MAINS BALADEUSES Le sexa­gé­naire était « tac­tile » avec les femmes

PAYS DE BRAY Un homme de 64 ans a été condam­né à six mois de pri­son avec sur­sis pour agres­sion sexuelle sur une amie de son couple.

L'Observateur de Beauvais - - FAITS DIVERS / TRIBUNAL -

Un homme de 64 ans, ac­cu­sé d’agres­sion sexuelle et de vio­la­tion de do­mi­cile, a dé­ci­dé de gar­der le si­lence pen­dant toute la du­rée de son pro­cès. Lui et sa vic­time étaient tous deux ha­bi­tants d’un vil­lage près du Cou­dray-Saint-Ger­mer. Ils se re­trou­vaient lors d’ac­ti­vi­tés du vil­lage, le pré­ve­nu et le ma­ri de la vic­time chas­saient en­semble, la vic­time et la femme du pré­ve­nu étaient dans la même as­so­cia­tion. Ré­gu­liè­re­ment, le sexa­gé­naire ve­nait prendre un verre chez la vic­time en pré­sence de son ma­ri mais sou­vent il at­ten­dait que ce der­nier soit par­ti tra­vailler pour rendre vi­site à la vic­time. Ce­la lui sem­blait tel­le­ment nor­mal que, même lorsque la dame ne lui ou­vrait pas la porte, il fai­sait le tour par la ter­rasse et pé­né­trait ain­si sans y être in­vi­té.

MAIN AUX FESSES ET COM­PLI­MENTS CRUS

Seule­ment, il a été en­core plus loin un jour de 2014. Il a tou­ché les seins et les fesses de la femme et a ten­té de l’obli­ger à l’em­bras­ser. Pen­dant ce temps, il avait la main dans son pan­ta­lon. À ce­la s’ajoutent « des com­pli­ments crus ». Il a ré­ité­ré ce genre d’attitude la veille du déménageme­nt du couple. Elle s’est dé­bat­tue, l’a re­pous­sé et a pré­ve­nu qu’elle en par­le­rait à son ma­ri. Là-des­sus, il a par­lé de « coup de fu­sil ». Une autre fois, en 2016, le pré­ve­nu est ve­nu, avec sa femme, vi­si­ter le nou­vel ap­par­te­ment de la vic­time qui ve­nait de se séparer de son ma­ri. En des­cen­dant l’es­ca­lier, il en a pro­fi­té pour lui mettre la main aux fesses. Pen­dant l’en­quête, le pré­ve­nu a re­con­nu s’être frot­té à elle pen­dant une danse ain­si que ses fré­quentes vi­sites du­rant l’ab­sence du ma­ri en en­trant chez la dame sans at­tendre d’y être in­vi­té. Il a re­con­nu l’avoir en­la­cée et s’être tou­ché. Il a ad­mis avoir les mains baladeuses quand il a bu ain­si qu’avoir tou­ché les fesses de la vic­time mais il a contes­té l’his­toire du coup de fu­sil. Plu­sieurs femmes se se­raient plaintes de son attitude et le maire avait confir­mé qu’il « était tac­tile avec les femmes sur­tout quand il avait bu ». La vic­time at­tend des ex­cuses et 6 000 € de dom­mages et in­té­rêts. La pro­cu­reure Au­rore Mas­son sou­ligne que « mettre la main aux fesses, ce n’est pas être trop tac­tile, c’est une agres­sion ». Elle re­quiert six mois de pri­son avec sur­sis et mise à l’épreuve, as­sor­tis d’une obli­ga­tion de soins contre l’al­cool, de soins psy­cho­lo­giques, ain­si qu’un stage pour vio­lences sexistes, l’in­ter­dic­tion d’éli­gi­bi­li­té pen­dant 5 ans, l’in­ter­dic­tion de porter une arme et l’ins­crip­tion au fi­chier Fi­jais. L’avo­cate du pré­ve­nu parle d’un tem­pé­ra­ment sui­ci­daire et de sa prise de mé­di­ca­ments. « Il sait à peine lire et écrire et s’il n’a pas pris la pa­role, c’est de peur qu’on lui fasse dire une chose et son contraire ». Elle plaide la re­laxe. Le pré­sident d’au­dience suit la pro­cu­reure et condamne en outre le pré­ve­nu à ver­ser 2 000 € pour pré­ju­dice mo­ral à la vic­time.

La pro­cu­reure a rap­pe­lé au pré­ve­nu que « mettre la main aux fesses, ce n’est pas être trop tac­tile, c’est une agres­sion ».

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