Le Cloud n’est plus la pa­na­cée pour les DSI

n’est plus la pa­na­cée

L'Informaticien - - SOMMAIRE - B. G.

Ces der­nières an­nées, sous cou­vert de trans­for­ma­tion nu­mé­rique, les en­tre­prises ont été nom­breuses à mettre le cap sur le Cloud pu­blic. « Cloud first » ou « Cloud on­ly » étaient les maîtres mots des DSI. Or, de­puis 18 mois, elles semblent tem­pé­rer leurs ar­deurs comme le montre une étude D’IDC pour le compte de Dell.

Se­rait- ce le signe d’une vé­ri­table ma­tu­ri­té des en­tre­prises vis- à- vis du Cloud ? 80 % des en­tre­prises qui ont ra­pa­trié des tâches jus­qu’alors pla­cées dans le Cloud es­timent conti­nuer à uti­li­ser cette tech­no­lo­gie mais pour des tra­vaux spé­ci­fiques. L’hybride semble donc de­ve­nir l’ar­chi­tec­ture de ré­fé­rence.

Une vraie ten­dance

Con­trai­re­ment aux ap­pa­rences, le mou­ve­ment est une vraie ten­dance et a dé­bu­té il y a long­temps car dès 2013 des en­tre­prises ont en­tre­pris ce ra­pa­trie­ment d’ap­pli­ca­tions ou d’in­fra­struc­tures. Les deux prin­ci­pales rai­sons de ce mou­ve­ment sont, sans sur­prise, les coûts et la sé­cu­ri­té. De plus 78 % des or­ga­ni­sa­tions dé­clarent réa­li­ser 10 % d’éco­no­mies sur le coût to­tal de pos­ses­sion de leur in­fra­struc­ture sur trois ans. Ce­la n’est ce­pen­dant pas une re­mise en cause de ce qui peut sem­bler être la nou­velle norme, le Cloud pu­blic pour l’in­fra­struc­ture : 62,7 % des en­tre­prises ont ac­tuel­le­ment des work­loads dans le Cloud ou pla­ni­fient d’en mettre. À l’in­verse, 65 % de ces en­tre­prises in­diquent ce­pen­dant ra­pa­trier cer­taines tâches dans leur centre de don­nées. Jus­qu’à pré­sent l’adop­tion de ce type de Cloud était as­sez gé­né­rale et tous types de tâches étaient éli­gibles pour ce­la. Les prin­ci­pales uti­li­sa­tions étaient dé­vo­lues aux nou­velles ap­pli­ca­tions ou pour étendre ou mi­grer des ap­pli­ca­tions exis­tantes. Dans cette étude, IDC a sé­pa­ré deux types de pu­blics : les en­tre­prises tra­di­tion­nelles et les four­nis­seurs de ser­vices en ligne. Les rai­sons d’adop­tion du Iaas sont un peu dif­fé­rentes se­lon les pu­blics. Pour les en­tre­prises tra­di­tion­nelles, les in­ves­tis­se­ments plus bas et l’ef­fi­ca­ci­té opé­ra­tion­nelle res­tent les deux pre­mières rai­sons. Cette ten­dance dé­montre que la DSI est en­core vue comme un centre de coût avec, en­core, une vi­sion dé­fen­sive de ré­duc­tion des coûts et d’amé­lio­ra­tion de l’ef­fi­ca­ci­té de l’in­fra­struc­ture. Pour les four­nis­seurs de ser­vices, les rai­sons d’uti­li­ser le Cloud pu­blic se concentren­t sur la pos­si­bi­li­té d’ob­te­nir une au­dience glo­bale et la fa­ci­li­té de ré­pondre à la de­mande : une vi­sion of­fen­sive, pou­voir se dé­ve­lop­per lar­ge­ment et par­tout, tout en mi­ni­mi­sant les risques dans l’in­ves­tis­se­ment dans ces moyens de crois­sance.

Les coûts ? Oui, ça fait mal !

Le coût du Cloud reste une des rai­sons prin­ci­pales du ra­pa­trie­ment de cer­tains work­loads. C’est le cas pour 43 % des en­tre­prises tra­di­tion­nelles et 37 % pour les four­nis­seurs de ser­vices.

Les prin­ci­paux re­proches adres­sés aux four­nis­seurs de Iaas ? Le manque de pré­vi­si­bi­li­té de ces coûts, les charges sur les trans­ferts de don­nées et la perte de com­pé­ti­ti­vi­té avec la mon­tée à l’échelle. Si la fac­tu­ra­tion à l’usage et le mo­dèle de paie­ment à la consom­ma­tion semblent adap­tés au dé­part, ce­la ne veut pas dire que ces bé­né­fices sur les coûts se ré­per­cutent pour des tâches in­ten­sives sur des pé­ri­mètres plus larges. De plus, le mo­dèle de paie­ment à l’usage peut de­ve­nir dif­fi­cile à pré­voir et à pla­ni­fier sur des pé­ri­mètres im­por­tants sur­tout si le vo­lume de­vient va­riable avec la mon­tée en puis­sance de l’ap­pli­ca­tion ou de l’in­fra­struc­ture.

Confiance li­mi­tée dans la sé­cu­ri­té

La sé­cu­ri­té fait par­tie des trois pre­mières rai­sons pour les­quelles une en­tre­prise ra­pa­trie des tâches du Cloud pu­blic vers son en­vi­ron­ne­ment in­terne ; 44 % des en­tre­prises tra­di­tion­nelles sont dans ce cas ain­si que 34 % des four­nis­seurs de ser­vices ; 60 % de ceux- ci ont re­pris en in­terne des tâches pla­cées dans le Cloud pu­blic ( Iaas) et 30 % éva­luent ac­ti­ve­ment des al­ter­na­tives pos­sibles à ce qu’elles ex­ploitent dans le Cloud pu­blic. Les prin­ci­pales rai­sons der­rière cette ten­dance : la peur des at­taques mal­veillantes, le manque de contrôle sur les échanges de don­nées dis­sé­mi­nées dans le Cloud et les pos­si­bi­li­tés d’ac­cès non au­to­ri­sé. Pour les en­tre­prises tra­di­tion­nelles avec beau­coup de don­nées d’uti­li­sa­teurs fi­naux, cette rai­son vient même avant celle des coûts. Ces dif­fé­rentes rai­sons re­flètent le peu d’as­su­rance sur les mé­ca­nismes de sé­cu­ri­té des four­nis­seurs de Cloud pu­blic, com­pa­ra­ti­ve­ment aux opé­ra­tions dans un en­vi­ron­ne­ment tra­di­tion­nel dans les centres de don­nées.

Une réelle ma­tu­ri­té face au Cloud

Un autre chiffre in­dique que les en­tre­prises maî­trisent main­te­nant vé­ri­ta­ble­ment la mé­ca­nique du Cloud. Plus de 80 % des ré­pon­dants in­diquent avoir un plan ac­tif d’al­ter­na­tive au Cloud pu­blic avec des in­fra­struc­tures prêtes à ac­cueillir les tâches ac­tuel­le­ment dans le Cloud. Elles sont donc prêtes à uti­li­ser le Cloud là où il est le plus ef­fi­cace et le plus in­té­res­sant fi­nan­ciè­re­ment par­lant mais pas pour tout ! De plus, elles sont dé­sor­mais ca­pables d’éva­luer pré­ci­sé­ment les op­tions et de maî­tri­ser les ac­tions pour mi­grer des tâches ce qui re­flète la vo­lon­té et la ca­pa­ci­té de réa­li­ser les chan­ge­ments si né­ces­saires.

L’hybride s’im­pose

Sur l’en­semble des ré­pon­dants, moins d’un quart d’entre eux ont to­ta­le­ment aban­don­né le Cloud pu­blic. Mais 79,8 % ont dé­pla­cé des com­po­sants spé­ci­fiques du Cloud pu­blic. Ils sont ce­pen­dant 87 % à as­su­rer gar­der la pos­si­bi­li­té de Cloud pu­blic dans cer­tains cas ; 44,5 % ont dé­pla­cé ces com­po­sants sur plus d’une pla­te­forme al­ter­na­tive. Avec la ma­tu­ri­té croît la re­con­nais­sance de pla­te­formes spé­ci­fiques pour cer­tains de ces com­po­sants spé­ci­fiques dans leur por­te­feuille IT. Et ce­la in­dique une meilleure ac­cep­ta­tion, et donc une crois­sance, des struc­tures hy­brides.

Une re­prise en main des coûts

La plu­part des en­tre­prises dé­clarent un meilleur coût to­tal de pos­ses­sion. 27 % des en­tre­prises in­diquent même des éco­no­mies sur le TCO sur trois ans ( en pour­cen­tage des bud­gets IT an­nuels) de plus de 20 % et 5 % des ré­pon­dants in­diquent des chiffres à plus de 70 %. Ce cal­cul sur le coût to­tal de pos­ses­sion ap­puie bien sûr le dé­bat sur les com­pro­mis et le ra­pa­trie­ment des tâches du Cloud pu­blic sur un en­vi­ron­ne­ment mieux maî­tri­sé. ✖

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