EN VOI­TURE SUR LA COU­LÉE VERTE Fil­mé, le maire rou­lait sur un che­min de ran­don­née

FON­TAINE-BONNELEAU Aga­cé par le nombre de voi­tures em­prun­tant le che­min com­mu­nal pour­tant in­ter­dit à la cir­cu­la­tion, il a fil­mé l’un d’entre eux qui s’est ré­vé­lé être le maire de Blar­gies.

L'Observateur de Beauvais - - AUTOUR DE BEAUVAIS - Mat­thias Sch­weis­guth

Une vi­déo de 2’ 37’’ pos­tée sur Fa­ce­book compte plus de 5 300 vues et près de 200 par­tages On y voit Au­ré­lien Pe­tit, ha­bi­tant de Fon­tai­neBon­ne­leau, mar­cher sur la Cou­lée verte di­manche 14 oc­tobre et fil­mer une au­to­mo­bile qui avance len­te­ment. M. Pe­tit ex­plique que le che­min est « fer­mé aux vé­hi­cules… C’est dé­so­lant… Tout ça parce que la route (RD106) est fer­mée » à cause des tra­vaux. La voi­ture dé­passe le mar­cheur et s’éloigne. Ce­lui-ci in­ter­pelle les oc­cu­pants : « Hé, vous sa­vez que c’est in­ter­dit aux voi­tures ». Le conduc­teur sort. il s’agit de Pa­trick Pé­ri­mo­ny, maire de Blar­gies et vice-pré­sident de la com­mu­nau­té de com­munes de Pi­car­die Verte. Quelques mots sont échan­gés ; M. Pé­ri­mo­ny re­joint son vé­hi­cule et re­part. Le pié­ton conti­nue donc de fil­mer. Il lance « des gros cas sos de la vie » et éteint son por­table. La sé­quence est pos­tée le jour même sur Fa­ce­book. La vi­déo est lar­ge­ment com­men­tée. Les in­ter­nautes s’in­surgent de voir une voi­ture cir­cu­ler sur un che­min de ran­don­née. Beau­coup re­con­naissent le maire de Blar­gies qui de­vrait don­ner l’exemple étant don­né son en­ga­ge­ment pour la dé­fense de l’en­vi­ron­ne­ment. Au­ré­lien Pe­tit ha­bite près du sen­tier : « J’ai l’ha­bi­tude de m’y pro­me­ner en fa­mille. Là,

Au­ré­lien Pe­tit filme la voi­ture rou­ler sur la Cou­lée verte entre Fon­taine-Bonneleau et Bonneleau. j’étais seul. De­puis qu’il y a les tra­vaux sur la route (RD106), il y a de plus en plus de voi­tures qui passent sur le che­min, au moins 5 ou 6 par jour. J’en ai eu ras-le-bol. J’ai fil­mé. A force, le che­min est com­plè­te­ment dé­fon­cé. C’est un pur ha­sard que ça soit tom­bé sur ce mon­sieur. Je ne pen­sais pas que la vi­déo se­rait au­tant vi­sion­née. » Contac­té, Pa­trick Pé­ri­mo­ny est un peu gê­né mais plaide la bonne foi. « Ce qui s’est pas­sé est simple. J’étais à Fon­taine-Bonneleau. Je de­vais al­ler à Crois­sy­sur-Celle. La route prin­ci­pale était bar­rée, j’ai fait de­mi-tour. Dans Fon­taine, j’ai de­man­dé à une dame (que nous n’avons pas ren­con­trée) s’il y avait une autre route sans re­mon­ter jus­qu’à La­vac­que­rie. Elle m’a ré­pon­du “Vous n’avez qu’à pas­ser par là. Tout le monde fait ça.” J’ai pris ça pour argent comp­tant. J’ai vu des traces de voi­tures sur le che­min et je me suis en­ga­gé. J’ai sui­vi ce con­seil un peu bê­te­ment, je le re­con­nais. » Mal­gré tout, un pan­neau d’in­ter­dic­tion aux vé­hi­cules à mo­teur est po­sé à l’en­trée du che­min (pan­neau B7b). Cir­cu­ler en vé­hi­cule à mo­teur sur un che­min est pas­sible d’une contra­ven­tion de 4e classe (ar­ticle R412-7 du code de la route). Pa­trick Pé­ri­mo­ny est éton­né de la pro­por­tion que ce­la prend. « Je re­con­nais une faute mais je n’ai tué per­sonne. Je rou­lais très len­te­ment. Lorsque je suis des­cen­du de voi­ture, j’ai sen­ti que la per­sonne était très éner­vée. C’est là que j’ai vu qu’elle fil­mait. Il n’était pas pos­sible de dis­cu­ter. Je suis donc re­par­ti. » Au­ré­lien Pe­tit ré­fute ces pro­pos. « On peut l’en­tendre, je suis aga­cé mais je suis res­té tout à fait cour­tois. » Face aux ru­meurs lais­sant croire que Di­dier Cor­net, maire de Fon­taine-Bonneleau, lais­se­rait faire, ce­lui-ci in­siste : « Je n’ai ja­mais au­to­ri­sé qui­conque à cir­cu­ler sur le che­min… En tout cas, de­puis la vi­déo, plus per­sonne n’y passe ».

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