ON A TES­TÉ POUR VOUS Un dî­ner dans le noir or­ga­ni­sé par le Lions Club

IN­SO­LITE La 4e édi­tion du « Dî­ner dans le Noir », or­ga­ni­sée par le Lions club Beauvais Ca­thé­drale, s’est dé­rou­lée le 10 oc­tobre à l’Hô­tel Mer­cure. On a tes­té pour vous ce re­pas pas comme un autre.

L'Observateur de Beauvais - - BEAUVAIS -

Comme c’était an­non­cé dans le flyer, ce re­pas dans le noir consti­tuait bien « une ex­pé­rience sen­so­rielle unique »! A peine ar­ri­vée, on m’a ban­dé les yeux et conduite, à une table. Une fois as­sise, j’ai re­pé­ré mes verres, mes cou­verts, sai­si ma ser­viette que j’ai so­li­de­ment ar­ri­mée à mon col. Pre­mier plat. Très gen­ti­ment le ser­veur in­dique qu’il se met à ma droite pour po­ser mon as­siette. Dé­bute alors la dé­gus­ta­tion. En­fin, pas à tous les coups puisque sou­vent la four­chette re­vient vide. Avec mes voi­sines on échange nos im­pres­sions. Il y a de la bet­te­rave, ef­fec­ti­ve­ment puisque je re­trou­ve­rai des taches rouges sur la nappe et « quelque chose de doux ». Ah, du fro­mage de chèvre. Nous es­sayons tant bien que mal de fi­nir notre as­siette.

PERTE DE RE­PÈRES

A ce mo­ment là, ma voi­sine a soif et res­pecte la consigne, elle lève la main. Suit le plat, dont nous dé­cou­pons la viande avec dif­fi­cul­té. Un énorme mor­ceau manque de m’étouf­fer. Ce pou­let que je ne peux man­ger avec de la sauce – Où est-elle ? La se­moule qui l’ac­com­pagne a ten­dance à s’échap­per. Par contre im­pos­sible de de­vi­ner quel lé­gume l’ac­com­pagne. Chou ? Sa­lade cuite ? A cet ins­tant une de mes voi­sines, souf­frant de claus­tro­pho­bie, com­mence à se sen­tir mal. Etre dans le noir, trouble nos re­pères. Il faut la faire sor­tir, elle re­vien­dra plus tard. Si la conver­sa­tion roule sans pro­blème, je sens que je me tiens plus droite, mes mains res­tent sa­ge­ment sur la table. On ne sait ja­mais, si je fai­sais tom­ber quelque chose ! Puis voi­ci le des­sert. Il y a de l’ana­nas et du cho­co­lat, mais l’autre chose, un peu en lon­gueur, qu’est ce que c’est ? Plu­sieurs hy­po­thèses fusent. Ayant un peu de mal à le cou­per, je m’en em­pare et je mange avec mes doigts. On di­rait un chou, genre éclair. Au fur et à me­sure, force m’est de consta­ter que c’est une ba­nane rô­tie. Tant pis, mes doigts plein de cho­co­lat vé­ri­fient si mon as­siette est ter­mi­née. Pour le ca­fé nous en­le­vons nos masques, re­gar­dons la table, dé­cou­vrons le vi­sage de nos voi­sins que nous avions ima­gi­nés au­tre­ment. « Tiens je croyais que la table était ovale. J’avais l’im­pres­sion que ceux d’en face était plus près de moi » s’écrie l’un de mes voi­sins de ta­blée.

POUR LA BONNE CAUSE

Cette soi­rée ne per­met évi­dem­ment pas de com­prendre ce que vivent les mal­voyants car nous avons la chance de voir, c’était juste une ex­pé­rience. Ce­pen­dant, elle dé­montre que les choses les plus simples peuvent leur po­ser des pro­blèmes. Les bé­né­fices du re­pas se­ront ver­sés à un centre qui s’oc­cupe de chien d’aveugle. A la fin du re­pas, la pré­si­dente du Lions Club Beauvais Ca­thé­drale, Ma­rie Claire Tru­ber Lion pré­cise que les ac­tions de l’an­née à ve­nir pour le club se­ront pla­cées sous le thème de la lutte contre la cé­ci­té avec no­tam­ment un sa­lon d’art contem­po­rain avec un au­dio guide pour dé­fi­cient vi­suel.

Le 10 oc­tobre, plu­sieurs di­zaines de per­sonnes ont par­ti­ci­pé à un re­pas dans le noir, une ex­pé­rience aus­si in­so­lite que dé­rou­tante et au bé­né­fice d’une bonne cause.

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