Édouard de Ré­mur ( Oo­drive) : « Nous vou­lons une po­si­tion forte en Eu­rope, être un ac­teur in­con­tour­nable »

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Avec Sta­nis­las de Ré­mur, son frère, et Cé­dric Mer­milliod, un ami d’en­fance, Édouard de Ré­mur a fon­dé Oo­drive en sep­tembre 2000. Dix- sept ans plus tard, l’en­tre­prise vient de le­ver 65 mil­lions d’eu­ros pour pour­suivre son dé­ve­lop­pe­ment in­ter­na­tio­nal et pro­cé­der à de nouvelles ac­qui­si­tions.

QUEL EST LE MAN­TRA D’OO­DRIVE ? ❚ Édouard de Ré­mur : Notre en­tre­prise a été créée avec un ADN qui s’ar­ti­cule au­tour du do­cu­ment sen­sible. C’est la co­lonne ver­té­brale. Toutes nos so­lu­tions s’ar­ti­culent au­tour de ce do­cu­ment sen­sible pour sau­ve­gar­der et ar­chi­ver, par­ta­ger et lui ap­por­ter de la confiance avec la si­gna­ture ou l’ho­ro­da­tage : voi­là notre coeur de mé­tier. Notre crois­sance s’est réa­li­sée de ma­nière or­ga­nique et ex­terne en ra­che­tant huit en­tre­prises, à la fois pour ac­qué­rir des tech­no­lo­gies mais éga­le­ment pour ga­gner des parts de mar­ché. Au­jourd’hui, l’en­tre­prise compte près de 380 col­la­bo­ra­teurs ma­jo­ri­tai­re­ment en France et à Pa­ris. Nous dis­po­sons de fi­liales à Mu­nich, Bruxelles, Ma­drid, Sao Pau­lo, Sin­ga­pour et un pe­tit bu­reau en Suisse. Nous avons réa­li­sé 42 mil­lions d’eu­ros de chiffres d’af­faires en 2016 et nous sommes en ligne avec nos ob­jec­tifs. La der­nière le­vée de fonds a un même ob­jec­tif : ac­qui­si­tion et ac­cé­lé­ra­tion de la crois­sance. Nous re­gar­dons plu­sieurs cibles. Nous avons ac­quis SSL Eu­ro­pa cet été pour amé­lio­rer notre lea­der­ship sur le cer­ti­fi­cat. Nous dis­po­sions de CertEu­rope mais ce­la ren­force notre po­si­tion sur les cer­ti­fi­cats SSL afin de com­plé­ter notre gamme Trust. Et nous es­pé­rons an­non­cer une autre ac­qui­si­tion d’ici à la fin de l’an­née. VOUS AVEZ RÉUS­SI À IN­TÉ­GRER VOS AC­QUI­SI­TIONS, CE QUI N’EST PAS TOU­JOURS FA­CILE ? ❚ Nous avons dé­sor­mais une vé­ri­table ex­per­tise dans l’in­té­gra­tion d’en­tre­prises ; ce qui s’avère par­fois une opé­ra­tion très ris­quée no­tam­ment au ni­veau des col­la­bo­ra­teurs. Si les per­sonnes clés n’adhèrent pas au pro­jet lors du ra­chat, c’est un échec et on perd du temps et de l’ar­gent. Les ta­lents sont un fac­teur de ra­len­tis­se­ment ou d’ac­cé­lé­ra­tion de crois­sance. L’hu­main est une va­leur forte. Nous at­ta­chons beau­coup d’im­por­tance au bien- être de nos sa­la­riés. D’abord parce que c’est un élé­ment de culture. Mais c’est aus­si un élé­ment im­por­tant pour le re­cru­te­ment. Le re­cru­te­ment de dé­ve­lop­peurs est par­ti­cu­liè­re­ment ten­du, no­tam­ment grâce au Cré­dit Im­pôt Re­cherche ( CIR) qui donne une grande com­pé­ti­ti­vi­té à la France. C’est ain­si que nous avons vu des en­tre­prises

étran­gères im­plan­ter leur R& D en France car il y a non seule­ment des ta­lents re­con­nus mais aus­si les aides du CIR qui sont réel­le­ment consé­quentes. Et nous avons fait le choix de ne pas nous battre uni­que­ment sur le sa­laire. Mais éga­le­ment sur les condi­tions de tra­vail, l’ac­cueil, la qua­li­té de l’en­vi­ron­ne­ment de tra­vail, l’at­mo­sphère. De là a dé­cou­lé une culture. On a lar­ge­ment in­ves­ti dans la qua­li­té de nos lo­caux. Et c’est réel­le­ment im­por­tant pour in­té­grer les per­sonnes clés des so­cié­tés ra­che­tées. L’équipe DRH compte huit per­sonnes, ce qui est im­por­tant pour une en­tre­prise de notre taille. EN TERME DE DÉ­VE­LOP­PE­MENT IN­TER­NA­TIO­NAL, QUELS SONT VOS AXES PRIN­CI­PAUX ? ❚ La prio­ri­té est clai­re­ment l’Eu­rope. Nous vou­lons une po­si­tion forte en Eu­rope, être un ac­teur in­con­tour­nable. L’Eu­rope est en avance sur le plan ré­gle­men­taire et cet en­vi­ron­ne­ment ré­gle­men­taire est fa­vo­rable à notre en­tre­prise. Ces normes fa­vo­risent des construc­teurs eu­ro­péens. ET LES ÉTATS- UNIS ? ❚ Les États- Unis ne fi­gurent pas dans notre stra­té­gie à court- terme. C’est un mar­ché très coû­teux, très com­pé­ti­tif où nos prin­ci­paux concur­rents sont im­plan­tés avec une lé­gi­ti­mi­té. Quant à l’Asie et l’Amé­rique du Sud, nous sommes pré­sents prin­ci­pa­le­ment pour ac­com­pa­gner nos clients in­ter­na­tio­naux dans les ré­gions où eux­mêmes sont ins­tal­lés. Par exemple, pour plu­sieurs clients du luxe, nous avons ou­vert un centre d’hé­ber­ge­ment à Shan­ghaï pour ces clients qui ont une ac­ti­vi­té forte en Chine. La ques­tion de la confi­den­tia­li­té des in­fos est pri­mor­diale. Le chif­fre­ment doit être de très haute qua­li­té. Nos clients peuvent choi­sir dans quel pays leurs do­cu­ments sont sto­ckés se­lon la na­ture du do­cu­ment D’AU­CUNS DOUTENT DE L’AS­SO­CIA­TION HEXATRUST, LUI RE­PRO­CHANT D’ÊTRE TROP FRAN­CO- FRAN­ÇAISE ? ❚ Non, c’est une ex­cel­lente ini­tia­tive et nous al­lons très pro­chai­ne­ment re­joindre Hexatrust. Dans tous les cas, nous en avons fait la de­mande. Il est in­té­res­sant de se mettre au­tour de la table. Nous avons des points com­muns, nous avons aus­si sou­vent les mêmes clients et ne sommes pas concur­rents né­ces­sai­re­ment. QUELS SONT LES POINTS FORTS DE VOS SO­LU­TIONS ? ❚ Notre pre­mier point fort est d’être des ex­perts du Cloud. Ce­la fait 17 ans que nous tra­vaillons sur ce su­jet. En 2000 nous pas­sions pour des ov­nis. Il est im­pos­sible de s’im­pro­vi­ser édi­teur cloud du jour au len­de­main. Il y a des en­jeux en termes de per­for­mances et de sé­cu­ri­té. Comme je le di­sais au dé­but : le do­cu­ment sen­sible est notre ADN et nos pre­miers clients sont ar­ri­vés pour cette rai­son, LVMH, Uni­ver­sal Mu­sic ou Fra­ma­tome. Notre ex­per­tise vient na­ti­ve­ment en­tre­prise. On ne vient pas du grand pu­blic. L’autre point fort de nos so­lu­tions ré­side dans la sé­cu­ri­té. C’est quelque chose qui est pen­sé glo­ba­le­ment. En ef­fet, il y a la sé­cu­ri­té des lo­gi­ciels et des don­nées mais éga­le­ment la sé­cu­ri­té phy­sique. Nous avons in­tro­duit des por­tiques dans nos bu­reaux avec des pro­cé­dures très strictes pour cer­tains ac­cès. De même, nous sommes au­di­tés plu­sieurs fois par an et cha­cun de ces au­dits peut du­rer plu­sieurs se­maines. La sé­cu­ri­sa­tion est sou­vent du dé­cla­ra­tif. C’est pour­quoi il faut des cer­ti­fi­ca­tions. Cer­taines so­lu­tions per­mettent que l’édi­teur puisse avoir ac­cès aux do­cu­ments sur de­mande à des fins d’aide ou de sup­port. C’est un trou de sé­cu­ri­té énorme, car n’im­porte la­quelle de ces per­sonnes peut être cor­rom­pue d’une ma­nière ou d’une autre. Notre vi­sion est de pro­po­ser une plate- forme en 2018 avec un seul lieu de sto­ckage. Notre ob­jec­tif est d’avoir un lieu de sto­ckage unique et des mo­dules à ac­ti­ver en fonc­tion des be­soins et des cas d’usage. Dès lors, le client dis­pose d’un seul contrat, d’une même er­go­no­mie pour l’en­semble de ses ap­pli­ca­tions liées à la ges­tion des do­cu­ments sen­sibles et aus­si une seule so­lu­tion à au­di­ter dans le cadre du contrôle de la sé­cu­ri­té. Tout ce­ci sim­pli­fie énor­mé­ment le fonc­tion­ne­ment dans l’en­tre­prise. QUID DE LA BLO­CK­CHAIN ? ❚ On a des équipes qui re­gardent mais nous n’avons pas en­core trou­vé l’ap­pli­ca­tion par­faite pour ce type de tech­no. Nous par­ti­ci­pons à des fo­rums et groupes de tra­vail sur ce do­maine.

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