En­ceintes in­tel­li­gentes : au ser­vice des en­tre­prises aus­si ?

AU SER­VICE DES EN­TRE­PRISES AUS­SI ?

L'Informaticien - - SOMMAIRE - Jé­RôME CARTEGINI

Les géants de la high- tech Ama­zon, Google, Apple et Microsoft se dis­putent le mar­ché très pro­met­teur des en­ceintes in­tel­li­gentes. Créée il y a trois ans par Ama­zon avec la gamme Echo, cette nou­velle ca­té­go­rie de pro­duits do­pée à l’In­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle a vo­ca­tion à as­sis­ter les uti­li­sa­teurs dans leurs tâches quo­ti­diennes. Des­ti­nés jus­qu’ici à un usage per­son­nel, ces as­sis­tants vir­tuels pour­raient s’in­vi­ter du­ra­ble­ment dans le monde de l’en­tre­prise… Dé­cryp­tage.

Ba­sés sur l’In­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, les pre­miers as­sis­tants vir­tuels à re­con­nais­sance vo­cale ca­pables d’in­ter­agir avec les hu­mains ont com­men­cé à faire leur ap­pa­ri­tion sur les smart­phones avec Si­ri, Google As­sis­tant, ou en­core Cor­ta­na. Au­jourd’hui, la plu­part des géants de l’in­dus­trie high- tech se sont en­gouf­frés dans la brèche des as­sis­tants vir­tuels qu’ils in­tègrent dans toutes sortes d’équi­pe­ments : voi­tures, ré­fri­gé­ra­teurs, té­lé­vi­seurs, consoles de jeux, or­di­na­teurs, etc. Mais c’est Ama­zon qui a vé­ri­ta­ble­ment créé la sur­prise en 2014 en lan­çant Echo, la toute pre­mière en­ceinte in­tel­li­gente du mar­ché équi­pée de l’as­sis­tant vir­tuel mai­son Alexa. Au dé­part, l’idée d’Am d’Ama­zon était de pro­po­ser un ap­pa­reil po pour la mai­son per­met­tant de com­mand man­der fa­ci­le­ment des ar­ticles sur son site, mais m ce der­nier va fi­na­le­ment pro­po­ser bien plus que ce­la. Dé­ve­lop­pé par le Lab126 d’Ama­zon, l’as­sis­tant vir­tuel A Alexa lan­cé si­mul­ta­né­ment avec l’ence l’en­ceinte Echo est ca­pable d’in­tera

gir vo­ca­le­ment avec les uti­li­sa­teurs et d’exé­cu­ter une mul­ti­tude de tâches : lan­cer une web ra­dio, ré­gler des alarmes, in­di­quer toutes sortes d’in­for­ma­tions en temps réel ( état du tra­fic, mé­téo, ac­tua­li­tés…) et pi­lo­ter d’autres ob­jets connec­tés de la mai­son : lampes, té­lé­vi­seurs, chauf­fage… Un vé­ri­table coup de gé­nie d’Ama­zon qui a fait d’em­blée un vé­ri­table car­ton aux États- Unis, tout en créant l’un des nou­veaux mar­chés les plus pro­met­teurs de la dé­cen­nie. En 2016, Google lui em­boîte le pas et lance à son tour son haut- par­leur in­tel­li­gent mai­son Google Home et son as­sis­tant vir­tuel Google As­sis­tant aux États- Unis, puis un an plus tard dans le reste du monde. Alors que les mo­dèles très at­ten­dus, Ho­mePod d’Apple et In­voke de Microsoft, ne sont tou­jours pas com­mer­cia­li­sés, plu­sieurs construc­teurs tels que So­ny, LG, Pa­na­so­nic, ou en­core le Fran­çais In­voxia ont lan­cé leurs propres mo­dèles in­té­grant les as­sis­tants vir­tuels Google As­sis­tant ou Ama­zon Alexa. Se­lon e- Mar­ker, Ama­zon truste pas moins de 70,6 % de parts de mar­ché des haut­par­leurs in­tel­li­gents en 2017, contre 23,8 % pour Google. Bien qu’il ne soit pré­sent pour le mo­ment que sur les mar­chés des États- Unis, de l’Al­le­magne, du Royaume- Uni, du Ja­pon et de l’Inde, le géant de l’e- com­merce a dé­jà écou­lé plus de 20 mil­lions d’Echo. À l’oc­ca­sion de son évé­ne­ment an­nuel re: Invent 2017, qui s’est

ENCHAÎNANT EN LES SUC­CÈS, LE FON­DA­TEUR D’AMA­ZON, JEFF JE BE­ZOS, EST DE­VE­NU EN 2017 L’HOMME LE PLUS RIC RICHE DU MONDE AVEC UNE FOR­TUNE ES­TI­MÉE À 99 MIL­LIARDS M DE DOL­LARS ( Source Bloom­berg).

dé­rou­lé à Las Ve­gas du 27 no­vembre au 1er dé­cembre, Ama­zon a an­non­cé le lan­ce­ment de sa gamme d’en­ceintes in­tel­li­gentes dans 28 nou­veaux pays ( mais tou­jours pas la France), ain­si qu’une ver­sion spé­ciale en­tre­prise bap­ti­sée Alexa for bu­si­ness.

Alexa for Bu­si­ness ou le col­la­bo­ra­teur 3.0

Ama­zon semble dé­ci­dé­ment avoir tou­jours un coup d’avance sur ses concur­rents. Fort du suc­cès in­croyable de ses en­ceintes Echo, il a an­non­cé le lan­ce­ment d’une dé­cli­nai­son dé­diée au monde de l’en­tre­prise. Cette ver­sion pro bap­ti­sée « Alexa for Bu­si­ness » per­met aux en­tre­prises de dé­ployer l’as­sis­tant vir­tuel sur leur ré­seau pour as­sis­ter les em­ployés et au­to­ma­ti­ser dif­fé­rentes tâches. L’as­sis­tant vo­cal est par exemple ca­pable de gé­rer des plan­nings, contrô­ler des équi­pe­ments au­dio- vi­déo pour la pla­ni­fi­ca­tion de réunions, lan­cer des im­pres­sions de do­cu­ments, ou en­core de re­cher­cher des in­for­ma­tions : der­nières don­nées sur les ventes, ni­veaux des stocks, cours des ac­tions en Bourse, etc. Pour ce­la, il suf­fit d’in­ter­agir avec l’as­sis­tant en po­sant des ques­tions de fa­çon na­tu­relle exac­te­ment comme on le fe­rait avec un col­lègue. « Que vous soyez au bu­reau ou à do­mi­cile, Alexa per­met de res­ter or­ga­ni­sé et con­cen­tré sur ce qui compte vrai­ment. Il sim­pli­fie l’or­ga­ni­sa­tion de confé­rences té­lé­pho­niques et de réunions en per­met­tant aux par­ti­ci­pants de contrô­ler les équi­pe­ments connec­tés de la pièce par de simples com­mandes vo­cales » , a dé­cla­ré Wer­ner Vo­gels, le di­rec­teur tech­nique d’AWS ( Ama­zon Web Ser­vices) lors de la confé­rence. La firme met à dis­po­si­tion des en­tre­prises une API Alexa for Bu­si­ness ou­verte afin de leur per­mettre d’in­té­grer des s sys y s tèmes et équi­pe­ments tiers. Un « kit de com­pé­tences Alexa » four­nit par ailleurs les ou­tils et la do­cu­men­ta­tion né­ces­saire pour ai­der les ser­vices in­for­ma­tiques à dé­ployer l’as­sis­tant et créer des fonc­tions per­son­na­li­sées qui s’in­tègrent aux ap­pli­ca­tions de l’en­tre­prise. Avec le ta­bleau de bord en ligne d’Alexa for Bu­si­ness, l’ad­mi­nis­tra­teur in­for­ma­tique peut gé­rer jus­qu’à 25 ap­pa­reils si­mul­ta­né­ment, dé­fi­nir leur em­pla­ce­ment, et leur as­si­gner des com­pé­tences ( skill en an­glais) pu­bliques et pri­vées. Outre les salles de réunion, les ap­pa­reils Alexa par­ta­gés peuvent être utilisées dans les par­ties com­munes en pé­ri­phé­rie du lieu de tra­vail pour gui­der des vi­si­teurs, par exemple. Ils peuvent être éga­le­ment connec­tés à des postes de tra­vail in­di­vi­duels et pas­ser des ap­pels té­lé­pho­niques en mode mains libres, gé­rer un ca­len­drier, en­voyer des mes­sages, etc. Comme la ver­sion grand pu­blic, Alexa for Bu­si­ness peut dé­li­vrer toutes sortes d’in­for­ma­tions, mais aus­si contrô­ler di­vers équi­pe­ments connec­tés dans les bu­reaux comme les stores, les lu­mières, l’air con­di­tion­né, etc. Les as­sis­tants vo­caux Echo pos­sède na­ti­ve­ment plus de trois mille com­pé­tences. L’en­tre­prise Ca­pi­tal One, qui fait par­tie des pre­miers clients d’Alexa for Bu­si­ness, est une banque di­ver­si­fiée

qui pro­pose des pro­duits et ser­vices fi­nan­ciers aux par­ti­cu­liers, pe­tites en­tre­prises et clients com­mer­ciaux. Su­rya Avir­ne­ni, in­gé­nieur prin­ci­pal de Ca­pi­tal One livre son ex­pé­rience sur le dé­ve­lop­pe­ment d’une com­pé­tence sur Alexa spé­ci­fique à la banque : « Nos res­pon­sables tech­no­lo­giques at­tendent une vi­si­bi­li­té per­ma­nente de l’in­fra­struc­ture AWS dans tous nos sec­teurs d’ac­ti­vi­té. Nous avions créé une com­pé­tence per­met­tant à nos équipes de consul­ter ra­pi­de­ment l’état de nos sys­tèmes ou de de­man­der des mises à jour spé­ci­fiques concer­nant des évé­ne­ments très graves, mais il nous fal­lait trou­ver le moyen de mettre cette com­pé­tence à la dis­po­si­tion de nos équipes sans la pu­blier dans l’Alexa Skills Store ( NDRL : la bou­tique en ligne de com­pé­tences dé­ployée par Ama­zon). Alexa for Bu­si­ness nous per­met de pu­blier des com­pé­tences pour un usage in­terne uni­que­ment et, grâce aux API Alexa for Bu­si­ness, nous créons des ca­pa­ci­tés de dé­cou­verte de com­pé­tence et d’au­to- ins­crip­tion pour nos em­ployés. »

Une plate- forme évo­lu­tive

Ama­zon a noué de nom­breux par­te­na­riats afin de dé­cu­pler les pos­si­bi­li­tés d’Alexa en en­tre­prise. L’un des plus sur­pre­nants, mais ô com­bien stra­té­gique, est ce­lui conclu avec son concur­rent Microsoft. Les deux géants amé­ri­cains qui se dis­putent de nom­breux mar­chés, dont ce­lui des en­ceintes in­tel­li­gentes, ont dé­ci­dé de faire cause com­mune pour rendre leurs as­sis­tants vir­tuels com­pa­tibles avec leurs mo­dèles res­pec­tifs. Con­crè­te­ment, Alexa peut dé­sor­mais conver­ser avec Cor­ta­na et vice- ver­sa. Les deux concur­rents y trouvent un in­té­rêt ra­di­ca­le­ment dif­fé­rent. Pour Microsoft, ab­sent du com­merce en ligne, c’est l’oc­ca­sion de pro­po­ser aux uti­li­sa­teurs de son as­sis­tant vir­tuel la pos­si­bi­li­té d’ef­fec­tuer fa­ci­le­ment des achats en ligne. Cô­té Ama­zon, l’in­té­gra­tion de Cor­ta­na dans Echo per­met à ses clients pro­fes­sion­nels d’ac­cé­der aux fonc­tions d’Of­fice 365. La firme de Jeff Be­zos a éga­le­ment an­non­cé avoir si­gné des par­te­na­riats avec des so­cié­tés telles que Sa­les­force, Con­cur, Splunk, JPL, ou en­core WeWork. À terme, Alexa for Bu­si­ness B pour­ra pi­lo­ter te di­verses suites lo­gi­cielles lo pro­fes­sion­nelles n dont Google’s G Suite Su ou Ex­change et per­mettre pe de contrô­ler à la l voix des lo­gi­ciels de ges­tion de la re­la­tion client clie ( CRM) comme Sa­les­force Sal Sales Cloud. Sur le pa­pier, le dé­ve­lop­pe­ment pem d’Alexa dans le monde m de l’en­tre­prise semble vrai­ment

très pro­met­teur. Omar Ja­vaid, di­rec­teur de pro­duit chez Vo­nage, une so­cié­té spé­cia­li­sée dans les com­mu­ni­ca­tions sur le Cloud pour les en­tre­prises, livre ses pre­mières im­pres­sions sur Alexa for Bu­si­ness cou­plé au ser­vice de vi­sio­con­fé­rence pro­fes­sion­nel Ama­zon Chime : « Vo­nage s’at­tache à uti­li­ser les ser­vices de com­mu­ni­ca­tion dans le Cloud pour of­frir de meilleurs ré­sul­tats d’af­faires à ses clients en per­met­tant aux en­tre­prises de ga­gner en pro­duc­ti­vi­té chaque jour, par­tout dans le monde. Vo­nage met dé­jà Ama­zon Chime Pro à la dis­po­si­tion de ses clients pro­fes­sion­nels, et dé­sor­mais, tous les clients peuvent uti­li­ser Alexa for Bu­si­ness pour lan­cer des réunions ins­tan­ta­né­ment à l’aide de simples com­mandes vo­cales. Chez Vo­nage, nous uti­li­sons éga­le­ment Alexa for Bu­si­ness pour lan­cer nos réunions Ama­zon Chime dans vingt salles de confé­rence à l’heure ac­tuelle, et nous dé­ploie­rons la so­lu­tion dans tous nos bu­reaux à tra­vers le pays en 2018 . »

Quid de la pro­tec­tion des don­nées ?

Ins­tal­ler Alexa au coeur des en­tre­prises pré­sente de vé­ri­tables pro­blèmes de sé­cu­ri­té. Tou­jours en alerte, les en­ceintes Echo sont connec­tées au Cloud en écou­tant en per­ma­nence ce qu’il se passe dans leur en­vi­ron­ne­ment. Dans un guide de bonnes pra­tiques des en­ceintes in­tel­li­gentes pu­blié sur son site In­ter­net, la Cnil met en garde les uti­li­sa­teurs : « En veille per­ma­nente, ces as­sis­tants sont sus­cep­tibles d’en­re­gis­trer vos conver­sa­tions, y com­pris celles de tiers lors­qu’ils ont re­con­nu le mot clé. » Dans le cadre d’une uti­li­sa­tion per­son­nelle, la com­mis­sion pré­co­nise de cou­per le mi­cro ou d’éteindre l’ap­pa­reil lors­qu’il n’est pas uti­li­sé. Une dé­marche qui se­rait évi­dem­ment beau­coup plus com­pli­quée à ap­pli­quer dans une en­tre­prise, où les en­ceintes par­ta­gées sont cen­sées être al­lu­mées en per­ma­nence. Leur im­plé­men­ta­tion dans un en­vi­ron­ne­ment pro­fes­sion­nel sou­lève évi­dem­ment de nom­breuses in­quié­tudes. Des spé­cia­listes de la sé­cu­ri­té, dont le cher­cheur William Ca­put, as­surent qu’Alexa for Bu­si­ness pré­sente un gros risque po­ten­tiel pour les en­tre­prises. Pour l’heure, le ser­vice n’a en ef­fet pas été ri­gou­reu­se­ment tes­té

par la com­mu­nau­té de cher­cheurs en sé­cu­ri­té. William Ca­put rap­pelle que les ap­pa­reils sans fil consti­tuent les ou­tils les plus fa­ciles à ex­ploi­ter par des at­ta­quants pour vio­ler les pro­to­coles de sé­cu­ri­té des en­tre­prises à des fins d’es­pion­nage in­dus­triel, de vols de don­nées, ou autres de­mandes de ran­çons. Ama­zon de­vra par ailleurs don­ner de sé­rieuses ga­ran­ties sur sa po­li­tique de confi­den­tia­li­té des don­nées. L’in­té­gra­tion d’Alexa dans les res­sources in­for­ma­tiques des en­tre­prises im­plique que de nom­breuses don­nées se­ront sto­ckées et/ ou trans­mises sur le Cloud d’Ama­zon. Le géant de l’e- com­merce n’a- t- il pas in­té­rêt à écou­ter et ras­sem­bler un maxi­mum de mots clés pour faire du pro­fi­lage pu­bli­ci­taire ? Dis­po­nible uni­que­ment aux États- Unis pour le mo­ment, Alexa for Bu­si­ness re­pose sur un mo­dèle de ta­ri­fi­ca­tion à l’uti­li­sa­tion sans en­ga­ge­ment. Les ap­pa­reils par­ta­gés re­viennent à 7 $/ mois et chaque uti­li­sa­teur ins­crit est fac­tu­ré 3 $/ mois. Le ser­vice n’in­clut pas l’achat des en­ceintes in­tel­li­gentes qui doivent être ache­tées sé­pa­ré­ment. Pour l’heure, au­cun concur­rent d’Ama­zon, y com­pris Google, n’a an­non­cé de pro­jets de dé­ve­lop­pe­ment d’un as­sis­tant vir­tuel dé­dié au monde de l’en­tre­prise. Une nou­velle fois, la firme de Jeff Be­zos a le champ libre pour in­ves­tir un nou­veau mar­ché… ❍

Nous uti­li­sons éga­le­ment Alexa for Bu­si­ness pour lan­cer nos réunions Ama­zon Chime dans vingt salles de confé­rence à l’heure ac­tuelle Omar Ja­vaid di­rec­teur de pro­duit – Vo­nage

LA TROI­SIÈME GÉ­NÉ­RA­TION DE HAUT- PARLEURS IN­TEL­LI­GENTS ECHO D’AMA­ZON COMPTE TROIS DIF­FÉ­RENTS MO­DÈLES, DONT L’ECHO SHOW QUI POS­SÈDE UN ÉCRAN.

LE CAM­PUS UL­TRA MO­DERNE D’AMA­ZON À SEAT­TLE.

AMA­ZON MET À DIS­PO­SI­TION DES EN­TRE­PRISES UNE API ALEXA OU­VERTE.

TOU­JOURS EN VEILLE ET CONNEC­TÉ AU CLOUD, L’AMA­ZON ECHO IN­TÈGRE SEPT MI­CROS QUI ÉCOUTENT EN PER­MA­NENCE.

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