Co­lère après la coupe sau­vage de la SNCF

SILLY-TILLARD Lors de la ré­fec­tion de la ligne (Epi­nay/ Le Tré­port), la SNCF a cou­pé sans pré­ve­nir de nom­breux ar­bustes dans une zone Na­tu­ra 2000. La com­mune ne veut pas en res­ter là.

L'Observateur de Beauvais - - LA UNE -

Mas­sacre à la tron­çon­neuse…C’est un peu l’im­pres­sion qu’on eue les ha­bi­tants de Silly-Tillard en découvrant le dé­boi­se­ment « sau­vage » exer­cé par la SNCF le long de la voie fer­rée qui longe leur com­mune. Cette ligne (Epi­nay / Le Tré­port), est en ré­fec­tion et ces tra­vaux doivent en faire par­tie. Mais quel mas­sacre ! re­grettent les ha­bi­tants, le maire Mr Jean Ver­ta­dier en tête. « C’est tout un as­pect de la com­mune qui est dé­truit, sac­ca­gé, une honte ! » . Certes, tout le monde l’ad­met, la vé­gé­ta­tion était luxu­riante aux abords de la ligne, mais jus­te­ment ce­la fai­sait par­tie à la fois du pay­sage et de la sé­cu­ri­té. Ha­bi­tat na­tu­rel de nom­breuses es­pèces, les ar­bustes pro­té­geaient éga­le­ment l’ac­cès aux voies et créaient un écran an­ti-bruit na­tu­rel, qui était tel­le­ment ef­fi­cace que l’on ne se ren­dait même pas compte de l’exis­tence même de cette voie fer­rée. Comme le pré­cise Me Gre­go­ry Flye, correspond­ant ju­ri­dique de la com­mune, « nous sommes juste avant le tun­nel, et ce­ci im­plique un coup de klaxon avant de le fran­chir, klaxon pra­ti­que­ment in­au­dible au­pa­ra­vant

mais dé­sor­mais bien per­tur­ba­teur ! » Le pire étant qu’à au­cun mo­ment, la mu­ni­ci­pa­li­té n’a été in­for­mée de cette dé­fo­res­ta­tion sau­vage, il au­rait sans doute été pos­sible de tailler et de li­mi­ter le dé­ve­lop­pe­ment de cette vé­gé­ta­tion ar­bus­tive, sans l’éra­di­quer sau­va­ge­ment. Le « pire du pire » se­lon Me Flye, étant que la zone est en « Na­tu­ra 2000 » qui vise (en théo­rie) une meilleure prise en compte des en­jeux de bio­di­ver­si­té dans les ac­ti­vi­tés hu­maines. Ces sites sont dé­si­gnés pour pro­té­ger un cer­tain nombre d’ha­bi­tats et d’es­pèces re­pré­sen­ta­tifs de la bio­di­ver­si­té eu­ro­péenne par une ges­tion équi­li­brée et du­rable des es­paces qui tienne compte des pré­oc­cu­pa­tions éco­no­miques et so­ciales. La Cuesta du Bray entre le Pays de Bray et le Pla­teau de Thelle est concer­née (lire en­ca­dré). Cette mo­saïque de mi­lieux na­tu­rels consti­tue un ré­seau d’intérêt pa­tri­mo­nial ma­jeur pour la Pi­car­die et son im­por­tance au-de­là des li­mites ré­gio­nales est confir­mée par son ins­crip­tion au ré­seau Na­tu­ra 2000. Très concer­né et très en co­lère, Jean Ver­ta­dier ne compte pas lais­ser les choses en l’état. Mais en at­ten­dant, les dé­gâts sont ir­ré­ver­sibles et très dom­ma­geables pour l’en­vi­ron­ne­ment. A suivre…

Des ar­bustes qui pro­té­geaient l’ac­cès aux voix et qui fai­saient of­fice de mur an­ti bruit ont été cou­pés.

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