clé une contrainte in­duite, bien évi­dem­ment pas­sée sous si­lence par le mar­ke­ting : celle de de­voir uti­li­ser les ser­vices Mi­cro­soft tels que OneD­rive, Swift­key, Out­look et Of­fice 365.

Presse- pa­pier « clou­di­fié »

Le nou­veau Clip­board en est la par­faite illus­tra­tion : toute in­for­ma­tion « co­piée » dans le Presse- Pa­pier Win­dows peut être ins­tan­ta­né­ment « Col­lée » à par­tir du smart­phone. Voi­là un moyen ul­tra­simple de par­ta­ger un lien web, une pho­to ou un bout de texte entre son PC et son smart­phone par exemple ( ou in­ver­se­ment). Et, bien sûr, ce qui fonc­tionne entre un PC et un smart­phone fonc­tionne éga­le­ment entre deux PC, entre son PC et sa ta­blette Win­dows, et entre deux

smart­phones, même si leurs OS sont dif­fé­rents. Sur iP­hone et An­droid, Mi­cro­soft a di­rec­te­ment in­té­gré la fonc­tion­na­li­té Win­dows Clip­board dans son cla­vier al­ter­na­tif Swift­Key. Elle se­ra aus­si dis­po­nible sous les Apps mo­biles Of­fice 365 ( Word, Ex­cel, Po­werPoint, OneNote, Teams, etc.).

Timeline, une ex­pé­rience trans­verse

Autre nou­veau­té phare, Timeline rem­place le sé­lec­teur de tâche ( ALT+ TAB) en af­fi­chant tout ce sur quoi vous avez tra­vaillé ré­cem­ment, quel que soit le pé­ri­phé­rique. L’idée, c’est de vous per­mettre de re­prendre à tout mo­ment, à l’en­droit pré­cis où vous l’avez aban­don­né, un tra­vail dé­mar­ré pré­cé­dem­ment sur un autre ap­pa­reil, que ce der­nier tourne sous Win­dows, iOS ou An­droid. Peu im­porte que le tra­vail, ou la na­vi­ga­tion web, ait été com­men­cé il y a quelques mi­nutes ou quelques jours. Cette fonc­tion­na­li­té « Pick Up Where You Left Off » de la Timeline se­ra no­tam­ment im­plé­men­tée au tra­vers de Cor­ta­na sur les mo­biles.

Cor­ta­na, lien cross- de­vices

L’as­sis­tant vir­tuel de Mi­cro­soft joue un rôle crois­sant dans les scé­na­rios « cross- de­vices » et ce­ci bien au- de­là des smart­phones, ta­blettes et PC. L’in­té­gra­tion de Cor­ta­na au coeur de Win­dows 10 IoT Core « Crea­tors Up­date » étend le rôle de l’as­sis­tant à toutes sortes de dis­po­si­tifs y com­pris ceux dé­nués d’écran. La Build a été l’oc­ca­sion de je­ter un oeil sur les pre­miers ob­jets connec­tés pro­pul­sés par la ver­sion « light » de Win­dows : l’enceinte connec­tée In­voke, d’Har­man- Kar­don, la table IRT pour res­tau­rants de Ko­di­soft ou en­core la montre connec­tée TrekS­tor. His­toire de ve­nir da­van­tage contrer le dé­jà om­ni­pré­sent Alexa d’Ama­zon, Mi­cro­soft a lan­cé du­rant la Build un nou­veau kit per­met­tant d’étendre ai­sé­ment les ca­pa­ci­tés de Cor­ta­na : le Cor­ta­na Skills Kit ( B8030, B8031). Il per­met de très fa­ci­le­ment por­ter vers Cor­ta­na non seule­ment les Bots conver­sa­tion­nels créés avec Mi­cro­soft Bot Fra­me­work mais aus­si les Alexa Skills dé­ve­lop­pés pour l’as­sis­tant d’Ama­zon. Un point ca­pi­tal quand on sait que Alexa dis­pose dé­jà de plus de 12 000 skills ! Mi­cro­soft a dé­jà un re­tard consi­dé­rable à rat­tra­per sur son concur­rent. Mais avec plus de 145 mil­lions d’uti­li­sa­teurs ac­tifs chaque mois sur Cor­ta­na et l’éton­nante ma­tu­ri­té des Azure Cog­ni­tive Ser­vices pour ap­por­ter plus d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle aux bots, Mi­cro­soft a des atouts en poche pour at­ti­rer les dé­ve­lop­peurs. D’au­tant que Cor­ta­na sug­gé­re­ra au­to­ma­ti­que­ment à l’uti­li­sa­teur, se­lon les contextes, l’uti­li­sa­tion de telles ou telles Skills.

Win­dows 10, The DevBox

Mais au- de­là des fonc­tion­na­li­tés, Mi­cro­soft a un be­soin cru­cial de ré­at­ti­rer les dé­ve­lop­peurs vers ses

uni­vers ( Win­dows mais aus­si Azure et Of­fice 365) et compte sur quatre axes pour y par­ve­nir : mul­ti­plier les ex­pé­riences cross- de­vices, sim­pli­fier le dé­ve­lop­pe­ment mul­ti plate- forme, faire de Win­dows la DevBox pré­fé­rée des dé­ve­lop­peurs, et amé­lio­rer l’en­ga­ge­ment des uti­li­sa­teurs sur le Win­dows Store.

Mul­ti­plier les scé­na­rios cross- de­vices

La nou­velle ap­proche mo­bi­li­té de Win­dows que l’on vient de voir n’a de sens que si elle est non seule­ment ou­verte aux dé­ve­lop­peurs mais éga­le­ment fa­ci­li­ta­trice. In­ti­me­ment liée à Mi­cro­soft Graph ( lire plus loin), l’API « Pro­ject Rome » de­vient une brique clé des ex­pé­riences « cross de­vices » ( B8908) à com­men­cer par celles in­tro­duites dans la pro­chaine mou­ture de Win­dows 10, telles que Timeline ( B8108) et Clip­board. Jus­qu’ici dis­po­nible pour Win­dows ( UWP) et An­droid, Pro­ject Rome est dé­sor­mais dé­cli­né sur iOS. Cette API est un socle uni­ver­sel qui per­met d’apla­nir les dif­fé­rences entre les OS et entre les dis­po­si­tifs ( B8025), et de concré­ti­ser la pour­suite de scé­na­rios d’un ap­pa­reil à l’autre à l’ins­tar de la Win­dows Timeline.

Sim­pli­fier les dé­ve­lop­pe­ments mul­ti plates- formes

Autre che­val de ba­taille, Mi­cro­soft sou­haite sim­pli­fier les dé­ve­lop­pe­ments mul­ti plates- formes. C’est tout l’ob­jec­tif de l’ac­qui­si­tion, à la fin 2015, de Xa­ma­rin ( B8103). Elle se tra­duit dans cette Build 2017 par le lan­ce­ment de la ver­sion 1.0 de Vi­sual Stu­dio for Mac ( B8095) qui sup­porte no­tam­ment Uni­ty – une fonc­tion­na­li­té très at­ten­due des dé­ve­lop­peurs de jeux – mais éga­le­ment le lan­ce­ment de Xa­ma­rin Live Player ( C9L24). Cet ou­til per­met de tes­ter et dé­bo­guer pas à pas les ap­pli­ca­tions iOS et An­droid de­puis le PC et Vi­sual Stu­dio. Plus be­soin de Mac donc pour dé­ve­lop­per une app iOS, même s’il conti­nue d’être né­ces­saire de dis­po­ser d’un Mac pour pa­cka­ger et la pu­blier sur le Store d’Apple. Toute aus­si es­sen­tielle, l’an­nonce de XAML Stan­dard ( C9L13, B8100) – qui s’ac­com­pagne de celle de « . NET Stan­dard 2.0 » ( B8001) – était très at­ten­due. Dé­sor­mais, les ap­pli­ca­tions cross plates- formes Win­dows, iOS, An­droid, développée­s en « . NET » sous Vi­sual Stu­dio ne se contentent plus de par­ta­ger la même lo­gique ap­pli­ca­tive, elles par­tagent aus­si, et vrai­ment, la même in­ter­face uti­li­sa­teur. Voi­là qui change ter­ri­ble­ment la donne et de­vrait conver­tir bien des dé­ve­lop­peurs iOS et An­droid qui se­ront plus fa­ci­le­ment ten­tés de pro­duire des ver­sions pour Win­dows Store, l’ef­fort de­ve­nant minimal.

Faire de Win­dows la DevBox idéale

L’ar­ri­vée du XAML Stan­dard et de Xa­ma­rin Live Player en­cou­rage les dé­ve­lop­peurs mo­biles à pas­ser sous Vi­sual Stu­dio, mais aus­si, au fi­nal, à res­ter au­tant que pos­sible sous Win­dows pour tous leurs dé­ve­lop­pe­ments vi­sant à la fois les PC, les ta­blettes, les smart­phones, les lu­nettes de réa­li­té vir­tuelle, les Ho­lolens, la Xbox One et les Sur­face HUB. Mais Mi­cro­soft veut éga­le­ment voir les dé­ve­lop­peurs cloud et mi­cro- ser­vices ( T6051) adop­ter Win­dows comme plate- forme de dé­ve­lop­pe­ment. L’an der­nier Mi­cro­soft avait an­non­cé Ubun­tu Bash sous Win­dows. Cette an­née, outre les très nom­breuses amé­lio­ra­tions ap­por­tées en la ma­tière par Win­dows 10 Crea­tors Up­date, Mi­cro­soft a an­non­cé le sup­port de Fe­do­ra et d’OpenSUSE. Bref, tous les codes, exé­cu­tables, fra­me­works et ou­tils de dé­ve­lop­pe­ment phares de Li­nux s’exé­cutent dé­sor­mais di­rec­te­ment sous Win­dows sans avoir be­soin d’en pas­ser par des VM. Mieux en­core, les trois en­vi­ron­ne­ments ( Ubun­tu, Fe­do­ra, OpenSUSE) peuvent s’exé­cu­ter si­mul­ta­né­ment. Et ils sont dé­sor­mais di­rec­te­ment ac­ces­sibles de­puis le Win­dows Store ! Dans un même ordre d’idées, Mi­cro­soft a aus­si dé­mon­tré comment ses nou­velles ex­ten­sions pour Vi­sual Stu­dio 2017 – cer­taines n’exis­taient que pour VS2015 – per­mettent d’ai­sé­ment créer/ dé­bo­guer/ dé­ployer de­puis l’IDE les conte­neurs Do­cker Win­dows et Li­nux dans Azure ( C9L09, B8026, P4113) ain­si que les Azure Func­tions ( C9L05, B8061, T6003, B8039). Outre les dé­ve­lop­pe­ments mo­biles et cloud, les dé­ve­lop­pe­ments web sont aus­si à l’hon­neur ( C9R04). Tout en conti­nuant de pous­ser sa plate- forme UWP ( Uni­ver­sal Win­dows App), l’édi­teur s’in­té­resse aus­si de très près aux Pro­gres­sive Web Apps ( PWA), des Web Apps qui se com­portent exac­te­ment comme des Apps na­tives. Elles peuvent être dif­fu­sées via le Win­dows Store et ti­rer pro­fit de fonc­tion­na­li­tés UWP ( B8075). Le sup­port in­té­gral des PWA par Edge et par Win­dows 10 est at­ten­du pour la Fall Crea­tors Up­date ( B8041).

Amé­lio­rer l’en­ga­ge­ment

Pour Mi­cro­soft, la Timeline du pro­chain Win­dows 10 se veut aus­si une nou­velle sur­face « d’en­ga­ge­ment » ( P4116) qui doit sé­duire les dé­ve­lop­peurs puis­qu’elle per­met­tra aux uti­li­sa­teurs de re­ve­nir plus

fré­quem­ment sur les ap­pli­ca­tions et de les uti­li­ser plus in­ten­sé­ment. Et pour cause : si l’uti­li­sa­teur a com­men­cé une créa­tion avec un lo­gi­ciel X sur son or­di­na­teur, Timeline se char­ge­ra d’ins­tal­ler la même App X sur le smart­phone – si elle existe. Plus im­por­tant en­core, c’est le scé­na­rio in­verse qui s’avère fon­da­men­tal pour im­po­ser Win­dows et son Store : l’uti­li­sa­teur ayant joué avec une « App M » sur son mo­bile, se ver­ra pro­po­ser par la Timeline l’ins­tal­la­tion de cette « App M » en ver­sion Win­dows Store. C’est d’au­tant plus ef­fi­cace pour fi­dé­li­ser l’uti­li­sa­teur que la fonc­tion­na­li­té est loin d’être pas­sive grâce à Cor­ta­na. À la ma­nière de ce qu’il fait pour les « Skills » , l’as­sis­tant va en­cou­ra­ger proac­ti­ve­ment les uti­li­sa­teurs, dès qu’ils se connectent ou se­lon les contextes, à pour­suivre leurs tra­vaux et donc à té­lé­char­ger et uti­li­ser l’App né­ces­saire.

Un de­mi- mil­liard d’uti­li­sa­teurs Win­dows 10

Tous ces ef­forts n’ont fi­na­le­ment qu’un seul but : en­cou­ra­ger les dé­ve­lop­peurs à pro­duire pour le Win­dows Store. Ce der­nier reste le ta­lon d’Achille de la stra­té­gie Win­dows 10. Et pour­tant avec dé­sor­mais 500 mil­lions d’uti­li­sa­teurs ac­tifs, Win­dows 10 dis­pose d’un parc at­trac­tif. Sauf que le Store reste un en­fant pauvre peu fré­quen­té. Mi­cro­soft n’ar­rive pas à cas­ser le cercle vi­cieux : les uti­li­sa­teurs PC ignorent trop sou­vent le Win­dows Store d’au­tant qu’ils n’y trouvent pas ce qu’ils cherchent et les dé­ve­lop­peurs ne sont pas in­té­res­sés par le Win­dows Store puisque les uti­li­sa­teurs n’y vont pas.

Store et Desk­top Bridge

Pour bri­ser ce cercle, Mi­cro­soft a dé­gai­né Win­dows 10S, une ver­sion de Win­dows d’abord pen­sée pour le mar­ché de l’édu­ca­tion qui n’exé­cute que les Apps du Win­dows Store. Consé­quence di­recte, c’est aus­si la ver­sion de Win­dows la plus sûre. Et cette an­nonce com­mence à faire bou­ger les lignes. Lors de la Build, Mi­cro­soft a confir­mé que Spo­ti­fy, WhatsApp et sur­tout iTunes dé­bar­quaient sur son Store ! Et pour en­cou­ra­ger les dé­ve­lop­peurs Win32 à adop­ter le ma­ga­sin ap­pli­ca­tif de Win­dows, Mi­cro­soft conti­nue de pous­ser et amé­lio­rer son Desk­top Bridge « Cen­ten­nial » ( B8011). Ce der­nier ne se contente pas de conver­tir une app Win32 en Appx. Il per­met de pro­gres­si­ve­ment trans­for­mer son ap­pli­ca­tion . NET en une app UWP ( B8012). Le Desk­top Bridge s’im­pose pe­tit à pe­tit comme un élé­ment cri­tique en vue du succès de Win­dows 10S mais aus­si du succès de Conti­nuum et des fu­turs ef­forts de Mi­cro­soft dans la mo­bi­li­té.

Fluent De­si­gn Sys­tem

En­fin, Mi­cro­soft cherche aus­si à amé­lio­rer le pou­voir de sé­duc­tion des apps Win­dows. L’édi­teur in­tro­duit une nou­velle iden­ti­té vi­suelle et tourne pro­gres­si­ve­ment la page « Me­tro » qui dic­tait le look des ap­pli­ca­tions de­puis Win­dows 8. Connu sous le nom de code Neon, Mi­cro­soft Fluent De­si­gn Sys­tem ( B8066) veut ré­in­ven­ter l’in­ter­face Win­dows sur le long cours. Fluent est un voyage qui dé­bute avec la Crea­tors Up­date et doit se pour­suivre pe­tit à pe­tit avec les pro­chaines évo­lu­tions du sys­tème. Il se dé­fi­nit au­tour de 5 mots : Lu­mière, avec des ef­fets d’éclai­rage temps réel et le re­tour des flou­tés de Vis­ta ; Pro­fon­deur, avec la no­tion de scrol­lings pa­ral­laxes et de 3D ; Mou­ve­ments, ef­fets de tran­si­tions ; Ma­tières et Échelle, pour des in­ter­faces qui s’adaptent des mo­biles à l’es­pace 3D des lu­nettes vir­tuelles. Parce que les images parlent plus que les mots, le mieux est en­core d’al­ler je­ter un oeil sur le site : fluent. mi­cro­soft. com. Mi­cro­soft a com­men­cé à im­plé­men­ter Fluent dans Win­dows 10 et ses Apps. On peut en voir les pre­miers ef­fets sur les ver­sions Crea­tors Up­date de la cal­cu­la­trice Win­dows, de Groove Mu­sic ou en­core de « Films et TV » . Et soyons francs, il était temps ! Me­tro avait été pen­sé pour le tac­tile et pour la consul­ta­tion d’in­for­ma­tions. Sauf qu’au­jourd’hui les Apps UWP sont avant tout uti­li­sées par des PC et par des ta­blettes 2 en 1 fa­çon Sur­face. Ré­sul­tats, les apps pa­raissent pauvres quand elles n’ont pas car­ré­ment un cô­té bi­sou­nours ! Fluent cor­rige ces er­reurs et per­met la créa­tion d’in­ter­faces uti­li­sa­teurs bien plus denses ( B8034), bien mieux adap­tées aux écrans 4K et High DPI ( P4085), et qui prennent en compte toutes les formes de sai­sie d’in­for­ma­tion, du cla­vier/ sou­ris au sty­let ( P4165), du tac­tile aux pé­ri­phé­riques de réa­li­té vir­tuelle ( B8062). Es­pé­rons seule­ment qu’avec Fluent et XAML Stan­dard, Mi­cro­soft mette en­fin entre les mains

des dé­ve­lop­peurs un ou­til de créa­tion d’in­ter­faces à la fois simple, fluide et plus im­mé­diat que l’usine à gaz Blend.

De l’Azure, de l’IA et de l’IA dans Azure

De nos jours, il n’y a pas de Mi­cro­soft sans Azure, et pas d’Azure sans IA. Toute la Key­note du pre­mier jour leur était dé­diée. Avec des moments d’émo­tion, comme lors de la pré­sen­ta­tion du Pro­jet Em­ma ( C9L03) comme pour mieux dé­mon­trer que l’In­tel­li­gence Ar­ti­fi­cielle ne mène pas né­ces­sai­re­ment au « 1984 » d’Or­well mais peut aus­si trans­for­mer des vies : grâce à Mi­cro­soft Re­search, un bra­ce­let connec­té et une bonne dose de Deep Lear­ning dans Azure, la jeune Em­ma, sty­liste at­teinte de la ma­la­die de Par­kin­son, a pu re­trou­ver l’usage de ses mains pour des­si­ner. Une dé­mons­tra­tion qui illustre qu’en ma­tière d’IoT et d’IA, la stra­té­gie de Mi­cro­soft re­pose pour l’es­sen­tiel sur Azure…

De l’IA et du Cloud pour IoT

L’avan­tage d’une IA dans le Cloud, c’est qu’elle dis­pose de res­sources presque in­fi­nies et qu’elle peut mettre son in­tel­li­gence à por­tée de n’im­porte quel dis­po­si­tif, même le plus pe­tit des IoTs ( B8024) ou le plus simple des ro­bots ( T6980). Outre son ser­vice de dé­ploie­ment, confi­gu­ra­tion et mo­ni­to­ring des IoT, Azure IoT ( P4046), Mi­cro­soft a lan­cé en pre­view Azure IoT Edge ( C9L06), qui per­met d’ap­por­ter plus d’in­tel­li­gence aux ob­jets connec­tés même lorsque ces der­niers ne dis­posent que d’une connexion très aléa­toire ( B8049).

Des ser­vices cog­ni­tifs im­pres­sion­nants

Azure Cog­ni­tive Ser­vices ex­pose au­jourd’hui 29 API boos­tées au Deep Lear­ning que tout dé­ve­lop­peur de­vant ana­ly­ser de la pa­role ( B8092), du texte ( B8090), des images ou des vi­déos de­vrait avoir es­sayées au moins une fois. Bien des lo­gi­ciels et ser­vices Mi­cro­soft s’ap­puient in­té­gra­le­ment des­sus à l’image de Cor­ta­na, du nou­veau lo­gi­ciel vi­déo Win­dows Sto­ry Re­mix, ou en­core de cette nou­velle ex­ten­sion Po­werPoint Pre­sen­ta­tion Trans­la­tor qui réa­lise en temps réel une tra­duc­tion de vos pré­sen­ta­tions dans plu­sieurs langues. Outre l’in­tro­duc­tion de nou­velles API comme Vi­deo In­dexer ( T6034) pour re­con­naître des ob­jets sur des flux vi­déo, Mi­cro­soft a lan­cé les Cog­ni­tive Ser­vices Labs pour ex­pé­ri­men­ter avant l’heure des API en cours de dé­ve­lop­pe­ment comme la Ges­ture API de re­con­nais­sance de mou­ve­ments.

Ap­pren­tis­sage et Per­son­na­li­sa­tion

Les Cog­ni­tive Ser­vices s’en­ri­chissent aus­si de nou­veaux modes aux per­son­na­li­sa­tions avan­cées : Bing Cus­tom Search ( T6021), Cus­tom Vi­sion Ser­vice ( T6022), Cus­tom De­ci­sion ( T6073). Pa­ral­lè­le­ment, Mi­cro­soft conti­nue à pro­mou­voir Azure comme la plate- forme cloud de ré­fé­rence pour im­plé­men­ter vos propres ré­seaux neu­ro­naux avec vos propres al­go­rithmes de Deep Lear­ning. Azure Batch AI Trai­ning est un nou­veau ser­vice en Pre­view pri­vée qui per­met d’en­traî­ner des DNR ( Deep Neu­ral Net­works) en ba­lan­çant mas­si­ve­ment des don­nées dans le Cloud Azure sous forme Batch. Le ser­vice per­met d’ex­pé­ri­men­ter en pa­ral­lèle vos dif­fé­rents mo­dèles AI en uti­li­sant n’im­porte quel Fra­me­work – à com­men­cer par Google Ten­sorF­low, Caffe et MS Cog­ni­tive Tool­kit – et en les en­traî­nant à grande échelle au tra­vers de fermes CPU et GPU dé­li­vrées à la de­mande par Azure. Il se­ra aus­si pos­sible d’uti­li­ser des Work­loads sur FPGA à l’ave­nir. Les dé­ve­lop­peurs peuvent ain­si en­tiè­re­ment se fo­ca­li­ser sur leurs mo­dèles sans se sou­cier le moins du monde de l’in­fra­struc­ture sous- ja­cente. Outre les as­pects évo­qués ici, Azure était à la fête avec des ses­sions dé­diées à Azure Ser­vice Fa­bric ( B8106), aux fu­turs des GPU ( B8119), aux der­nières amé­lio­ra­tions du por­tail ( P4036, T6035), aux évo­lu­tions des ou­tils de dé­ploie­ment et de ges­tion des conte­neurs au tra­vers d’Azure Contai­ner Ser­vice ( B8005), etc. On re­tien­dra aus­si l’ar­ri­vée d’Azure Cloud Shell ( C9L07) qui af­fiche un Shell en ligne de com­mandes ( Bash ou Po­werS­hell) di­rec­te­ment dans le por­tail pour pas­ser vos com­mandes de­puis le na­vi­ga­teur.

In­con­tour­nable Mi­cro­soft Graph

Chaque jour Mi­cro­soft Graph ( C9L23) s’im­pose un peu plus comme l’API in­con­tour­nable que toute en­tre­prise et tout dé­ve­lop­peur doit maî­tri­ser. Sur le pa­pier, cette API per­met d’ac­cé­der à toute la ri­chesse in­for­ma­tion­nelle conte­nue dans votre te­nant Of­fice 365 ( B8004). En pra­tique, c’est l’API que

toute ap­pli­ca­tion des­ti­née à se gref­fer à Of­fice 365 et à l’Azure Ac­tive Di­rec­to­ry se doit d’ap­pe­ler. C’est d’ailleurs la fon­da­tion d’un nombre crois­sant de ser­vices Of­fice 365 à com­men­cer par Delve et Mi­cro­soft Teams. L’API per­met de ma­ni­pu­ler les in­for­ma­tions Of­fice sans pour au­tant avoir à se gref­fer via un Plug- In aux ap­pli­ca­tions Of­fice. Jus­qu’ici Mi­cro­soft Graph – et son in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle em­bar­quée [ P4180]) per­met­tait de tra­cer des liens entre les contacts, les cour­riers, les fi­chiers, les ca­len­driers ( T6108). Lors de la Build, Mi­cro­soft a an­non­cé son ex­ten­sion aux sites et listes Sha­re­point, aux don­nées OneNote ( P4142), aux conver­sa­tions Teams mais aus­si aux ac­ti­vi­tés ain­si qu’aux de­vices uti­li­sés – et ad­mi­nis­trés au tra­vers de In­tune. Sur­pre­nante, l’ou­ver­ture de Graph aux dis­po­si­tifs offre de nou­velles pers­pec­tives en ma­tière de ges­tion de l’état des col­la­bo­ra­teurs – sont- ils en dé­pla­ce­ment, en ligne, en conf call, en voi­ture, etc. ? Mi­cro­soft Graph s’im­pose aus­si comme l’une des briques clés de Win­dows, Cor­ta­na et la nou­velle fonc­tion­na­li­té Timeline s’ap­puyant des­sus.

Teams : la plate- forme ou­verte au coeur d’Of­fice 365

Lan­cé en dé­but d’an­née, Mi­cro­soft Teams s’im­pose pe­tit à pe­tit comme la nou­velle pierre an­gu­laire de toute la ga­laxie Of­fice 365. D’au­tant que Teams s’ap­puie ty­pi­que­ment sur Of­fice Graph. Et son as­pect « plate- forme » se ren­force chaque mois. Ob­jec­tif vi­sé, per­mettre l’in­té­gra­tion de Teams avec tous les ser­vices SaaS uti­li­sés par l’en­tre­prise et avec les Apps in­ternes qu’elle dé­ve­loppe ( B8059). Ain­si, les édi­teurs tiers peuvent dé­sor­mais pu­blier des « Teams Apps » ( P4150) via l’Of­fice Store et ex­po­ser ain­si leurs ser­vices ou leurs don­nées au tra­vers des on­glets Teams ( P4157). L’an­nonce est plus ma­jeure qu’il n’y pa­raît de prime abord. Vu le poids d’Of­fice 365 dans les en­tre­prises ( http:// bit. ly/ 1TVk­q­qK), toute start- up of­frant des ser­vices bu­reau­tiques ou col­la­bo­ra­tifs se doit dé­sor­mais de cher­cher à s’in­té­grer dans Teams si elle veut avoir un ave­nir. Par ailleurs, une nou­velle fonc­tion « Com­pose Ex­ten­sions » ( P4151) per­met aux uti­li­sa­teurs de lan­cer des com­mandes ap­pe­lant les Apps in­té­grées au sein même du flux de dis­cus­sion, sans pas­ser par les on­glets et donc sans quit­ter des yeux la conver­sa­tion. Dans un même ordre d’idées, le sys­tème de No­ti­fi­ca­tions Teams ( P4132) – qui per­met no­tam­ment à une per­sonne d’être aver­tie via son flux ac­ti­vi­té de tout ce qui est nou­veau dans les dis­cus­sions aux­quelles elle par­ti­cipe ou aux­quelles elle est conviée – s’ouvre lui aus­si aux évé­ne­ments pro­duits par les Apps tierces. L’un des as­pects clés de ces no­ti­fi­ca­tions ou­vertes, c’est qu’elles peuvent être in­ter­ac­tives et, donc, de­man­der à l’uti­li­sa­teur de réa­li­ser une ac­tion : con­fir­mer un élé­ment, choi­sir dans une liste d’op­tions, sai­sir une ré­ponse, etc. Le sys­tème est d’ailleurs à la fois souple et simple à mettre en oeuvre puis­qu’il s’ap­puie sur l’idée d’Adap­tive Cards – aus­si ap­pe­lées Mes­sage Cards –, un simple fi­chier JSON qui sert de fon­da­tion aux « connec­teurs Of­fice 365 » . Ces der­niers consti­tuent un moyen simple de pu­blier/ ré­col­ter des in­for­ma­tions au sein de la ga­laxie Of­fice 365 et sont pour l’ins­tant re­con­nus par Out­look et par Teams. Au­tre­ment dit, les Mes­sage Cards per­mettent à la fois de créer des e- mails in­ter­ac­tifs ( « Ac­tion­nables » se­lon les termes Mi­cro­soft) pour Out­look ( P4127) et des mes­sages in­ter­ac­tifs pour les dis­cus­sions Teams ( P4132). Nul doute qu’ils vont jouer à l’ave­nir un rôle es­sen­tiel dans la ga­laxie Of­fice 365. Une preuve sup­plé­men­taire de la place cen­trale que Teams va oc­cu­per à l’ave­nir dans cette ga­laxie. Pour dé­cou­vrir et ex­pé­ri­men­ter les Mes­sa­geCards, Mi­cro­soft a mis en place un bac à sable en ligne très pra­tique : https:// mes­sa­ge­card­play­ground. azu­re­web­sites. net/

POUR MI­CRO­SOFT, LA RÉA­LI­TÉ MIXTE EST L’UN DES GRANDS DO­MAINES D’IN­NO­VA­TION DE DE­MAIN. WIN­DOWS FOUR­NIT TOUTES LES API NÉ­CES­SAIRES POUR AC­CÉ­LÉ­RER LE DÉ­VE­LOP­PE­MENT D’AP­PLI­CA­TIONS AR ET VR. LE CIRQUE DU SO­LEIL A RÉA­LI­SÉ L’UNE DES DÉ­MONS­TRA­TIONS LES PLUS...

AZURE COG­NI­TIVE SER­VICES EX­POSE AU­JOURD’HUI 29 API BOOS­TÉES AU DEEP LEAR­NING.

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