L’IA et l’IoT : des ob­jets en­core plus in­tel­li­gents

DES OB­JETS EN­CORE PLUS IN­TEL­LI­GENTS

L'Informaticien - - SOMMAIRE -

« Ima­gi­nez par exemple que dans une mine, une fo­reuse com­mence à chauf­fer. On en­voie un mes­sage à l’ou­vrier pour qu’il bride la ma­chine, ou pour qu’on le fasse au­to­ma­ti­que­ment à sa place. De plus, nous al­lons com­mu­ni­quer aux fo­reuses alen­tours qu’elles fonc­tionnent bien et qu’elles peuvent ac­cé­lé­rer pour com­bler la baisse de ré­gime de la pre­mière fo­reuse. L’idée est donc que les sys­tèmes se parlent. Ici, l’In­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle in­ter­vient sur la ca­pa­ci­té de fil­trage et sur l’en­ri­chis­se­ment des don­nées. Par la suite, il se­ra aus­si pos­sible d’ana­ly­ser a pos­te­rio­ri les im­pacts des me­sures prises par un tel sys­tème et donc de l’en­ri­chir à l’in­fi­ni. » Ce scé­na­rio, pas si loin­tain, est un exemple de ce que peut ap­por­ter l’In­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle au monde de l’in­dus­trie 4.0 et, plus lar­ge­ment, à ce­lui de l’In­ter­net des Ob­jets. C’est l’édi­teur de lo­gi­ciels Soft­ware AG qui nous a dé­crit ce scé­na­rio qui com­bine plu­sieurs « di­men­sions » de l’IA. Tout d’abord, la puis­sance ma­té­rielle des ob­jets qui per­met dé­sor­mais d’em­bar­quer des lo­gi­ciels do­tés d’une ca­pa­ci­té de trai­te­ment des al­go­rithmes sous forme de mo­dules mo­biles. « Notre sa­voir- faire est prin­ci­pa­le­ment dans le midd­le­ware. En ma­tière d’op­ti­mi­sa­tion des flux de mes­sages, nous pou­vons par exemple mettre en place des al­go­rithmes d’IA de sé­cu­ri­té pour iden­ti­fier des com­por­te­ments étranges, ce que nous n’au­rions pas pu faire avant » , ex­plique Da­vid Mi­lot, vice- pré­sident So­lu­tions EMEA chez Soft­ware AG. Mais, sur­tout, l’IA dé­barque dé­sor­mais di­rec­te­ment au sein des ob­jets connec­tés, des cap­teurs. « Nous sommes sur ce que l’on ap­pelle le « front edge » , au plus près du cap­teur » , pour­suit- il. Si l’on parle dé­sor­mais de « front edge » , c’est parce qu’il existe un « back edge » . Dans une usine, le front edge est l’ul­time ob­jet connec­té, mais il est fé­dé­ré par un back edge qui cen­tra­lise les don­nées. « Sur l’exemple pré­cé­dent, ce se­rait la co­or­di­na­tion lo­cale entre les fo­reuses. Il s’agit donc d’une vé­ri­table seg­men­ta­tion du trai­te­ment de l’in­for­ma­tion, mais aus­si d’une di­ver­si­fi­ca­tion des ac­teurs in­té­res­sés par ces da­tas. Par exemple, chez un avion­neur, la main­te­nance se­ra in­té­res­sée par les in­for­ma­tions is­sues des ou­tils et des ma­chines, mais éga­le­ment les construc­teurs des ou­tils ! » , ajoute Da­vid Mi­lot.

Dans l’IoT, de fu­tures grandes ques­tions…

En France, si nous dis­po­sons de cher­cheurs mon­dia­le­ment re­con­nus, les re­cherches s’orientent glo­ba­le­ment vers l’In­tel­li­gence aug­men­tée. Les tech­niques prin­ci­pa­le­ment uti­li­sée sont les mêmes, à sa­voir le Ma­chine Lear­ning, le Deep Lear­ning et le prin­cipe des ré­seaux neu­ro­naux. Un autre champ de re­cherche est ce­lui de l’aide à la dé­ci­sion en temps réel. Cette der­nière no­tion est d’ailleurs sou­vent rat­ta­chée à l’IA car, au­jourd’hui, la puis­sance de cal­cul com­bi­née à la ro­bus­tesse des ré­seaux le per­met, même si ce n’est pas tou­jours né­ces­saire. Mais dans cer­tains cas, l’IA va con­crè­te­ment chan­ger les choses avec son en­trée sur les ob­jets connec­tés. Et peut- être plus ra­pi­de­ment que ce que l’on pense : les montres et autres bra­ce­lets connec­tées se­ront pro­ba­ble­ment les pre­miers concer­nés. D’abord se pose de plus en plus la ques­tion de qui est pro­prié­taire de la don­née, ain­si que de son trai­te­ment, de sa lo­ca­li­sa­tion, etc. Mais sur­tout, dans ce cas pré­cis, qui traite de la don­née de san­té en ré­col­tant les bat­te­ments de coeur, etc., une autre ques­tion va bien­tôt se po­ser : avec les ca­pa­ci­tés de trai­te­ment de la don­née, cou­plées aux mé­ca­nismes d’IA, qui au­ra la res­pon­sa­bi­li­té de la don­née ? Et d’ima­gi­ner de fu­turs cas : en cas de crise car­diaque, par exemple, du por­teur d’un bra­ce­let connec­té, à qui in­combe la res­pon­sa­bi­li­té si la per­sonne n’est pas pré­ve­nu dans les temps ? ❍

NOUS POU­VONS METTRE EN PLACE DES AL­GO­RITHMES D’IA DE SÉ­CU­RI­TÉ POUR IDEN­TI­FIER DES COM­POR­TE­MENTS ÉTRANGES, CE QUE NOUS N’AU­RIONS PAS PU FAIRE AVANT Da­vid Mi­lot, vice- pré­sident So­lu­tions EMEA chez Soft­ware AG

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