Quel est l’en­droit rê­vé pour faire sa sieste ?

La Gazette de Thiers - - LA UNE - ISA­BELLE BAR­NÉ­RIAS

Le rocher de Borbes, à deux pas du centre-ville de Thiers, c’est le lieu que j’ai choi­si pour coin­cer la bulle, en toute sérénité.

Après mon échec du pique­nique au bar­rage de la Mu­ratte (lire notre édi­tion du 30 juin), pas ques­tion de ra­ter mon nou­veau dé­fi de l’été : où faire la sieste ? Cette fois­ci, je dois trou­ver un site ir­ré­pro­chable et ma­gique, pas loin de Thiers et fa­ci­le­ment ac­ces­sible, même sans GPS. Je dois à tout prix réus­sir cet im­man­quable de l’été, si je ne veux plus me faire railler par mes col­lègues ni par mes amis que je croise en ville et qui me pro­posent sys­té­ma­ti­que­ment en riant de m’ame­ner au bar­rage de la Mu­ratte. Pire ! Le su­jet du bar­rage de la Mu­ratte est de­ve­nu pour toute la ré­dac­tion une source de franche ri­go­lade et de mo­que­rie, à la ma­nière d’une « pri­vate joke ». Pas ques­tion donc cette fois­ci de ne pas trou­ver le lieu idéal pour coin­cer la bulle.

À perte de vue…

Je dé­cide donc d’as­su­rer le coup et d’al­ler dans un en­droit que je connais bien et où il est im­pos­sible de se perdre.

Le rocher de Borbes est à deux pas du centre­ville de Thiers, sur le bord de la route de Sainte­Agathe et offre un pa­no­ra­ma ex­cep­tion­nel sur la plaine de la Li­magne et les vol­cans d’Au­vergne. On peut par ailleurs joindre l’utile à l’agréable puisque le site abrite trois sculp­tures géantes mé­tal­liques qui ont été ins­tal­lées là en 1985, lors d’un Sym­po­sium na­tio­nal or­ga­ni­sé par la mu­ni­ci­pa­li­té de Thiers. Quel Thier­nois ne connaît pas les to­tems de Borbes ?

Je prends donc la di­rec­ tion de la Val­lée, tourne à droite sur le pont de Saint­Roch, conti­nue tout droit sur la route de Sain­ te­Agathe et me voi­là dé­jà ar­ri­vée. Une pe­tite place sur la droite per­met de se ga­rer. Il n’y au­cune autre voi­ture.

Chouette, je se­rai seule, seule au monde. Le so­leil pointe à peine le bout de son nez, un pe­tit air m’ef­fleure le vi­sage et la tem­pé­ra­ture n’est pas trop chaude… Tous les in­gré­ di­ents sont réunis pour que je pique un pe­tit rou­pillon bien ré­pa­ra­teur.

Plaid sous le bras ­ j’ai tout pré­vu ­ je m’ins­talle donc, au flanc de la fa­laise, pas trop près quand même car la peur du vide prend le des­sus, et je m’im­prègne de ce pay­sage à cou­per le souffle. Face à moi le puy de Dôme, par­fai­te­ment dé­ga­gé. J’es­saie de re­con­naître tel ou tel bâ­ti­ment, telle ou telle route. L’au­to­route qui trace son sillage à tra­vers les plaines de la Li­magne ne passe pas in­aper­çue.

Hor­mis des bruits très loin­tains de mo­tos qui montent sur la route si­nueuse de Sainte­Agathe, et qui se rap­prochent, le lieu est calme. Pas un bruit ne vient trou­bler ma tran­quilli­té. Quelques mi­nutes suf­fi­ront pour me re­trou­ver dans les bras de Mor­phée. Pas long­temps tou­te­fois. Mon in­cons­cient me ra­mène en ef­fet ra­pi­de­ment à la réa­li­té : je suis seule, au bord d’une fa­laise, et pas très loin d’une route iso­lée… Il n’est peut­être pas très rai­son­nable de dor­mir là. J’ouvre donc les yeux et après quelques mi­nutes d’ad­mi­ra­tion du pay­sage, je dé­cide de lever le camp.

Je plie mon pe­tit plaid, je re­prends le vo­lant et je fais che­min in­verse pour re­tour­ner à l’agence où mes col­lègues m’at­tendent, im­pa­tientes de sa­voir si j’ai trou­vé le che­min cette fois­ci. « C’était bien le bar­rage de la Mu­ratte ? », me lancent­elles dans un grand éclat de rire.

Dans les bras de Mor­phée en quelques mi­nutes

Vue sur les vol­cans d’Au­vergne et la plaine de la Li­magne pour bul­ler, que de­man­der de plus ?

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