Ae­ra Tech­no­lo­gy : le pi­lote au­to­ma­tique de votre en­tre­prise

Conduire une en­tre­prise comme une voi­ture au­to­nome. Être pré­sent der­rière le vo­lant, mais en se lais­sant trans­por­ter, prêt à cor­ri­ger la tra­jec­toire en cas d’ur­gence. C’est le pa­ri lan­cé par Ae­ra Tech­no­lo­gy.

L'Informaticien - - SOMMAIRE - BER­TRAND GARÉ

Après son dé­part d’Ana­plan, qu’il a mon­té à une va­lo­ri­sa­tion de plus de 1 mil­liard de dol­lars et aug­men­té les ef­fec­tifs de 20 à 650, Fré­dé­ric La­luyaux a re­cher­ché une nou­velle étape à sa car­rière. Il a re­pris avec l’aide du fonds NEA l’en­tre­prise Fu­sionOps spé­cia­li­sée dans le lo­gi­ciel pour la chaîne d’ap­pro­vi­sion­ne­ment. Il y ap­plique sous son nou­veau nom, Ae­ra Tech­no­lo­gy, les tech­no­lo­gies cog­ni­tives pour four­nir un lo­gi­ciel qui de­vient qua­si­ment le pi­lote au­to­ma­tique de l’en­tre­prise. Jus­qu’à pré­sent les lo­gi­ciels de ges­tion étaient conçus pour ra­tio­na­li­ser et au­to­ma­ti­ser les pro­ces­sus tran­sac­tion­nels. Par de simples jeux de règles, ils étaient ca­pables par exemple de ré­pondre à des pro­blé­ma­tiques comme dans la ges­tion des stocks avec les seuils mini/ maxi mais in­ca­pables de don­ner une ré­ponse à la ques­tion faut- il chan­ger ces seuils ? D’autres ques­tions se posent chaque jour dans les en­tre­prises et la prise de dé­ci­sion doit être de plus en plus ra­pide pour suivre le rythme du mar­ché. Ae­ra Tech­no­lo­gy es­saie de ré­pondre à ces dif­fé­rents pro­blèmes en re­nou­ve­lant l’agré­ga­tion des don­nées pro­ve­nant des sys­tèmes tran­sac­tion­nels pour ap­por­ter des ré­ponses mais aus­si au­to­ma­ti­ser la prise de cer­taines dé­ci­sions.

L’en­tre­prise à l’image de la voi­ture connec­tée

Une au­to­mo­bile n’a plus be­soin de chauf­feur ou de conduc­teur. Les exemples de voi­tures connec­tées réa­li­sant cette ga­geure sont dé­sor­mais nom­breux. Ima­gi­ner l’ap­pli­ca­tion des tech­no­lo­gies et de cette lo­gique à l’en­tre­prise et vous ob­te­nez ce que réa­lise Ae­ra Tech­no­lo­gy. Comme la voi­ture connec­tée, Ae­ra Tech­no­lo­gy se re­lie aux dif­fé­rents points de don­nées né­ces­saires à la ges­tion de votre en­tre­prise et les ins­pecte en per­ma­nence et en temps réel. La so­lu­tion n’éli­mine pas l’hu­main mais lui donne en fait tous les élé­ments pour prendre une meilleure dé­ci­sion en ayant l’en­semble du contexte et les élé­ments qui ont ame­né la so­lu­tion d’Ae­ra Tech­no­lo­gy à sa pré­co­ni­sa­tion. La so­lu­tion ne suit pas le che­mi­ne­ment ha­bi­tuel IF/ THEN/ ELSE des lo­gi­ciels tran­sac­tion­nels. D’ailleurs, les en­tre­prises ont mul­ti­plié les sys­tèmes qui suivent cha­cun leurs propres règles, sans vé­ri­ta­ble­ment s’oc­cu­per d’ob­te­nir une vi­sion glo­bale.

SAP, Oracle ou Sa­les­force. com dé­jà car­to­gra­phiés

Avant d’en­tre­prendre son tra­vail, le lo­gi­ciel d’Ae­ra Tech­no­lo­gy veut com­prendre vos don­nées pro­ve­nant de ces dif­fé­rents sys­tèmes. Le lo­gi­ciel uti­lise à cette fin des « craw­lers » bre­ve­tés comme on peut en trou­ver dans les so­lu­tions de ges­tion des évé­ne­ments. À la suite de cette ob­ser­va­tion, la so­lu­tion nor­ma­lise les don­nées dans Ae­ra Tech­no­lo­gy. La plu­part des grands sys­tèmes uti­li­sés dans les en­tre­prises, comme SAP, Oracle ou Sa­les­force. com ont été dé­jà car­to­gra­phiés par Ae­ra Tech­nol­gy, et d’autres sources sont à ve­nir en fonc­tion des de­mandes des clients. Les craw­lers ne se li­mitent pas aux don­nées des ap­pli­ca­tions pré­sentes dans l’en­tre­prise. Ils sont ca­pables d’en­ri­chir ces don­nées avec des flux ex­té­rieurs per­ti­nents comme la météo, le cours d’une de­vise… Toutes ces don­nées sont col­lec­tées, in­dexées, har­mo­ni­sées, chif­frées et en­voyées dans le Cloud.

Les don­nées sont en­suite ana­ly­sées avec une tech­no­lo­gie de pro­ces­sing en mé­moire. Lors de ce trai­te­ment, l’édi­teur y ajoute sa patte, des do­maines d’ex­per­tise in­cluant des mil­liers de me­sures pré­dé­fi­nies s’ap­pli­quant à toutes les lignes de mé­tier de l’en­tre­prise. La so­lu­tion an­ti­cipe le fait que le ré­sul­tat soit bon ou mau­vais pour l’en­tre­prise. Sur ces pre­mières étapes, la so­lu­tion ap­plique aus­si des al­go­rithmes de ma­chine lear­ning, qui, après ap­pren­tis­sage su­per­vi­sé, per­met à la so­lu­tion de vous pro­po­ser des re­com­man­da­tions ou des pré­dic­tions de confiance. À la suite de ces étapes, la so­lu­tion est ca­pable soit de pro­po­ser des re­com­man­da­tions soit d’agir di­rec­te­ment si vous avez fait le choix d’au­to­ma­ti­ser cer­taines ré­ponses à par­tir d’une bi­blio­thèque de pro­ces­sus pré­dé­fi­nis four­nis dans la so­lu­tion. Dans ce cas le lo­gi­ciel passe à tra­vers des arbres de dé­ci­sions très com­plexes pour ini­tier ou au­to­ma­ti­ser des pro­ces­sus comme le ré­équi­li­brage des stocks entre dif­fé­rents en­tre­pôts et usines. Il peut même s’il le faut créer des tâches dans un ERP sous- ja­cent. Ces fonc­tions sont ap­pe­lées des com­pé­tences cog­ni­tives ( Co­gni­tiv Skills) dans le glos­saire d’Ae­ra Tech­noo­gy, et elles sont cog­ni­tives dans le sens qu’elles em­barquent de l’In­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle. En no­vembre der­nier l’édi­teur en a ajou­té trois nou­velles sur la de­mande et les ventes, sur la per­for­mance de la pro­duc­tion per­met­tant d’avoir une vue glo­bale sur l’éla­bo­ra­tion d’un pro­duit de l’ap­pro­vi­sion­ne­ment en res­sources brutes à la four­ni­ture du pro­duit fi­ni, sur la chaîne d’ap­pro­vi­sion­ne­ment – de­mandes, in­ven­taires, ap­pro­vi­sion­ne­ment. Ce der­nier « skill » four­nit une li­brai­rie de mé­triques clés, de ten­dances et d’ana­lyses pour op­ti­mi­ser la sup­ply chain. Un kit de dé­ve­lop­pe­ment au­to­rise la créa­tion et le dé­ploie­ment de « skills » per­son­na­li­sés de ma­nière vi­suelle, sans écrire une ligne de code, à par­tir d’une bi­blio­thèque de mo­dules pré­dé­fi­nis qui sont com­plé­tés par des mi­cro­ser­vices d’In­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle ou de Ma­chine Lear­ning pou­vant être em­bar­qués dans de nou­veaux « skills » . Ce SDK per­met de plus d’ajou­ter de nou­veaux flux de don­nées si né­ces­saire, d’ajou­ter des rap­ports, des vi­sua­li­sa­tions et des lo­giques mé­tier com­plé­men­taires de créer les pa­ckages de dé­ploie­ment en as­su­rant sa dis­tri­bu­tion vers les bons uti­li­sa­teurs de ma­nière sé­cu­ri­sée. L’édi­teur a dé­jà confir­mé tra­vailler sur l’ex­ten­sion du nombre de skills dans un fu­tur proche même si pour le mo­ment il se concentre sur le monde de la sup­ply chain, un sec­teur en pleine ré­no­va­tion où les in­ves­tis­se­ments sont ac­tuel­le­ment im­por­tants et dont les be­soins en vi­si­bi­li­té et en ra­pi­di­té de dé­ci­sion sont de plus en plus cri­tiques.

Des in­ter­faces mo­dernes

Sui­vant le ter­mi­nal ou l’en­droit où le lo­gi­ciel est in­ter­ro­gé, l’in­ter­face est simple et ac­ces­sible, soit clas­si­que­ment sous forme de rap­port mais aus­si par l’in­ter­mé­diaire d’un bot per­met­tant d’ac­cé­der à l’en­semble des don­nées mais aus­si des ré­sul­tats et pré­co­ni­sa­tions du lo­gi­ciel. À la suite d’une alerte, il est pos­sible de re­lan­cer un fo­re­cast ou le ré­équi­li­brage des stocks par une simple va­li­da­tion par le chat­bot. Ce­lui- ci peut ré­pondre à des ques­tions com­plexes comme la ré­duc­tion du be­soin de fonds de rou­le­ment ou de l’en­det­te­ment net ! Bi­lan, Ae­ra Tech­no­lo­gy est une so­lu­tion so­phis­ti­quée per­met­tant de ti­rer la pleine va­leur des don­nées sto­ckées dans les sys­tèmes sous- ja­cents, ERP, CRM, SCM. Une so­lu­tion qui va plus loin que les sys­tèmes de pla­ni­fi­ca­tion en vogue, mais qui doit dé­mon­trer son ac­cep­ta­tion par le mar­ché avec la mise en oeuvre de ré­fé­rences dans de grandes en­ti­tés. Merck, la­bo­ra­toire phar­ma­ceu­tique, semble s’être conver­ti, et d’autres confor­te­raient aus­si la no­to­rié­té et la cré­di­bi­li­té de la so­lu­tion. ❍

Fré­dé­ric La­luyaux, CEO d’Ae­ra Tech­no­lo­gy

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