D. Pa­trelle : « On n’ar­rête pas un éle­vage comme ça »

L'Observateur de Beauvais - - HAUTS - DE - FRANCE - J.M.

L’Ob­ser­va­teur : Quelle est la prin­ci­pale pro­blé­ma­tique pour les agri­cul­teurs au­jourd’hui ?

De­nis Pa­trelle : Ce sont sur­tout les éle­vages. Les ani­maux ont be­soin de man­ger, donc il faut voir ce qu’on peut faire. On n’ar­rête pas un éle­vage comme ça. Pour la pro­duc­tion lai­tière, une vache pro­duit du lait tous les jours, donc qu’est-ce qu’on fait du lait ? Au­jourd’hui, les sto­ckages sont plein. Il faut les dé­truire, mais com­ment on va le faire ? Il faut mettre en place toute une pro­cé­dure. La vo­lon­té de la pro­fes­sion, c’est de col­lec­ter le lait dans l’ex­ploi­ta­tion, comme à l’ha­bi­tude, on la col­lecte, elle est cen­tra­li­sée, et elle est dé­truite. C’est pour as­su­rer le quo­ti­dien de la vie ani­male. Il y a une réunion ce soir (lun­di), et on va ex­pli­quer aux agri­cul­teurs com­ment tra­vailler de­main, après-de­main, en at­ten­dant les ré­sul­tats (lire par ailleurs).

Com­bien d’agri­cul­teurs sont tou­chés ?

Entre 70 et 80 éle­vages lai­tiers, et quatre éle­vages de vo­lailles de plein air, qui ont été en contact di­rect avec de pos­sibles re­tom­bées (de suie). Après, tout le monde n’est pas concer­né. Il y a des éle­vages où les ani­maux n’étaient pas de­hors à ce mo­ment-là (l’in­cen­die de l’usine Lu­bri­zol à Rouen a écla­té dans la nuit du mer­cre­di 25 au jeu­di 26 sep­tembre), et sont confi­nés de­puis.

Les consom­ma­teurs peuvent-ils s’at­tendre à ne plus voir leurs pro­duits lo­caux dans le com­merce, les su­per­mar­chés no­tam­ment ?

Pour les pro­duc­teurs qui sont sur place, c’est ge­lé, il n’y a pas de pro­duc­tion. Elle n’ira pas sur le mar­ché. De­puis le 26 sep­tembre, toute la pro­duc­tion se­ra dé­truite. Mais il n’y au­ra pas de pé­nu­rie, puis­qu’à l’échelle du dé­par­te­ment, il y a plus de 3000 agri­cul­teurs. Dans les cen­trales d’achat, l’ap­pro­vi­sion­ne­ment au­ra lieu. Après, si vous ache­tez un fro­mage de chèvre d’un pro­duc­teur vrai­ment très lo­cal, par exemple, il n’y en au­ra plus pen­dant les jours à ve­nir, mais ce se­ra aus­si com­pen­sé par d’autres pro­duc­teurs.

C’est la pre­mière fois que l’Oise est confron­tée à une telle si­tua­tion ?

C’est une grande pre­mière, et j’es­père la der­nière...

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