Il frappe son ex et ta­pisse sa cel­lule d’ex­cré­ments

BRETEUIL Le 2 oc­tobre der­nier, un ha­bi­tant de Breteuil a pé­té les plombs sous l’ef­fet de l’al­cool. Après avoir frap­pé sa femme, il s’en est pris vio­lem­ment aux gen­darmes ve­nus le cal­mer.

L'Observateur de Beauvais - - FAITS DIVERS -

Dans le box, Bar­nard a du mal à res­ter en place. Quand le pré­sident Cy­ril Rouve le convie à s’ex­pli­quer à la barre sous bonne es­corte, le pré­ve­nu fixe lar­moyant son ex-com­pagne as­sise dans le pu­blic et qui vient de se por­ter par­tie ci­vile pour vio­lence conju­gale. «Re­tour­nez-vous, c’est ici que ce­la se passe» , le re­cadre aus­si­tôt le pré­sident. Les faits sont graves, le 2 oc­tobre, l’homme sous l’ef­fet de l’al­cool a réa­li­sé un fes­ti­val, il s’en est pris vio­lem­ment à sa femme, il a me­na­cé les gen­darmes, mor­du un mi­li­taire, dé­gra­dé leur vé­hi­cule et fi­nit par ta­pis­ser la cel­lule de ses ex­cré­ments. « De 22 h à 3 heures du ma­tin, il n’y a pas eu un mo­ment de ré­pit» , rap­pelle l’un des gen­darmes qui comme ses col­lègues s’est éga­le­ment por­té ci­vile. Un autre mi­li­taire de près d’1m90 rom­pu aux in­ter­pel­la­tions mou­ve­men­tées et que le pré­ve­nu a ten­té de mordre dit ne ja­mais avoir vé­cu ce­la. Le 2 oc­tobre, Bar­nard qui compte 9 condam­na­tions mais qui n’a plus fait par­ler de lui de­puis 2014 est dans son jar­din fa­mi­lial. Son ex le re­joint avec leur fils de 4 ans. Il a bu et fu­mé du can­na­bis. Alors qu’elle s’ap­prête à re­par­tir, il la tire vio­lem­ment par le cou, lui donne des coups dans le dos. La femme apeu­rée se ré­fu­gie alors chez sa mère qui fi­nit par ap­pe­ler les gen­darmes. Ces der­niers se pré­sentent au do­mi­cile du pré­ve­nu et sont ac­cueillis par une salve d’in­sultes. Bar­nard n’est pas dans son état nor­mal. «Par­tez de chez moi ! », in­time-t-il me­na­çant en fai­sant mine de se rou­ler un joint. Il se tape la tête contre le mur et me­nace deux gen­darmes avec une per­ceuse. Sur la table du sa­lon, les mi­li­taires dé­couvrent 266 grammes de can­na­bis, une liasse de billet de 175€ , une ba­lance et un té­lé­phone. Ils dé­cident de le sor­tir de chez lui ! Là aus­si, l’in­ter­pel­la­tion se ré­vèle épique.

Aler­té par ses cris, l’homme re­çoit le sou­tien de quelques voi­sins et les gen­darmes sont même obli­gés de faire ap­pel à leurs col­lègues du PSIG pour l’em­bar­quer. Mé­con­tent de son sort, il tente de mordre l’un des gen­darmes de son es­corte avant de cra­cher et sur­tout d’at­ta­quer la ban­quette même du vé­hi­cule avec ses dents. Et comme ce­la ne suf­fi­sait pas, l’in­ter­pel­lé fait des siennes en pri­son, il ta­pisse le mur d’ex­cré­ments de sa cel­lule. En face du pré­sident, ce Bri­tu­lien dit ne pas se sou­ve­nir des faits qui lui sont re­pro­chés. «J’ai un trou noir entre de­puis ce qui s’est pas­sé dans mon jar­din», ex­plique-t-il en pré­ci­sant bien qu’il a l’al­cool mau­vais. «Quand j’ai bu, je fais des conne­ries. C’est pour ce­la que je veux ar­rê­ter». L’homme ne cherche pas à mi­ni­mi­ser les faits dont il dit ne pas se sou­ve­nir. Le pré­sident parle lui de mé­moire sé­lec­tive. «Si ma femme dit que je l’ai at­tra­pé par le cou, c’est que je l’ai fait sup­pose-t-il. Chez lui, il ne se sou­vient pas avoir in­sul­té les gen­darmes. Mais il a des flahs. Il n’a pas pu me­na­cer les mi­li­taires avec une per­ceuse car c’était une vis­seuse. La drogue sur sa table, c’est pour sa consom­ma­tion per­son­nelle qui sou­lage sa main han­di­ca­pée. Il ne deale pas, la note sur la table avec une somme écrite, c’est la part que lui doit son frère pour des achats de ta­bac en Bel­gique. Le fait d’avoir mor­du la ban­quette, c’est parce qu’on l’avait fait en­trer de force dans la voi­ture et qu’on le main­te­nait al­lon­gé par terre . «J’avais tel­le­ment mal que je mor­dais la ban­quette» , jus­ti­fie-t-il. Le ba­di­geon­nage d’ex­cré­ments sur les murs de la cel­lule, c’était parce que les gen­darmes au­raient re­fu­sé de lui don­ner un mou­choir. «Mais le len­de­main, j’ai tout net­toyé» , pré­cise-t-il. Le pré­ve­nu est en­core agi­té mais for­mule des ex­cuses pu­bliques aux gen­darmes pré­sents dans la salle en se tour­nant vers eux. «Mais quelle image avez-vous don­né à votre fils en frap­pant sa mère», en­chaîne l’avo­cate de son ex. «C’est vrai, je lui ai pas don­né une bonne image, il faut que je lui ap­prenne à res­pec­ter les femmes, ré­pond-il pe­naud. La sub­sti­tut du pro­cu­reur, Aude La­royenne, s’in­quiète de son al­coo­lisme. Et d’au­tant plus que quand il boit, Bar­nard «n’est plus ca­pable de se contrô­ler» . Elle de­mande 18 mois d’em­pri­son­ne­ment dont six avec sur­sis (lire en­ca­dré).

Lors de son in­ter­pel­la­tion qui a né­ces­si­té le ren­fort des hommes du PSIG, le pré­ve­nu al­coo­li­sé a mor­du un gen­darme puis la ban­quette de la voi­ture des mi­li­taires avant de ta­pis­ser d’ex­cré­ments sa cel­lule.

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