Build 2018 : IA, Azure et Mi­cro­soft Graph

IA, AZURE ET MI­CRO­SOFT GRAPH

L'Informaticien - - SOMMAIRE - LOïC DUVAL

La Build, c’est la grande confé­rence dé­ve­lop­peurs an­nuelle de Mi­cro­soft. Cette an­née, elle se dé­rou­lait dans un contexte par­ti­cu­lier avec la ré­or­ga­ni­sa­tion de la di­vi­sion Win­dows. Dé­cou­vrez toutes les an­nonces im­por­tantes de cette édi­tion 2018…

Chaque an­née, la confé­rence « Build! » ( an­cien­ne­ment nom­mée PDC) dif­fuse la bonne pa­role au­près de la com­mu­nau­té des dé­ve­lop­peurs Win­dows. Au re­gard des bou­le­ver­se­ments in­ter­ve­nus quelques jours seule­ment avant son ou­ver­ture, cette édi­tion 2018 avait un at­trait tout par­ti­cu­lier. Ter­ry Myer­son, vice- pré­sident exé­cu­tif de la di­vi­sion « Win­dows and De­vices » de­puis 2013, a en ef­fet an­non­cé son dé­part. Dans la fou­lée, on ap­pre­nait une im­por­tante re­struc­tu­ra­tion de l’en­tre­prise : l’équipe en charge de Win­dows en tant que plate- forme – gui­dée par Harv Bhe­la, Hen­ry San­ders et Mi­chael For­tin – re­joint la di­vi­sion Azure di­ri­gée par Ja­son Zan­der, le reste, sous la hou­lette de Joe Bel­fiore, re­joi­gnant une nou­velle di­vi­sion dé­nom­mée « Ex­pe­riences & De­vices » et di­ri­gée par Ra­jesh Jha. Oui, vous avez bien lu, Win­dows n’est of­fi­ciel­le­ment plus une di­vi­sion à part en­tière de Mi­cro­soft ! La trans­for­ma­tion n’est pas réel­le­ment une sur­prise. Elle reste néan­moins un vé­ri­table tsu­na­mi. Elle tra­duit les in­ter­ro­ga­tions de l’en­tre­prise sur l’ave­nir des sys­tèmes d’ex­ploi­ta­tion, et de Win­dows en par­ti­cu­lier, ex­pri­mées par Sa­tya Na­del­la dans une ré­cente in­ter­view à TheVerge. com. « Nous avons conçu des OS toute notre exis­tence. Mais qu’est- ce qu’un OS dans un monde où chaque per­sonne uti­lise une mul­ti­tude d’ap­pa­reils et col­la­bore avec une in­fi­ni­té de per­sonnes dans sa vie per­son­nelle comme pro­fes­sion­nelle ? Qu’est- ce que construire une plate- forme ? Nous de­vons nous confron­ter à ces ques­tions. Nous de­vons ad­mettre – re­con­naître – que chaque utilisateu­r Win­dows est aus­si un utilisateu­r de smart­phone, qu’il a un ap­pa­reil Win­dows, mais aus­si des ap­pa­reils non Win­dows. Nous de­vons être ca­pables d’af­fir­mer que Win­dows et les ex­pé­riences mul­ti- de­vices ne sont pas an­ti­no­miques. En fait, nous de­vons faire de chaque ap­pli­ca­tion Win­dows

une ap­pli­ca­tion mul­ti- de­vices. Nous de­vons faire en sorte que tous les ap­pa­reils oeuvrent de con­cert pour ai­der l’utilisateu­r à ti­rer au mieux pro­fit de son or­di­na­teur. »

La vi­sion de Sa­tya

En ou­ver­ture de la Build, Sa­tya Na­del­la a, du­rant 90 mi­nutes, tra­cé les contours de ce nou­veau Mi­cro­soft dont le coeur bat dé­sor­mais sur trois rythmes : le Cloud, Mi­cro­soft 365 et l’IA. Après le « Cloud First, Mo­bile First » des dé­buts de l’ère Sa­tya, le nou­veau mantra de Mi­cro­soft en 2018 de­vient « In­tel­li­gent Cloud, In­tel­li­gent Edge » . Pour Sa­tya Na­del­la, « Si l’on ré­flé­chit à la puis­sance de cal­cul pure dis­tri­buée par le Cloud, et comment cette puis­sance de cal­cul peut être uti­li­sée pour col­lec­ter des don­nées, pour fu­sion­ner l’in­for­ma­tion des cap­teurs, pour ana­ly­ser ces don­nées et créer des ex­pé­riences en­ri­chies tout au long de notre vie, c’est as­sez ver­ti­gi­neux. C’est une op­por­tu­ni­té sans li­mite. Mais c’est aus­si une res­pon­sa­bi­li­té. » Mi­cro­soft veut mon­trer la voie. « En tant que com­pa­gnie tech­no­lo­gique, notre res­pon­sa­bi­li­té est de construire une confiance en ces tech­no­lo­gies. C’est aus­si de s’as­su­rer qu’elles ai­de­ront cha­cun équi­ta­ble­ment. » Pour exa­mi­ner les in­ci­dences de ces tech­no­lo­gies sur notre quo­ti­dien et sur les gé­né­ra­tions fu­tures, Mi­cro­soft a choi­si de se fo­ca­li­ser sur trois pi­liers.

• Le res­pect de la vie pri­vée : « La confi­den­tia­li­té est un droit hu­main. Nous de­vons le préserver, nous de­vons le pro­té­ger. En nous as­su­rant que lorsque l’on uti­lise de la don­née pri­vée, c’est bien au bé­né­fice de l’utilisateu­r et en nous as­su­rant que ce­lui- ci reste maître de ses don­nées et de leur uti­li­sa­tion. » Sa­tya Na­del­la rap­pe­lant au pas­sage que comme la cy­ber­sé­cu­ri­té, la confi­den­tia­li­té n’est pas une des­ti­na­tion, mais un voyage.

• La cy­ber­sé­cu­ri­té : Mi­cro­soft mène un consor­tium « Tech Ac­cord » de 34 en­tre­prises pour amé­lio­rer la cy­ber­sé­cu­ri­té dans le monde et tra­vailler à un équi­valent nu­mé­rique de la Conven­tion de Ge­nève.

• L’éthique : « Le temps est dé­sor­mais ve­nu de se de­man­der non pas ce que les or­di­na­teurs peuvent faire, mais ce qu’ils de­vraient faire ! » , af­firme Sa­tya Na­del­la. Mi­cro­soft a créé un Conseil d’éthique ( Board Ethic) mul­ti­dis­ci­pli­naire des­ti­né à gou­ver­ner tous les pro­jets « IA » de l’édi­teur.

Win­dows n’est plus au coeur du monde Mi­cro­soft

Ceux qui es­pé­raient quelques ré­ponses sur l’ave­nir de Win­dows en au­ront été pour leurs frais. Le su­jet n’a pas vrai­ment été abor­dé, même si le CEO de Mi­cro­soft est re­ve­nu sur les in­ter­ro­ga­tions qu’il ex­pri­mait à TheVerge : « Dans une jour­née, nous uti­li­sons de mul­tiples ap­pa­reils, dans de mul­tiples lieux, in­ter­agis­sant avec de nom­breuses per­sonnes, mais aus­si de nom­breux cap­teurs. Nous avons be­soin d’un OS, nous avons be­soin d’une plate- forme, ce qui rend abs­trait cette diversité ma­té­rielle, qui crée un mo­dèle ap­pli­ca­tif à ce ni­veau d’abs­trac­tion. In­di­vi­duel­le­ment, les ap­pa­reils de­meurent im­por­tants et le de­meu­re­ront, mais nous avons be­soin de cette mé­ta- or­ches­tra­tion. Nous de­vons éle­ver d’un ni­veau notre concep­tion même de ce qu’est un sys­tème d’ex­ploi­ta­tion… » À cet ins­tant, cer­tains ont pu croire à l’an­nonce d’An­dro­me­daOS ( cf. en­ca­dré). Mais Sa­tya Na­del­la a ter­mi­né sa phrase par « Et c’est ce qu’est Mi­cro­soft 365… Mi­cro­soft 365 com­bine Win­dows et Of­fice [ Ndlr : mais aus­si la suite En­ter­prise Mo­bi­li­ty+ Se­cu­ri­ty, le tout uni

au- des­sus de la couche Mi­cro­soft Graph] pour construire cette ex­pé­rience, ce ser­vice, cette plate- forme, à la fois mul­ti- de­vice et mul­ti- sen­so­rielle » . En un mot, Win­dows n’est plus qu’une simple com­po­sante – qui pour­rait de­ve­nir op­tion­nelle à l’ave­nir – d’une vi­sion élar­gie dé­nom­mée Mi­cro­soft 365.

Ob­jec­tif Mi­cro­soft 365

S’il faut re­te­nir un mes­sage clé de cette Build, c’est que Mi­cro­soft sou­haite dé­sor­mais que tous ses dé­ve­lop­peurs Win­dows ou Of­fice se voient en dé­ve­lop­peurs « Mi­cro­soft 365 » . Plu­sieurs an­nonces vont en ce sens.

• Dé­sor­mais, il est pos­sible d’écrire des fonc­tions Ex­cel en Ja­vaS­cript ! Elles s’ap­pellent comme n’im­porte quelle autre fonc­tion Ex­cel. Celles- ci sont dé­ployées et hé­ber­gées dans le Cloud Of­fice 365. Dès lors, toute amé­lio­ra­tion ap­por­tée sur la fonc­tion est ins­tan­ta­né­ment ré­per­cu­tée sur tous les ta­bleaux de l’en­tre­prise qui y font ap­pel.

• Les Adap­tive Cards ché­ries par Google Now sont dé­sor­mais dis­po­nibles sous Win­dows 10, mais aus­si sous Out­look et sous Teams.

• Il est pos­sible d’in­té­grer des paie­ments di­rec­te­ment sous Out­look grâce à Out­look Pay­ment qui s’ap­puie sur Mi­cro­soft Pay.

• Vos pages Sha­repoint vont pou­voir s’in­té­grer di­rec­te­ment dans Teams. Il n’en reste pas moins qu’un vrai dé­ve­lop­peur « Mi­cro­soft 365 » ne maî­trise pas seule­ment Win­dows et Of­fice 365, c’est sur­tout un dé­ve­lop­peur maî­tri­sant Mi­cro­soft Graph. La couche de sa­voirs in­for­ma­tion­nels est le vé­ri­table coeur de Mi­cro­soft 365 et le socle de toute cette stra­té­gie. La Ti­me­line de Win­dows 10 ( BRK2417) et les fu­turs SETS ( BRK2412) re­posent sur Mi­cro­soft Graph. Tout Of­fice 365 re­pose des­sus. Et toute l’Intelligen­ce artificiel­le que Mi­cro­soft est en train d’in­suf­fler à Word, Po­werPoint, Ex­cel, Teams et Out­look en dé­pend to­ta­le­ment. Jus­qu’ici fo­ca­li­sé sur les iden­ti­tés et ob­jets nu­mé­riques, Mi­cro­soft Graph s’ouvre dé­sor­mais au monde phy­sique : il ac­quiert les connais­sances de lieux ( res­tau­rants, hô­tels, POI…) et peut s’en­ri­chir des don­nées de cap­teurs pla­cés par l’en­tre­prise. Ce socle fon­da­men­tal s’in­ter­face avec les Azure Co­gni­tive Ser­vices ( THR3304) et les Azure Func­tions ( THR3302), mais aus­si avec Po­werApps et Flow ( BRK2303). Il est es­sen­tiel à l’éla­bo­ra­tion de Bots d’en­tre­prise vrai­ment in­tel­li­gents ( THR2413) et à toute en­tre­prise « Da­ta- Dri­ven et User- Cen­tric » ( BRK2410). Bar­ra­cu­da l’uti­lise aus­si pour son bou­clier de dé­fense an­ti­fraude Sen­ti­nel ( THR2436) et Mi­cro­soft le pré­sente comme une com­po­sante clé pour sé­cu­ri­ser toutes les ap­pli­ca­tions et toutes les don­nées ( WRK2506). Bref, vous n’échap­pe­rez

pas à Mi­cro­soft Graph et mieux vaut ap­prendre à le maî­tri­ser no­tam­ment au tra­vers des deux ses­sions THR2407- 1 et THR2407- 2.

Le re­cen­trage de Win­dows 10

Con­trai­re­ment à ce que cer­tains ont un peu vite af­fir­mé, tout ce­ci ne signe pas l’ar­rêt de mort de Win­dows. Win­dows est tou­jours là et ne dis­pa­raî­tra pas, ni chez Mi­cro­soft, ni sur les PC des en­tre­prises. Mais si Mi­cro­soft a long­temps cher­ché à faire de Win­dows un OS uni­ver­sel et ubi­quiste, le rê­vant au centre de tout l’uni­vers nu­mé­rique, l’édi­teur semble dé­sor­mais – en­fin ? – ré­si­gné à re­cen­trer Win­dows sur ce qu’il est et a tou­jours été : l’OS des PC. Tant qu’il y au­ra des PC, il y au­ra du Win­dows. Plu­tôt que de vou­loir dé­cli­ner Win­dows à toutes les sauces, Mi­cro­soft cherche dé­sor­mais à faire que tout ce qui est nu­mé­rique dans notre uni­vers fonc­tionne sim­ple­ment mieux avec Win­dows. Un re­cen­trage dé­jà en­ta­mé et dé­jà vi­sible sur les ver­sions « In­si­ders » de RedS­tone 5. Plu­sieurs an­nonces de la Build vont en ce sens .

• La Ti­me­Line se­ra bien­tôt ac­ces­sible des ter­mi­naux An­droid, via Mi­cro­soft Laun­cher et Edge pour An­droid, mais éga­le­ment les ap­pa­reils iOS ( via Edge pour iPhone).

• L’ap­pli­ca­tion YourP­hone vient illus­trer cette vo­lon­té d’étendre la col­la­bo­ra­tion entre les smart­phones et le PC : elle per­met de pi­lo­ter le smart­phone du PC pour par exemple af­fi­cher les SMS et y ré­pondre à par­tir du PC ou en­core pour dé­clen­cher à dis­tance une pho­to sur le smart­phone et ins­tan­ta­né­ment la co­pier/ col­ler dans Po­werPoint sur son PC. Prin­ci­pa­le­ment pen­sé pour An­droid, YourP­hone ne se­ra que par­tiel­le­ment com­pa­tible iOS – à moins que Apple ouvre sa plate- forme iMes­sage.

• Mi­cro­soft semble avoir mis le frein sur la mul­ti­pli­ca­tion des fonc­tion­na­li­tés « folk­lo­riques » et semble concen­trer ses ef­forts sur l’amé­lio­ra­tion de ce qui existe dé­jà dans Win­dows.

• La nou­velle tech­no­lo­gie SETS n’ap­pa­raî­tra peut- être pas dans RedS­tone 5 si Mi­cro­soft es­time que l’éco­sys­tème n’est pas prêt. SETS per­met de re­grou­per plu­sieurs ap­pli­ca­tions dans une même fe­nêtre avec des on­glets. Le groupe peut- être au­to­ma­ti­que­ment rap­pe­lé à tout mo­ment via la Ti­me­line. Pour ce­la, les dé­ve­lop­peurs, no­tam­ment les dé­ve­lop­peurs Win32/. NET doivent adap­ter leurs lo­gi­ciels.

• Mi­cro­soft cherche à ré­con­ci­lier Win­dows avec son his­to­rique lo­gi­ciel. L’uni­vers WinRT et sur­tout le Fluent De­si­gn Sys­tem s’ouvrent dé­sor­mais aux dé­ve­lop­peurs Win32 et . NET. Grâce aux UWP XAML Is­lands, les dé­ve­lop­peurs peuvent in­suf­fler l’er­go­no­mie et le look Fluent à toutes leurs ap­pli­ca­tions Win­dows tra­di­tion­nelles qu’elles soient ba­sées sur Win­dows Forms, WPF ou Win32.

• Les dé­ve­lop­peurs . NET vont dé­sor­mais pou­voir uti­li­ser la ver­sion open- source « . NET Core » pour dé­ve­lop­per des ap­pli­ca­tions « Desktop » . Jus­qu’ici « . NET Core » était fo­ca­li­sé sur le dé­ve­lop­pe­ment d’ap­pli­ca­tions web et Ba­ckOf­fice Cloud. L’ap­pa­ri­tion des « Win­dows Desktop Packs » pour « . NET Core 3.0 » ouvre l’uni­vers Desktop de

Win­dows – et que de Win­dows ! – à la pro­chaine ver­sion du fra­me­work open- source at­ten­due pour la fin 2018. Celle- ci conser­ve­ra bien sûr sa phi­lo­so­phie cross plate- forme pour tous les dé­ve­lop­pe­ments web/ cloud. Mais adop­ter le « . NET Core 3.0 » en lieu et place de l’ac­tuel « . NET Fra­me­work » per­met­tra en­fin aux dé­ve­lop­peurs de lo­gi­ciels bu­reau de pro­fi­ter d’un fra­me­work évo­luant in­dif­fé­rem­ment des ver­sions de Win­dows.

Win­dows, la « DevBox » uni­ver­selle

Mi­cro­soft conti­nue de vou­loir faire du PC sous Win­dows la « DevBox » uni­ver­selle. Après le sup­port de mul­tiples dis­tros Li­nux di­rec­te­ment sous Win­dows via le Win­dows Store ( Ubun­tu, De­bian, SUSE, OpenSuse, Ka­li) et le sup­port des dé­ve­lop­pe­ments iOS/ An­droid sous Vi­sual Stu­dio, Mi­cro­soft conti­nue d’amé­lio­rer l’uni­ver­sa­li­té de Win­dows. Le sup­port an­non­cé des Line Feeds Li­nux dans No­te­pad peut pa­raître anec­do­tique, mais chan­ge­ra la vie de bien des Devs. Plus im­por­tante, la com­pa­ti­bi­li­té de l’ému­la­teur An­droid avec Hy­per- V va per­mettre en­fin aux dé­ve­lop­peurs Vi­sual Stu­dio de dé­ve­lop­per pour les mo­biles et pour les Ho­lo­lens sur une même ma­chine. Mais l’élé­ment clé pour l’ave­nir de Win­dows est sans au­cun doute le sup­port na­tif des PWA ( Pro­gres­sive Web Apps), des Web Apps qui se com­portent comme des apps na­tives et sont ins­tal­lables en de­hors du na­vi­ga­teur et uti­li­sables hors ligne. Ce sup­port est dé­sor­mais in­té­gré dans Win­dows 10 « 1803 » . C’en est même la prin­ci­pale nou­veau­té si l’on omet la Ti­me­Line. Lors d’une ses­sion dé­diée au PWA ( BRK2428), Mi­cro­soft a confir­mé sa ferme in­ten­tion de sup­por­ter les évo­lu­tions de ce nou­veau for­mat ap­pli­ca­tif avec une vo­lon­té : of­frir sous Win­dows la meilleure ex­pé­rience pos­sible à vos conte­nus web. For­cé­ment cross plates- formes, les PWA conti­nuent de sup­por­ter tous les fra­me­works et lan­gages du Web, mais ont aus­si ac­cès à cer­taines fonc­tion­na­li­tés na­tives des plates- formes sans pour au­tant perdre leur com­pa­ti­bi­li­té mul­ti- OS. Elles sont au­jourd’hui per­çues par les en­tre­prises comme la meilleure ap­proche pour ac­cé­lé­rer les dé­ve­lop­pe­ments cross plates- formes ( Win­dows, Mac, Web, mo­biles) et op­ti­mi­ser le ROI des pro­jets. Sous Win­dows 10 1803, les Web Apps peuvent fonc­tion­ner di­rec­te­ment sous Edge – et bien sûr Ch­rome – ou sous forme d’App au sein d’un conte­neur et avec son propre pro­cess. Elles sont ex­po­sées comme des Apps dans le Win­dows Store. Lors de la Build, Mi­cro­soft a an­non­cé que sous RedS­tone 5, les WPA dis­po­se­raient d’un troi­sième mode de fonc­tion­ne­ment au sein d’une fe­nêtre of­frant une in­ter­face de na­vi­ga­tion mi­ni­male – ce qui est im­por­tant pour les WPA mal pen­sées n’in­cor­po­rant pas leur propre bou­ton de re­tour par exemple – et pour­ront être ins­tal­lées sans pas­ser par le Web di­rec­te­ment de­puis Edge. De même l’in­té­gra­tion des PWA avec l’uni­vers Win­dows 10 va s’en­ri­chir. Il est pour­tant dé­jà très com­plet puisque les PWA sous « 1803 » sup­portent dé­jà les fonc­tions de par­tage du sys­tème, le centre de no­ti­fi­ca­tions, les Jump- Lists, la vi­gnette dy­na­mique sur l’ac­cueil, la Ti­me­line, etc. Mi­cro­soft compte voir les PWA pro­fi­ter du look et de l’er­go­no­mie « Fluent » par le

tru­che­ment du pro­jet « Fluent Web » . Il est même pos­sible d’ap­pe­ler du code C# ou C++ de­puis l’ap­pli­ca­tion web par le biais d’un ob­jet WinRT à in­cor­po­rer ou via les Por­table Class Li­bra­ries. À no­ter que les dé­ve­lop­peurs n’ont pas né­ces­sai­re­ment be­soin de dé­cla­rer leurs PWA dans le Store Win­dows. Il suf­fit qu’ils créent un fi­chier Ma­ni­fest com­plet et que leur PWA soit craw­lée par Bing pour qu’elles ap­pa­raissent dans le Store – après vé­ri­fi­ca­tion de leur confor­mi­té par Mi­cro­soft. Le pro­ces­sus est ac­tuel­le­ment en bê­ta.

Nou­veaux Ou­tils Devs

Pas de Build sans an­nonce de nou­veaux ou­tils dé­diés aux dé­ve­lop­peurs. On re­tien­dra par­ti­cu­liè­re­ment l’ou­ver­ture des Azure DevOps au monde Gi­tHub ain­si que l’in­té­gra­tion de Vi­sual Stu­dio App Cen­ter à Gi­tHub pour au­to­ma­ti­ser les pro­ces­sus DevOps des dé­ve­lop­peurs d’ap­pli­ca­tions mo­biles iOS et An­droid s’ap­puyant sur Gi­tHub. L’an­nonce la plus re­mar­quable res­te­ra sans doute la dis­po­ni­bi­li­té de Vi­sual Stu­dio Live Share, un ou­til gra­tuit qui trans­fi­gure le travail col­la­bo­ra­tif des dé­ve­lop­peurs. D’une part, il per­met une édi­tion si­mul­ta­née du code source par deux dé­ve­lop­peurs, cha­cun sur sa ma­chine, avec des vues in­dé­pen­dantes, mais une vi­sion temps- réel des mo­di­fi­ca­tions ap­por­tées par cha­cun, que ces dé­ve­lop­peurs soient sur Vi­sual Stu­dio ou sur Vi­sual Stu­dio Code, et donc qu’ils soient sous Win­dows, Mac ou Li­nux. Au- de­là de l’édi­tion, Vi­sual Stu­dio Live Share per­met aus­si un de­bug­ging par­ta­gé ! Une ses­sion en ex­plique tous les dé­tails : BRK2130. Pour ceux qui s’in­té­ressent aux Blo­ck­chains, si­gna­lons l’in­tro­duc­tion d’Azure Blo­ck­chain Work­bench, un nou­vel ou­til de dé­ve­lop­pe­ment spé­cia­li­sé sur le su­jet et lar­ge­ment dé­crit dans une ses­sion dé­diée ( BRK2104). Pour ceux qui dé­butent sur le su­jet, si­gna­lons au pas­sage la très di­dac­tique ses­sion « An in­tro­duc­tion to Blo­ck­chain with Mark Rus­si­no­vich » ( BRK2507).

Ban­co sur l’IA

L’Intelligen­ce artificiel­le était om­ni­pré­sente du­rant cette Build 2018. Elle s’in­tro­duit même dé­sor­mais au coeur des ou­tils de dé­ve­lop­pe­ment. Mi­cro­soft a en ef­fet an­non­cé Vi­sual Stu­dio In­tel­liCode, dont l’ob­jec­tif est d’uti­li­ser l’IA pour ai­der les dé­ve­lop­peurs à amé­lio­rer la qua­li­té de leur code ou plus sim­ple­ment leur pro­duc­ti­vi­té en fai­sant des sug­ges­tions au mo­ment même de l’écri­ture. L’un des ob­jec­tifs de cette Build 2018 était de faire de tous dé­ve­lop­peurs Azure et Win­dows un dé­ve­lop­peur IA. Pour ce­la, Mi­cro­soft compte à la fois sur de nou­veaux ou­tils des­ti­nés à fa­ci­li­ter l’ac­ces­si­bi­li­té des tech­no­lo­gies IA et sur une ou­ver­ture maxi­male de tous ses ser­vices Azure : l’es­sen­tiel des ou­tils pro­po­sés s’ap­puient sur « ONNX » , l’Open Neu­ral Net­work Ex­change Fra­me­work dé­ve­lop­pé avec Fa­ce­book, et per­mettent d’uti­li­ser n’im­porte quel fra­me­work de ré­seau de neu­rones, no­tam­ment Ten­sorF­low et CNTK, pour bâ­tir les mo­dèles. Par­mi les ou­tils lar­ge­ment mis en avant,

on re­tien­dra le nou­veau jeu d’API dé­dié à l’IA sous Win­dows 10 : WinML sim­pli­fie l’exé­cu­tion de mo­dèles pré- en­traî­nés sous Win­dows. L’in­ter­face per­met de ti­rer pro­fit des éven­tuelles ac­cé­lé­ra­tions ma­té­rielles pré­sentes sur la ma­chine qu’ils s’agissent de GPU ( via DX12), de VPU comme les Mo­vi­dius My­riad X d’In­tel, ou des NPU in­té­grés dans cer­tains CPU ( SnapD­ra­gon 835/ 845, Hua­wei Ki­rin 970). L’ob­jec­tif est no­tam­ment de sim­pli­fier l’usage des mo­dèles sur les De­vices au­tre­ment dit dans le « Edge » et consti­tue l’une des fon­da­tions de l’In­tel­li­gent Edge prô­né par Sa­tya Na­del­la. On no­te­ra au pas­sage que les ou­tils Azure ne sont pas uni­que­ment pen­sés pour WinML puisque le sup­port d’Apple Core ML est éga­le­ment pré­sent dans Azure Ma­chine Lear­ning, le ser­vice Azure dé­dié à la concep­tion et l’ap­pren­tis­sage des mo­dèles. Par ailleurs, Vi­sual Stu­dio 2017 ( Pre­view 15.8) in­tègre de nom­breux rac­cour­cis et as­sis­tants pour sim­pli­fier la ma­ni­pu­la­tion des mo­dèles entre le Cloud Azure ML et vos ap­pli­ca­tions. Mi­cro­soft a éga­le­ment an­non­cé une nou­velle ini­tia­tive sur cinq ans, do­tée d’un bud­get de 25 mil­lions de dol­lars, pour en­cou­ra­ger l’uti­li­sa­tion de l’Intelligen­ce artificiel­le comme mo­teur d’in­té­gra­tion des han­di­ca­pés : IA for Accessibil­ity ( www. mi­cro­soft. com/ AI­forAc­ces­si­bi­li­ty). Vi­déo à dé­cou­vrir sur : https:// you­tu. be/ bbrZ2p­vubL0.

In­tel­li­gent Cloud

La vé­ri­table star de la Build, c’était bien sûr Azure. Staya Na­del­la dé­crit dé­sor­mais son Cloud comme le World’s Com­pu­ter, un or­di­na­teur mon­dial construit sur quatre pi­liers : Azure Cloud, Azure Stack – pour dis­po­ser de l’es­sen­tiel d’Azure Cloud dans le Da­ta­cen­ter de l’en­tre­prise –, Azure IoT Edge et Azure Sphere. L’es­sen­tiel des ses­sions tour­nait au­tour d’Azure avec, Build oblige, une mise en avant as­sez pro­non­cée des so­lu­tions de Ser­ver­less Com­pu­ting et un ac­cent mis sur Azure Func­tions, sur le très éton­nant et sur­puis­sant Azure Event Grid, sur l’in­con­tour­nable AKS ( Azure Ku­ber­netes Ser­vice), pour créer un clus­ter d’exé­cu­tion de conte­neurs sous Ku­ber­netes en­tiè­re­ment ma­na­gé et sur Azure Con­tai­ner Ins­tances, pour exé­cu­ter ins­tan­ta­né­ment un conte­neur sans se sou­cier de la ges­tion du moindre ser­veur, ce ser­vice étant sans doute le moyen le plus ins­tan­ta­né et le plus tri­vial au monde pour pla­cer un conte­neur dans le Cloud. Par­mi les an­nonces, on re­tien­dra l’ou­ver­ture aux dé­ve­lop­peurs du pro­jet Brain­wave via Azure ML. De­puis quelques mois, Mi­cro­soft dé­ploie des FPGA ac­cé­lé­ra­teurs d’IA sur tous ses ser­veurs Azure. Ils étaient uti­li­sés jus­qu’ici par Bing et les Con­gni­tive Ser­vices. Ils sont sup­po­sés être 5 fois plus ef­fi­caces que les TPU uti­li­sés par

Google et per­met­traient par exemple l’ana­lyse de 540 images par se­conde là où un CPU n’en gère qu’une tren­taine. Mi­cro­soft ouvre éga­le­ment à quelques par­te­naires l’ac­cès à ses cartes FPGA Brain­wave pour le Edge Com­pu­ting. L’ac­cent a aus­si été mis sur les Azure Co­gni­tive Ser­vices qui offrent des API très simples à mettre en oeuvre pour la tra­duc­tion de texte, la re­con­nais­sance vo­cale, la syn­thèse vo­cale, la re­con­nais­sance d’ob­jets, de per­sonnes et d’émo­tions au sein d’images et de vi­déos. Azure Search s’in­tègre dé­sor­mais à ces ser­vices IA pour of­frir à vos ser­vices et ap­pli­ca­tions une re­cherche plus in­tel­li­gente sur les conte­nus au­dio, pho­to et vi­déo. La par­ti­cu­la­ri­té des Azure Co­gni­tive Ser­vices est qu’ils sont dé­cli­nés en ver­sion « Cus­tom » , où les en­tre­prises peuvent en­voyés des mo­dèles per­son­na­li­sés pour ajus­ter les re­con­nais­sances à leurs propres be­soins. Autre par­ti­cu­la­ri­té, ces ser­vices peuvent être pa­cka­gés en conte­neur pour être en­suite di­rec­te­ment em­bar­qués et exé­cu­tés sur des ap­pa­reils. Ce qui in­tro­duit le der­nier vo­let de la confé­rence…

In­tel­li­gent Edge

Dé­ci­dé­ment, le Cloud étant dé­sor­mais bien im­plan­té par­tout, le mar­ke­ting in­for­ma­tique ne jure plus que par le « Edge Com­pu­ting » . Mi­cro­soft le voit « In­tel­li­gent » et comme un en­semble de tech­no­lo­gies per­met­tant de dé­pla­cer le Cloud au plus proche du ter­rain et des sources d’in­for­ma­tion. Le coeur de la stra­té­gie Mi­cro­soft en la ma­tière re­pose sur le run­time « Azure IoT Edge » , no­tam­ment uti­li­sé pour exé­cu­ter les Cus­tom Co­gni­tive Ser­vices et les mo­dèles is­sus d’Azure ML sur les ob­jets connec­tés – y com­pris sur Rasp­berr Pi. Lors de la Build, Mi­cro­soft a of­fi­ciel­le­ment an­non­cé l’ac­cès en Open Source de son run­time Azure IoT Edge ! Ce der­nier s’exé­cute aus­si bien sous Win­dows que sous Li­nux. Et Mi­cro­soft a pro­fi­té de la Build pour an­non­cer dif­fé­rents par­te­na­riats au­tour de son « In­tel­li­gent Edge » . Un kit dé­ve­lop­peur de vi­sion in­tel­li­gente pour la sé­cu­ri­té des mai­sons et des in­fra­struc­tures in­dus­trielles est en cours de dé­ve­lop­pe­ment avec Qual­comm et se­ra dis­po­nible d’ici à la fin de l’an­née. Ob­jec­tif : vous en­traî­nez votre re­con­nais­sance d’ob­jets ou de si­tua­tions dans le Cloud Azure et vous dé­ployez votre ap­pli­ca­tion de sur­veillance dans les ca­mé­ras Qual­comm. Autre par­te­na­riat phare, DJI, lea­der des drones, pro­pose un nou­veau SDK pour Win­dows 10 per­met­tant un contrôle to­tal du vol, mais aus­si le trans­fert du flux vi­déo en temps réel et son in­té­gra­tion aux ser­vices d’ana­lyse co­gni­tive. L’ob­jec­tif est de per­mettre aux dé­ve­lop­peurs d’ima­gi­ner des so­lu­tions de sur­veillance par drones ti­rant par­ti d’Azure IoT Edge et des ser­vices d’IA de Mi­cro­soft pour concré­ti­ser de nou­veaux scé­na­rios dans la sé­cu­ri­té d’in­fra­struc­tures cri­tiques, l’agri­cul­ture, la construc­tion, etc. En­fin, on si­gna­le­ra l’an­nonce sur­pre­nante du Pro­jet Ki­nect pour Azure. Ki­nect fait donc son re­tour dans une nou­velle for­mule : il s’agit d’un nou­vel en­semble de cap­teurs or­ga­ni­sés au­tour d’une caméra de pro­fon­deur nou­velle gé­né­ra­tion et em­bar­quant une uni­té NPU ( Neu­ral Pro­ces­sing Unit) com­pa­tible Azure IoT Edge. Bref, cette Build 2018 se se­ra ré­vé­lée beau­coup plus riche et sur­pre­nante qu’at­ten­du. Elle au­ra aus­si eu le mé­rite d’éclai­rer un peu plus les dé­ve­lop­peurs sur la vi­sion de Mi­cro­soft pour les pro­chaines an­nées… ❍

SA­TYA NA­DEL­LA VOIT AZURE COMME UN « WORLD’S COM­PU­TER » S’ÉTENDANT DU CLOUD JUS­QU’AUX DE­VICES.

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