La su­cess sto­ry de Sté­phane Gla­ser

ÉCO­NO­MIE Il y a 5 ans, Sté­phane Gra­ser, an­cien cadre dans les té­lé­coms a créé son agence de ré­pa­ra­tion de toi­tures. Au­jourd’hui, l’en­tre­prise em­ploie 15 sa­la­riés et de­vrait réa­li­ser un très bon CA.

L'Observateur de Beauvais - - LA UNE - Jim­my Hau­te­cloche

Il y a 5 ans, presque jour pour jour, Sté­phane Gra­ser, 45 ans, créait son agence fran­chi­sée spé­cia­li­sée dans la ré­fec­tion de toi­tures. Pour­tant, l’homme n’y connais­sait jus­qu’alors rien en ma­tière de bâ­ti­ments. Né à Rouen, après une en­fance et une ado­les­cence dans le Nord à proxi­mi­té de Lille, Sté­phane Gra­ser sort di­plô­mé d’une école de com­merce. Après avoir ef­fec­tué un CSNE co­opé­ra­tion ser­vice na­tio­nal en­tre­prise en Ca­li­for­nie près de San Fran­cis­co, il va faire car­rière dans le sec­teur des té­lé­coms pen­dant une quin­zaine d’an­nées. Dans un pre­mier temps, il of­fi­cie­ra chez l’opé­ra­teur Ce­ge­tel avant de tra­vailler pour un équi­pe­men­tier té­lé­pho­nique à des postes de di­rec­tions com­mer­ciales et opé­ra­tion­nelles. En 2013, il juge avoir « fait le tour des té­lé­coms ». Il veut dé­sor­mais ra­che­ter une en­tre­prise dans un sec­teur « plus terre à terre ». « Je ré­flé­chis­sais à ra­che­ter une en­tre­prise de ser­vice, peut-être dans la plom­be­rie... les mé­tiers nobles du bâ­ti­ment m’in­té­res­saient. Je vou­lais un ser­vice qui soit dif­fi­ci­le­ment dé­lo­ca­li­sable par rap­port à l’in­dus­trie qui peut se faire en Chine ou dans les pays de l’Est »

« LA CRISE DE LA QUA­RAN­TAINE »

Ce père de sept en­fants qui vit avec sa femme mé­de­cin à Cham­bly ex­plique les rai­sons qui l’ont pous­sé à dé­mar­rer une nou­velle vie : « J’en avais marre de faire la route de l’Oise à la Ré­gion pa­ri­sienne tous les jours... c’est peut-être aus­si à cause de la crise de la qua­ran­taine ». C’est en ac­com­pa­gnant un ami lors d’un sa­lon des fran­chises, qu’il va faire la ren­contre qui va chan­ger sa vie. Sté­phane Gra­ser a un coup de coeur pour la fran­chise At­ti­la spé­cia­li­sé dans la ré­fec­tion de toi­tures :« Nous ne fai­sons pas de neuf ou de ré­fec­tion com­plète ». Il est sé­duit par le concept de fran­chise et no­tam­ment « par l’ac­com­pa­gne­ment por­té par un ré­seau cen­tral ». Après une for­ma­tion, Sté­phane se lance et crée, le lun­di 28 oc­tobre 2013, son agence à Beau­vais. Un pa­ri qui se ré­vé­le­ra ga­gnant, en l’es­pace de 5 ans, il pas­se­ra de deux à quinze em­ployés. Son chiffre d’af­faires qui se­ra dès la 1ère an­née de 522 000 € n’au­ra eu de cesse de croître an­née après an­née, at­tei­gnant le mil­lion dès 2016. En 2017, l’agence de Sté­phane Gra­ser at­teint le chiffre d’1 340 000 € : « On a ga­gné en moyenne 300 000 € de plus chaque an­née ».

1 800 000 € DE C.A PRÉ­VU EN 2018

Un suc­cès qui n’est pas près de s’ar­rê­ter, en 2018, il vise les 1 800 000 € de chiffre d’af­faires tout en nuan­çant : « Ce­la a été une an­née ex­cep­tion­nelle en rai­son de la mé­téo, il a beau­coup plu, ce qui nous a fait for­cé­ment beau­coup tra­vailler, on a aus­si eu la fin de gros chan­tiers que nous n’au­rons plus l’an pro­chain ». Les rai­sons de son suc­cès ? Sté­phane Gra­ser évoque tour-à-tour, la « proxi­mi­té et la ré­ac­ti­vi­té de son agence »: « Nous ré­pon­dions à un vrai be­soin quand nous sommes ar­ri­vés et il y avait peu de concur­rence dans notre sec­teur » L’as­pect pros­pec­tif n’est pas lais­sé en compte : « Nous n’at­ten­dons pas les clients, nous al­lons les cher­cher ». Sa clien­tèle est va­riée : « 60 % de pro­fes­sion­nels, 25% de ges­tion­naires de pa­tri­moines (ndlr : of­fice HLM, syn­di­cat de co­pro­prié­tés), 10 % pu­blic et 5 % de par­ti­cu­liers ». La moi­tié des chan­tiers de l’agence se dé­roule sur le Beauvaisis, l’autre moi­tié dans un sec­teur plus large.

UN DÉ­MÉ­NA­GE­MENT ET UNE NOU­VELLE AGENCE

Preuve s’il en fal­lait en­core de son suc­cès, de­puis mai der­nier, son agence a dé­mé­na­gé dans des lo­caux beau­coup plus spa­cieux si­tués au 14 rue Léo­nard-de-Vin­ci en lieu et place de l’en­tre­prise de me­nui­se­rie Le Car­lier qui avait fer­mé en 2015 : « Nous avons en­tiè­re­ment ré­no­vé les lo­caux à neuf. C’est un ra­chat par­tiel, l’autre par­tie des bâ­ti­ments ac­cueille les nou­veaux lo­caux de Beau­vais En­chères ». Concer­nant Beau­vais, Sté­phane Gra­ser évoque une « im­por­tante spé­ci­fi­ci­té lo­cale »: « Les gens du coin se font tra­vailler entre eux ». De son cô­té, il a te­nu a confier les tra­vaux de ré­no­va­tion de la nou­velle agence à des en­tre­prises de Beau­vais et de Méru. « On fait tra­vailler au maxi­mum l’éco­sy­tème lo­cal », ajoute t-il en évo­quant éga­le­ment le re­cru­te­ment de ses sa­la­riés : « On a cher­ché sur Beau­vais et dans l’Oise au plus loin ». Au­jourd’hui, Sté­phane Gra­ser ne compte pas s’ar­rê­ter en si bon che­min : il a pour pro­jet d’ou­vrir à l’ho­ri­zon 2019-2020, une nou­velle agence dans le Sud de l’Oise. Ce pa­tron qui sait d’ex­pé­rience ce que c’est d’avoir be­soin d’évo­luer pro­fes­sion­nel­le­ment mo­tive éga­le­ment sa dé­ci­sion d’ex­ten­sion : « Ici, pour eux, il n’y a pas beau­coup de pers­pec­tives d’évo­lu­tion de car­rière si ce n’est le sa­laire, une nou­velle agence per­met­tra de pro­po­ser à de bons élé­ments des op­por­tu­ni­tés de dé­ve­lop­pe­ment pour les gar­der ».

... « Les gens du coin se font tra­vailler entre eux » ...

Sté­phane Gra­ser (au centre), créa­teur de l’agence At­ti­la Beau­vais en com­pa­gnie de deux de ses em­ployés : Gau­thier Conté, char­gé de clien­tèle et Anaïs Ro­bert, as­sis­tante com­mer­ciale.

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