Re­tour sur la créa­tion de l’hô­pi­tal de Thiers il y a 30 ans

La Gazette de Thiers - - LA UNE - ALEXANDRE CHAZEAU

Le 10 mai 1988, l’hô­pi­tal du Fau à Thiers ou­vrait ses portes. Après des an­nées de lutte pour l’ob­te­nir, et 70 mil­lions de francs d’in­ves­tis­se­ment, il pre­nait en­fin la place du vé­tuste hô­pi­tal de la rue Man­cel-Cha­bot.

◗ C’est une jour­née qu’il n’ou­blie­ra ja­mais. Ce 10 mai 1988, Guy Pailler, sa­la­rié de l’hô­pi­tal de Thiers de­puis 1974, rue Man­cel­Cha­bot, dé­mé­nage. Lui, mais aus­si ses col­lègues, ain­si que tous les pa­tients. Di­rec­tion le Fau, et son hô­pi­tal flam­bant neuf. Trente ans plus tard, cette « ré­vo­lu­tion mé­di­cale » est an­crée en lui.

Car c’est un vé­ri­table cham­bou­le­ment que vit Thiers, et ses ad­mi­nis­trés. Un cham­bou­le­ment des plus po­si­tifs. Voi­là des an­nées que le per­son­nel de­man­dait un nou­vel hô­pi­tal. « L’éta­blis­se­ment était pe­tit, tout était res­ser­ré, se sou­vient Guy Pailler. La struc­ture n’était plus adap­tée à l’évo­lu­tion qu’on pou­vait at­tendre d’un hô­pi­tal sur Thiers. Au mi­lieu des ser­vices de ma­ter­ni­té, de chi­rur­gie et de mé­de­cine, nous n’avions qu’un seul bloc opé­ra­toire, pas de salle de ré­ani­ma­tion, et la chi­rur­gie était main­te­nue par la pré­sence le ma­tin des chi­rur­giens de la cli­nique pri­vée de Chan­te­merle… »

Mal­gré la vé­tus­té du site, et le nombre d’en­trées en forte crois­sance, le pro­jet d’un nou­vel hô­pi­tal connaît des dif­fi­cul­tés à se lan­cer. « Pour­tant, on a re­ trou­vé dans les ar­chives na­tio­nales des do­cu­ments qui font état d’un pro­jet de cons­truc­tion dès 1959 », ajoute Guy Pailler. Si en 1977, Mau­rice Ade­vah­Poeuf, maire de Thiers, ob­tient la si­gna­ture du pré­fet de Ré­gion ap­prou­vant la cons­truc­tion d’un centre hos­pi­ta­lier, les fi­nan­ceurs al­laient en dé­ci­der au­tre­ment.

Dix em­plois sup­plé­men­taires créés

« On voyait bien que nos pro­jets étaient re­mis en ques­tion par les tu­telles qui dé­jà vou­laient ré­duire les dé­penses », in­dique Guy Pailler. Le mi­nis­tère de la San­té bloque alors le pro­jet. Tout en es­sayant de ré­no­ver l’hô­pi­tal, le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion pour­suit de son cô­té sa lutte. « Il a fal­lu leur dé­mon­trer aux tu­telles que c’était in­dis­pen­sable ! »

En 1982, les choses bougent en­fin et le mi­nis­tère de la San­té ap­prouve le pro­gramme de lits et le plan di­rec­teur du nou­vel hô­pi­tal. Le ca­len­drier des tra­vaux est ar­rê­té. Pour 70 mil­lions de francs, Thiers au­ra un hô­pi­tal mo­derne et flam­bant neuf. Deux ans plus tard, le maire de Thiers fe­ra clas­ser le pro­jet « pre­mière prio­ri­té ré­gio­nale ». En 1986, se­ra po­sée la pre­mière pierre. La struc­ture va­li­dée, il fal­lait main­te­nant des moyens hu­mains, la se­conde lutte des sa­la­riés thier­nois.

« Nous, on avait an­ti­ci­pé, pré­cise Guy Pailler. Des ser­vices neufs et or­ga­ni­sés, c’était for­mi­dable, mais tout ce­la né­ces­si­tait du per­son­nel pour les faire tour­ner. En amont de l’ou­ver­ture, dé­but 88, nous avions ren­con­tré Mi­chel Char­rasse [à l’époque sé­na­teur du Puy­de­Dôme, ndlr] à Puy­Guillaume. Il nous avait dé­blo­qués le bud­get pour dix em­plois sup­plé­men­taires. » Et le 30 avril 1988, les pre­mières portes ou­vertes du nou­vel hô­pi­tal de Thiers at­ti­raient un monde consi­dé­rable. Dix jours plus tard, une nou­velle aven­ture mé­di­cale com­men­çait.

L’hô­pi­tal rue Man­cel­Cha­bot n’avait qu’un bloc opé­ra­toire

La cons­truc­tion de l’hô­pi­tal du Fau au­ra du­ré deux ans, de 1986 à 1988.

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