Prix du m3 d’eau : un col­lec­tif ne di­gère pas la hausse de… 400 %

MORTEFONTA­INE Un col­lec­tif as­sai­nis­se­ment « qui re­ven­dique » 237 foyers adhé­rents re­met en cause le coût du pas­sage à l’as­sai­nis­se­ment col­lec­tif. Le m3 d’eau prend 6€.

L'Observateur de Beauvais - - LA UNE -

On pour­rait évo­quer les pro­blèmes du coût de l’eau à Mortefonta­ine en Thelle en re­ve­nant à l’ori­gine, dans les an­nées 2000. A l’époque la com­pé­tence de l’as­sai­nis­se­ment n’ap­par­tient pas en­core à la com­mu­nau­té de com­munes, qui n’est pas en­core la Thel­loise… A l’époque, l’as­sai­nis­se­ment à Mortefonta­ine est in­di­vi­duel, et une étude ef­fec­tuée par un ca­bi­net agréé a dé­mon­tré un risque éle­vé d’im­pact sur l’eau, les ins­tal­la­tions sem­blant moins bien fonc­tion­ner que sur l’en­semble de la com­mu­nau­té de com­munes (257 ins­tal­la­tions sur les 325 exis­tantes ont été contrô­lées). En 2006, Thier­ry Pe­tit­cou­laud, maire, mi­lite pour un as­sai­nis­se­ment col­lec­tif « in­dis­pen­sable et né­ces­saire » . Il est donc pro­po­sé un peu plus tard de re­joindre une nou­velle sta­tion d’épu­ra­tion : La sta­tion de Hermes, di­men­sion­née pour une po­pu­la­tion de 20 000 ha­bi­tants, qui est pré­vue pour être mise en ser­vice en 2015 et est conçue pour trai­ter les eaux usées de 8 com­munes : Ber­the­court, Hermes, Mortefonta­ine-en-Thelle, Noailles, No­vil­lers-les-Cailloux, Pon­chon, Sainte-Ge­ne­viève et Villers-Saint-Sé­pulcre. Dé­but 2010, lan­ce­ment des études qui durent deux ans. Une en­quête pu­blique est lan­cée sur les 8 com­munes par ar­rê­té du 13 mai 2013. Tous les ha­bi­tants de toutes les com­munes concer­nées sont in­vi­tés à pré­sen­ter leurs ob­ser­va­tions. Mr Paillard , maire de Mortefonta­ine, dé­cla­rait en no­vembre 2009: « Il est évident que le prix de l’eau aug­men­te­ra à par­tir de 2013 ou 2014, il faut donc, dès à pré­sent, qu’in­di­vi­duel­le­ment, nous nous em­ployions à pro­té­ger notre eau, à trou­ver des moyens pour restreindr­e notre consom­ma­tion ». Mr Paillard pré­cise : « nous al­lons uti­li­ser les ré­seaux dé­jà en place de Ste Ge­ne­viève, de Noailles, de Ber­the­court pour ar­ri­ver à Hermes, donc bran­cher notre ré­seau, route de Ste-Ge­ne­viève, où existe dé­jà une sta­tion de re­le­vage. » Suivent les re­le­vés to­po­gra­phiques de chaque ha­bi­ta­tion pour le bran­che­ment in­di­vi­duel et dé­ter­mi­ner l’en­droit où s’ef­fec­tue­ra cette connexion au ré­seau, D’un coût to­tal ini­tial de 14,3 M€, sa construc­tion « au­ra un im­pact sur le prix de l’eau », in­di­quait Laurent Pa­gny, pré­sident du SITTEU por­teur du pro­jet. Pour que ce­la soit « moins dou­lou­reux pour les usa­gers », cette aug­men­ta­tion était pré­vue sur plu­sieurs an­nées, et ré­per­cu­tée pro­gres­si­ve­ment sur les fac­tures d’eau. « L’en­jeu est en­vi­ron­ne­men­tal » , es­ti­mait Laurent Pa­gny maire d’Hermes. Puis, le temps passe, le pro­jet a pris du re­tard, puis, par dé­ci­sion gou­ver­ne­men­tale (loi NOTRe), la com­pé­tence as­sai­nis­se­ment quitte le SITTEU, et re­joint en juin 2017 la com­mu­nau­té de com­munes qui par ef­fet de la même loi, a gros­si et est de­ve­nue « Thel­loise ». Entre temps la sta­tion, fi­nan­cée à hau­teur de 900 000 € par le Dé­par­te­ment, a été inau­gu­rée le ven­dre­di 16 sep­tembre 2016.Les rac­cor­de­ment suc­ces­sifs s’éche­lonnent. En 2019, sur les por­tails des ha­bi­ta­tions de Mortefonta­ine-en-Thelle, des pan­cartes fleu­rissent « non au re­cord de l’eau la plus chère de France ». Elles sont l’oeuvre d’un Col­lec­tif as­sai­nis­se­ment « qui re­ven­dique » 237 foyers adhé­rents, soit 75 % de la po­pu­la­tion com­mu­nale « . Me­né par Cy­ril Cres­pel,(qui ne cache pas ses am­bi­tions pour les pro­chaines mu­ni­ci­pales), ce col­lec­tif s’est créé pour pro­tes­ter contre l’aug­men­ta­tion ju­gée abu­sive de l’eau lorsque les tra­vaux d’as­sai­nis­se­ment col­lec­tif (prin­ci­pa­le­ment la créa­tion d’un ré­seau de ca­na­li­sa­tions in­exis­tantes) se­ront ter­mi­nés, soit mars/ avril 2020 . En ef­fet, le coût des tra­vaux en­ga­gés par la Thel­loise (pour la com­mune) est de 5 M€. Sur ce mon­tant, la somme de 2,5 M€ est prise en charge par l’agence de l’eau et autres sub­ven­tions, et pour le reste, la Thel­loise le fi­nan­ce­ra avec un em­prunt qu’elle ré­per­cu­te­ra sur les fac­tures d’eau des Mar­ti­fon­tains ! «Notre m3 d’eau est ac­tuel­le­ment à moins de 2 € (as­sai­nis­se­ment in­di­vi­duel) et de­vrait su­bir l’aug­men­ta­tion ex­tra­va­gante de plus de 400%, soit 8,36€ par m3 aux der­nières an­nonces de la Thel­loise ! En exemple, un foyer qui consomme 10 m3 d’eau par mois ver­ra sa fac­ture an­nuelle aug­men­ter de plus de 600 € par an ! Cette si­tua­tion est in­ac­cep­table, notre col­lec­tif a été créé pour ten­ter de rai­son­ner la Thel­loise sur le fu­tur prix de l’eau. Nous sommes fa­vo­rables à l’as­sai­nis­se­ment, mais pas à ce prix» . A la ques­tion » quelle so­lu­tion pro­po­sez-vous ? « Cy­ril Cres­pel dé­gage en touche, au­cune so­lu­tion concrète n’est sug­gé­rée : » Les Mar­ti­fon­tains sont conscients qu’un as­sai­nis­se­ment col­lec­tif est bé­né­fique pour la com­mune et sont prêts à par­ti­ci­per fi­nan­ciè­re­ment pour en pro­fi­ter mais tout en res­tant rai­son­nable, ain­si, pas­ser de 2€ le m3 d’eau à 5€ se­rait dé­jà est un ef­fort consi­dé­rable pour cha­cun. Pour notre col­lec­tif, les tra­vaux pu­blics sont payés par les col­lec­ti­vi­tés en uti­li­sant les im­pôts. Or, dans notre cas, la col­lec­ti­vi­té veut faire sup­por­ter le coût des tra­vaux pu­blics en lo­cal par les ha­bi­tants concer­nés, via la fac­ture d’eau, une aber­ra­tion.«

… Nous sommes fa­vo­rables à l’as­sai­nis­se­ment, mais pas à ce prix« …

Cy­ril Cres­pel est pour l’as­sai­nis­se­ment col­lec­tif mais pas à ce prix. L’ini­tia­teur du col­lectf fus­tige le manque de com­mu­ni­ca­tion, seule­ment une réunion en 2018 et quinze jours avant les tra­vaux.

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