Wal­lix : du cou­rage et du plai­sir

WAL­LIX, c’est avant tout une his­toire. Une belle his­toire d’hommes et de femmes, au bon mo­ment, avec le bon ti­ming. Et qui cor­res­pond à des at­tentes, donc à un mar­ché avec le­quel ça « matche » !

L'Informaticien - - SOMMAIRE - SYL­VAINE LUCKX

On ne peut pas rê­ver meilleur en­droit pour une ren­contre : le ciel pa­ri­sien s'est en­fin mis au beau fixe, et la lu­mière tra­verse lar­ge­ment les grandes baies vi­trées de cet es­pace de « co- wor­king » . « Es­pace » tout court se­rait un mot plus ap­pro­prié. Dans les nou­veaux lo­caux de WAL­LIX, au- des­sus de la salle Pleyel à Paris, on bouge sans en­trave, on res­pire, on souffle. Les ca­na­pés et les grands cous­sins oranges – l'orange est la cou­leur de WAL­LIX – sont une in­vi­ta­tion, non pas au co­coo­ning, mais au moins à la dé­tente, et voi­sinent avec un su­perbe billard – au ta­pis orange lui aus­si – et avec l'in­évi­table ba­by­foot de toute start- up qui se res­pecte. Sauf que l'his­toire va bien au- de­là de celle d'une énième start- up cool en sur­face… Pour com­prendre WAL­LIX re­ve­nons quelques di­zaines d'an­nées en ar­rière : aî­né de quatre gar­çons, JeanNoël de Gal­zain, dont le père est un « ex­pat » , passe son en­fance en Afrique. Des aventures dans la brousse d'un conti­nent pre­mier qui, de son propre aveu, le marquent à vie. Le sens de la ren­contre, du contact, de la va­leur hu­maine, l'en­vie de sor­tir des sen­tiers bat­tus, de créer, avec la convic­tion d'une cer­taine ex­cel­lence fran­çaise dont il fe­ra son cre­do pour la crois­sance de WAL­LIX. L'his­toire de WAL­LIX com­mence en fait en 2003, lorsque Jean- Noël de Gal­zain, ré­in­jecte l'argent is­su de la vente de sa pré­cé­dente en­tre­prise, Au­ro­ra, dans l'aven­ture de WAL­LIX. « Pour avoir tra­vaillé avec les grands groupes, j’ai vite ac­quis la convic­tion que la me­nace in­terne, no­tam­ment dans les mé­tiers du sup­port, pou­vait vite de­ve­nir un risque énorme pour une en­tre­prise qui brasse des po­pu­la­tions avec des ni­veaux d’ha­bi­li­ta­tion et de droits d’ac­cès dif­fé­rents dans des zones plus ou moins à risques. » De là est né le mé­tier nou­veau de l'IAM ( Iden­ti­ty Ac­cess Ma­na­ge­ment) et du PAM ( Pri­vi­le­ged Ac­cess Ma­na­ge­ment), sur le­quel WAL­LIX Group a construit son mé­tier avec son pro­duit phare : WAL­LIX Bas­tion, avec une convic­tion

forte : la sé­cu­ri­té et la pro­tec­tion de l'in­for­ma­tion vont de­ve­nir le su­jet qui va per­mettre aux en­tre­prises de tous sec­teurs de conso­li­der leur crois­sance… ou de mou­rir. En 2003, c'était en­core une idée neuve en Eu­rope. WAL­LIX naît donc en 2003, avec, dès le dé­part, Jean- Noël de Gal­zain et Amau­ry Ros­set aux com­mandes. Avec une com­plé­men­ta­ri­té et une com­pli­ci­té évi­dente entre eux deux. L'en­tre­prise a été confron­tée, dès le dé­but, au prin­ci­pal écueil qui fait d'une bonne idée une en­tre­prise pé­renne : trou­ver de l'argent pour amor­cer l'aven­ture, fi­nan­cer le dé­ve­lop­pe­ment, conso­li­der la crois­sance, et d'une start- up pen­sée sur un coin de table, de­ve­nir une ETI ( En­tre­prise de taille in­ter­mé­diaire) du­rable. WAL­LIX compte à l'heure ac­tuelle 83 sa­la­riés. « Au dé­part, nous avons fait comme les autres » , ra­conte Jean- Noël de Gal­zain, « nous avons réuni en capital d'amor­çage et en “love mo­ney ” en­vi­ron 550 000 eu­ros, et avons dû épui­ser à peu près toutes les pos­si­bi­li­tés que nous of­frait l'État pour fi­nan­cer notre re­cherche & dé­ve­lop­pe­ment. » BPI ( Banque pu­blique d'in­ves­tis­se­ment). C'est d'ailleurs un des points critiques dans le nu­mé­rique comme dans la cy­ber­sé­cu­ri­té sur le­quel JeanNoël de Gal­zain ne cesse de mo­bi­li­ser : il faut sa­voir fi­nan­cer l'in­no­va­tion en France sans la dif­fé­ren­cier de la R& D pour que la R& D et la pro­duc­tion res­tent sur le ter­ri­toire fran­çais et ne soient pas dé­lo­ca­li­sés dans des pays à moindre coûts sa­la­riaux. Les lo­caux de WAL­LIX abritent ain­si l'équipe de R& D de l'en­tre­prise ce qui consti­tue un gage de sé­cu­ri­té, de qua­li­té et de confiance pour les clients de l'en­tre­prise. Les lo­caux de WAL­LIX abritent toute l'équipe de R & D de l'en­tre­prise, c'est un gage de sé­cu­ri­té et de confiance pour les clients que cette équipe soit lo­ca­li­sée en France. Ce fi­nan­ce­ment de la crois­sance et le point tou­jours dé­li­cat de l'at­teinte de la taille cri­tique a mo­ti­vé une dé­ci­sion har­die, qui en a fait fré­mir plus d'un en 2015 : celle de l'in­tro­duc­tion en Bourse, sur le mar­ché Euronext Growth. Une opé­ra­tion à haut risque qui n'avait pas for­cé­ment fait l'una­ni­mi­té, comme le re­con­naît Amau­ry Ros­set, et à l'oc­ca­sion de la­quelle un cer­tain nombre d'ob­ser­va­teurs dits « bien­veillants » at­ten­daient que la jeune pousse am­bi­tieuse aille dans le mur. « En fait, s'in­tro­duire en Bourse était certes un pa­ri très ris­qué » , ana­lyse Amau­ry Ros­set, « mais pro­ba­ble­ment moins que de res­ter sous la coupe de bu­si­ness an­gels et d'in­ves­tis­seurs pri­vés qui siègent de toutes fa­çons au conseil de sur­veillance. Le fait d'en­trer en Bourse per­met aus­si de s'af­fran­chir des poids que re­pré­sente une lo­gique d'in­ves­tis­se­ment à court terme. Mais c'est une sa­crée course contre la montre et un vrai pa­ri. » On le croit sans peine : le jour où nous

avons réa­li­sé ce re­por­tage, et comme le ha­sard de notre mé­tier fait par­fois bien les choses, nous avons vu « en live » ce qu'était le quo­ti­dien de deux as­so­ciés en pé­riode de le­vée de fonds : manches re­trous­sées, réunions et dé­pla­ce­ments mul­tiples, et ca­fé de ri­gueur. La course, mais sans stres­ser. Une com­bi­nai­son d'au­dace maî­tri­sée, de nerfs d'acier… et d'une pe­tite dose de fo­lie, dans un com­bat quo­ti­dien. Jean- Noël de Gal­zain a fait de ce com­bat une vé­ri­table « croi­sade » pour l'ex­cel­lence de la cy­ber à la fran­çaise, qui a aus­si mo­ti­vé la créa­tion d'Hexatrust. Jean- Noël de Gal­zain est convain­cu que l'ave­nir de la cy­ber eu­ro­péenne, le seul en­vi­sa­geable pour lui au ni­veau doc­tri­nal et in­dus­triel, doit pas­ser par la France. D'où ses coups de gueule pro­ver­biaux dans nombre de confé­rences, où il ne cesse de dé­fendre les ca­pa­ci­tés et les sa­voir- faire des en­tre­prises d'Hexatrust face aux mas­to­dontes de la cy­ber­sé­cu­ri­té, no­tam­ment amé­ri­cains. L'ap­pel même pas mas­qué aux au­to­ri­tés pour in­ci­ter les en­tre­prises à mi­ser sur l'ex­cel­lence d'Hexatrust face aux choix des « grands » du sec­teur est de­ve­nu un mot d'ordre ja­mais dé­men­ti. « Il faut que ce­la bouge » est une an­tienne du boss qu'il a trans­mis à toutes les équipes. On re­con­naît vite le style du chef d'en­tre­prise fon­ceur et ba­tailleur. Ce qui a le don d'en aga­cer cer­tains. Le fait de pour­fendre des idées re­çues n'em­pêche pas la ma­tu­ri­té : WAL­LIX a vite com­pris que la crois­sance se jouait aus­si et sur­tout à l'in­ter­na­tio­nal et que le dé­ve­lop­pe­ment sur le mar­ché fran­çais ne per­met­trait pas d'at­teindre la taille cri­tique : WAL­LIX s'est donc im­plan­té en Grande- Bre­tagne, en Al­le­magne, au Magh­reb, en Afrique de l'Ouest, et au Moyen Orient, avec des par­te­naires de vente dans 55 pays. De plus, les as­so­ciés ont com­pris que pour pé­ren­ni­ser et gé­rer la crois­sance, mieux valait s'en­tou­rer de pro­fils « con­fir­més » . Le coup d'en­voi don­né par le RGPD et l'af­faire Fa­ce­book ont ren­for­cé la cré­di­bi­li­té d'une concep­tion eu­ro­péenne de la ges­tion des don­nées per­son­nelles et de leur lo­ca­li­sa­tion. « La ges­tion des ac­cès, avec le dé­ve­lop­pe­ment de la ré­gle­men­ta­tion, n’est plus un do­maine de geek. Nous nous adres­sons au­tant aux di­ri­geants

d’en­tre­prise qu’aux IT ma­na­gers » , lance Ed­wige Bros­sard, di­rec­trice du mar­ke­ting. C'est une ba­taille que les au­to­ri­tés de ré­gu­la­tion eu­ro­péennes, et no­tam­ment la Cnil, li­vraient de­puis plu­sieurs an­nées dans un si­lence par­fois as­sour­dis­sant de l'en­semble du mi­cro­cosme de la cy­ber­sé­cu­ri­té. « Le mi­lieu de la san­té, dans le­quel nous sommes très pré­sents, est un des sec­teurs prio­ri­taires, car il est par­ti­cu­liè­re­ment concer­né par les pro­blé­ma­tiques de compte à pri­vi­lège, et la ré­gle­men­ta­tion très pré­sente dans ce sec­teur, ajou­tée au RGPD » , dé­ve­loppe Gré­go­ry Rous­seau, VP Cus­to­mer Suc­cess. Cette af­faire du RGPD et une ré­gle­men­ta­tion ren­for­cée ( RGS, di­rec­tive NIS) re­lancent à point nom­mé le dé­bat sur une cy­ber « eu­ro­péenne » dont WAL­LIX en­tend bien de­ve­nir un des fers de lance. L'idée d'une vente de l'en­tre­prise au plus of­frant n'est pas la prio­ri­té des di­ri­geants qui portent au­jourd'hui un pro­jet in­dus­triel. Un des ob­jec­tifs af­fi­chés au­tour de l'aug­men­ta­tion de capital est de construire en 2021 « une ETI fran­çaise cham­pionne eu­ro­péenne de la cy­ber­sé­cu­ri­té » , avec un chiffre d'af­faires pré­vi­sion­nel su­pé­rieur à 50 mil­lions d'eu­ros – pour 11,5 mil­lions en 2017 –, et un ef­fec­tif pré­vu de 250 per­sonnes – contre 83 au­jourd'hui.

Le re­cru­te­ment au­tour des va­leurs de l’en­tre­prise

Le re­cru­te­ment de­vient donc un des points clefs qui fe­ra à terme la va­leur de l'en­tre­prise. Comme toute en­tre­prise dans le sec­teur, WAL­LIX a du mal à re­cru­ter et à fi­dé­li­ser les ta­lents. Le but des fon­da­teurs n'est bien évi­dem­ment pas de consom­mer à prix d'or des ba­taillons de di­plô­més, mais bien plus de construire une his­toire du­rable avec ceux qui la par­tagent, ba­by- foot ou pas. Bien plus ré­vé­la­teur est la fa­ci­li­té de contact et de cir­cu­la­tion créée par des lo­caux spa­cieux en plein Paris, la dé­con­trac­tion sou­riante et stu­dieuse d'une équipe jeune en­ca­drée avec bien­veillance par des ma­na­gers che­vron­nés. Avec une convic­tion par­ta­gée par Ed­wige Bros­sard : « La jeune gé­né­ra­tion ne veut plus se dé­fon­cer au tra­vail dans des tours im­per­son­nelles comme celles de la Dé­fense. Elle veut, avant tout, une his­toire, une at­mo­sphère, des va­leurs et du sens » . Le mot de conclu­sion se­ra lais­sé à M. de Gal­zain : « Pour construire une aven­ture comme la nôtre, il faut du cou­rage, de la per­sé­vé­rance, mais aus­si y trou­ver du plai­sir » . Tout est dit. ❍

Ed­wige Bros­sard, di­rec­trice du mar­ke­ting, un pro­fil « confir­mé » à l’aise dans l’his­toire de WAL­LIX.

Jean- Noël de Gal­zain et Amau­ry Ros­set, as­so­ciés de la pre­mière heure dans l’aven­ture WAL­LIX, forment un tan­dem idéal.

L’es­pace co- wor­king, vaste et convi­vial, per­met la dé­tente, mais aus­si l’échange et la cir­cu­la­tion des idées sans contrainte dans de ma­gni­fiques lo­caux si­tués au- des­sus de la Salle Pleyel.

Un es­pace can­tine « soft » et dé­ga­gé de toute contrainte où cha­cun est libre d’al­ler et ve­nir à sa guise.

Les équipes R& D et com­mer­ciales se ca­rac­té­risent par leur jeune âge et une vi­sion dé­com­plexée de l’en­tre­prise.

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