À la pointe !

French Tech Brest + À la pointe ! Après Rennes et Saint- Ma­lo, c’est toute la Basse- Bre­tagne qui est re­pré­sen­tée dans ce nou­vel épi­sode de notre Tour de France des mé­tro­poles French Tech. Car la French Tech Brest + ras­semble pas moins de quatre ag­glo­mér

L'Informaticien - - SOMMAIR - GUILLAUME PéRISSAT

La French Tech a pour des­sein de fé­dé­rer les éco­sys­tèmes au ni­veau na­tio­nal mais aus­si lo­cal. Dans la pointe de la Bre­tagne, on pour­ra sans risque par­ler d’un ter­ri­toire élar­gi. Brest por­tait le dos­sier de la­bel­li­sa­tion. Pen­sait- on que la mé­tro­pole n’au­rait pas les reins as­sez so­lides ? Ou bien était- ce une en­tente entre Bas- Bre­tons ? Tou­jours est- il que, trois tech­no­poles plus tard, l’Ouest de la Bre­tagne a ob­te­nu son la­bel : French Tech Brest +, le « + » si­gni­fiant qu’il faut y ajou­ter deux autres ag­glo­mé­ra­tions du Fi­nis­tère, Quim­per et Mor­laix, ain­si que Lan­nion dans les Côtes d’Ar­mor. Mal­gré l’éloi­gne­ment géo­gra­phique, Na­tha­lie Ni­co­las, en charge de la com­mu­ni­ca­tion au sein de l’équipe French Tech Brest + ne dé­plore au­cune dif­fi­cul­té à faire tra­vailler tout le monde en­semble. « On réunit les ag­glo­mé­ra­tions quatre fois par an pour par­ta­ger la feuille de route et échan­ger sur les mis­sions et les ac­tions » , nous in­dique- t- elle. Le bu­reau exé­cu­tif, ras­sem­blant ins­ti­tu­tion­nels et en­tre­pre­neurs, se ras­semble quant à lui tous les mois. Dans les en­tre­prises in­ter­ro­gées, per­sonne ne semble non plus ef­frayé de cette dis­per­sion, on évoque « une conscience po­li­tique des élus à tous les étages quant aux en­jeux du nu­mé­rique » . Les tech­no­poles et les col­lec­ti­vi­tés tra­vaillent en­semble de longue date et la French Tech est ve­nue ren­for­cer ce dy­na­misme.

Un pe­tit coin de Bre­tagne

Par ailleurs, la struc­ture bre­tonne dans sa par­tie opé­ra­tion­nelle re­pose sur ces quatre tech­no­poles : Brest- Iroise, An­ti­ci­pa Lan­nion- Tre­gor et Quim­perCor­nouaille ; et le pôle in­no­va­tion du Pays de Mor­laix pour être tout à fait pré­cis. Même si cha­cune fonc­tionne dif­fé­rem­ment, elles portent les ini­tia­tives sur le ter­ri­toire et semblent en être les ac­teurs de ré­fé­rence. On com­pren­dra comment s’est struc­tu­rée l’équipe de la French Tech Brest +. Com­po­sée de cinq membres, quatre d’entre eux sont ré­fé­rents – un par tech­no­pole – et un der­nier en charge de Ouest Star­tup, pro­gramme d’ac­cé­lé­ra­tion en 17 se­maines pour 13 start- up de la ré­gion. Autre ca­rac­té­ris­tique de cet éco­sys­tème bas- bre­ton : la forte im­plan­ta­tion de grands groupes. No­kia, Thales, Ar­kea et Orange semblent in­con­tour­nables. On no­te­ra qu’une grande par­tie des fon­da­teurs des start- up sé­lec­tion­nées pour ce dos­sier est is­sue des rangs d’Orange Labs. Ce qui ex­plique sû­re­ment pour­quoi tout le monde se connaît de Brest à Lan­nion. Outre le cô­té « pe­tit vil­lage » qui nous est rap­por­té dans chaque mé­tro­pole mais qui ap­pa­raît être tou­jours une réa­li­té.

Des jeunes et des moins jeunes

On ne peut dire que les French Tech sont an­ciennes. Évi­dem­ment, les éco­sys­tèmes ont pré­cé­dé le lan­ce­ment de ce pro­jet na­tio­nal mais le la­bel n’a que cinq ans. Pour­tant, Brest + est une jeune French Tech, elle fait par­tie de la der­nière vague de la­bel­li­sa­tion en sep­tembre der­nier. Un pe­tit nou­veau com­pa­ré à Lille, Bor­deaux ou en­core Lyon. À ce titre, la French Tech Brest + ne dis­pose pas en­core

de son bâ­ti­ment to­tem, L’Ate­lier des Ca­pu­cins, en cours de construc­tion. Ce qui n’em­pêche pas nos cinq chefs d’en­tre­prise d’être en­thou­siastes, tant pour l’im­pact du la­bel que pour les ac­tions de la struc­ture lo­cale. En pre­mier lieu, la French Tech est vue comme un ou­til de com­mu­ni­ca­tion. « Dif­fi­cile de par­ler d’un ap­port tan­gible » , sou­ligne Laurent Hué, PDG de Saoo­ti, « On est sur quelque chose qui a trait à la va­lo­ri­sa­tion des en­tre­prises in­no­vantes » . La vi­si­bi­li­té est sur­tout na­tio­nale, une chance dont pro­fite cette ex­tré­mi­té ouest de l’Hexa­gone, qui se­ra pro­chai­ne­ment à trois heures seule­ment de Pa­ris, per­met­tant plus de « flexi­bi­li­té » dans la prise de ren­dez- vous. Aux yeux de Na­tha­lie Ni­co­las, « La la­bel­li­sa­tion French Tech montre sur la carte un éco­sys­tème nu­mé­rique qui vit. » Tous évoquent d’ailleurs un évé­ne­ment qui semble avoir du­ra­ble­ment mar­qué les es­prits. Le Ti­cket To Pitch s’est te­nu en oc­tobre der­nier. Cette ma­ni­fes­ta­tion met en re­la­tion start- up, PME et ces fa­meux grands groupes. L’oc­ca­sion pour les « vieilles » en­tre­prises de se rap­pro­cher de jeunes so­cié­tés por­teuses de pro­jets et in­ver­se­ment. Pour Anne Calvez, fon­da­trice d’Eq­wall, c’est là jus­te­ment tout l’en­jeu de la French Tech : consi­dé­rer toutes les en­tre­prises im­por­tantes dans le fonc­tion­ne­ment de l’éco­sys­tème et ne pas se dé­dier ex­clu­si­ve­ment à la start- up. Dans l’Ouest bre­ton, cette mis­sion semble lan­cée sur de bonnes voies. ❍

Le Ti­cket To Pitch réunit start- up, PME et grandes en­tre­prises au­tour d’un thème com­mun. En juin, les Food­Tech !

La Tech­no­pole de Brest est idéa­le­ment si­tuée face à la mer. Le fu­tur bâ­ti­ment to­tem de la French Tech Brest + – au centre – n’au­ra rien à lui en­vier.

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