«J’ai cru qu’il était mort» : le ré­cit gla­çant d’un joueur d’Au­neuil

AU­NEUIL La ren­contre entre Venette et Au­neuil a été ar­rê­tée à la suite d’une sé­rie d’agres­sions. Deux joueurs d’Au­neuil ont été hos­pi­ta­li­sés, un di­ri­geant de 70 ans et l’ar­bitre ont aus­si été frap­pés.

L'Observateur de Beauvais - - LA UNE - Jof­frey Meu­nier

«J’ai cru qu’il était mort » . Un joueur d’Au­neuil, pré­sent sur la pe­louse, se sou­vient de cette sen­sa­tion atroce lors­qu’il a vu son ca­pi­taine in­cons­cient al­lon­gé sur la pe­louse du ter­rain de Venette. C’est là que se te­nait la ren­contre comp­tant pour la Coupe de l’Oise, le 15 sep­tembre. La ten­sion était ra­pi­de­ment mon­tée, avec « des me­naces de mort » dans le pre­mier quart d’heure. On jouait la 19e mi­nute lorsque la si­tua­tion a dé­gé­né­ré suite à un coup de pied ar­rê­té. « Sur un dé­ga­ge­ment, notre gar­dien sort et touche leur avant-centre » , re­late l’Au­neuillois. L’im­pact est as­sez im­por­tant pour en­traî­ner la ré­ac­tion vi­ru­lente de l’at­ta­quant. « Là, il se re­tourne, et met une pa­tate (coup de poing) à notre gar­dien. Notre gar­dien le re­pousse, et là, le frère de l’at­ta­quant de Venette ar­rive et le ta­basse à son tour » . Les joueurs d’Au­neuil par­viennent à dé­fendre leur por­tier, et les choses semblent se cal­mer. L’ar­bitre bran­dit un car­ton rouge aux deux joueurs de Venette. Mais ces der­niers re­tournent vers le gar­dien, le frappent de nou­veau, re­joints par des sup­por­ters ayant sau­té au-des­sus de la main cou­rante. « D’autres joueurs ar­rivent, re­late le joueur d’Au­neuil, notre gar­dien se re­trouve au sol, on es­saie de le pro­té­ger, mais ils sont une di­zaine de Si Venette a an­non­cé une réunion pour évo­quer l’ex­clu­sion des deux joueurs concer­nés, les joueurs d’Au­neuil se sont réunis mar­di lors d’une cel­lule de crise. per­sonnes sur lui en train de le mas­sa­crer » . L’es­ca­lade dans l’hor­reur n’est pas ter­mi­née. « Notre ca­pi­taine a vu un spec­ta­teur vou­loir sau­ter à pieds joints sur la tête de notre gar­dien qui était au sol. Il a juste eu le temps de le re­te­nir au der­nier mo­ment. Là, il a pris un coup de poing et a eu le nez frac­tu­ré. Al­lon­gé sur la pe­louse, il a per­du connais­sance. J’ai cru qu’il était mort. L’un de nos joueurs, pom­pier, a dû le mettre en PLS (po­si­tion la­té­rale de sé­cu­ri­té) » . Les consé­quences, phy­siques et psy­cho­lo­giques, sont consi­dé­rables. « Notre gar­dien a été frap­pé dans le dos, à la tête, sur la nuque, il a des hé­ma­tomes sur tout le corps » . Vic­time d’un trau­ma­tisme crâ­nien, il porte au­jourd’hui une mi­nerve. Le ca­pi­taine, qui a su­bi une opé­ra­tion du nez, porte lui une cein­ture dor­sale suite aux coups vio­lents re­çus dans le dos. « On ne sait pas si notre gar­dien va re­prendre le foot, confie son co­équi­pier, il a eu tel­le­ment peur » . Si ces deux joueurs ont été hos­pi­ta­li­sés, cette vague de vio­lence a aus­si bles­sé un édu­ca­teur d’Au­neuil âgé de... 70 ans. « Il était en train de pro­té­ger les joueurs, il a re­çu des coups de poings, a des hé­ma­tomes à l’ar­cade, il est cho­qué et ne dort plus » . L’ar­bitre de la ren­contre, lui aus­si, a été frap­pé et pro­je­té au sol. Reste à sa­voir com­ment l’AS Au­neuil va pou­voir se re­mettre de cet après-mi­di cau­che­mar­desque... « On est sou­dé, on est une fa­mille, pré­cise le joueur d’Au­neuil, on s’est par­lé lors d’une cel­lule de crise, mar­di. Ven­dre­di, on va s’en­traî­ner, on va man­ger en­semble » . Dans un com­mu­ni­qué, le club de Venette pré­sente « ses ex­cuses et ses plus pro­fonds re­grets au club de l’AS Au­neuil, ain­si qu’à l’ar­bitre of­fi­ciel de la ren­contre » . Dans le do­cu­ment, le CA Venette adresse éga­le­ment « des voeux de prompt ré­ta­blis­se­ment » aux joueurs et au di­ri­geant d’Au­neuil bles­sés.

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