Sous la me­nace du manque d’eau

La Gazette de Thiers - - LA UNE - ALEXANDRE CHAZEAU

Alors que les ré­serves d’eau du bar­rage de la Mu­ratte s’ame­nuisent au fil des jours, la ville de Thiers peut craindre que la si­tua­tion s’em­pire en­core. Et il fau­dra prendre des dé­ci­sions im­por­tantes.

◗ À quelques ki­lo­mètres du bar­rage de la Mu­ratte, la vierge noire de Palladuc a dû pas­ser un été tran­quille. Elle qui était gé­né­ra­le­ment sol­li­ci­tée pour qu’il pleuve, pas sûr qu’elle ait re­çu beau­coup de do­léances. Car le dé­fi­cit plu­vio­mé­trique, et par ri­co­chet, les ré­serves en eau, sont au plus bas. Presque au ni­veau de 2003.

La Ville de Thiers, qui ali­mente le haut de la ville grâce à la sta­tion de Chas­si­gnol, a dû pro­cé­der à des chan­ge­ments si­gni­fi­ca­tifs, mais qui pour­raient ne du­rer qu’un temps, faute d’eau. « Pour l’en­semble de la ville, il faut pom­per 1.500 m3 par jour, ex­plique Sté­phane Ro­dier, ad­joint au maire en charge de l’eau et de l’assainissement. Ha­bi­tuel­le­ment, nous pre­nons 1.000 m3 ici, dans les ruis­seaux de la Cre­dogne et des Éti­vaux, qui se jettent dans le bar­rage, et 500 dans la nappe al­lu­viale de la Dore. Mais nous avons dû in­ver­ser les pro­por­tions. Car nous avons l’in­ter­dic­tion de pom­per dans ces ruis­seaux, le dé­bit n’étant pas as­sez im­por­tant pour pré­ser­ver la conti­nui­té éco­lo­gique. De ce fait, nous pom­pons di­rec­te­ment dans le bar­rage, à une hau­teur spé­ci­fique, 500 m3 par jour. »

Et avant les pluies du sa­me­di 6 oc­tobre, le bar­rage ne dis­po­sait que de 15 jours de ré­serve. « On peut tou­jours aug­men­ter le vo­lume pom­pé dans la nappe de la Dore, et mon­ter jus­qu’à 1.200 m3 maxi­mum, mais il en man­que­ra tou­jours 300, sou­tient Sté­phane Ro­dier. Et là, ça ne règle pas tous les pro­blèmes, car on as­sèche bien plus vite la nappe al­lu­viale… »

Éco­no­mi­ser, pour re­pous­ser l’échéance

Le dé­bit n’est pas as­sez im­por­tant dans les ruis­seaux pour pom­per

Si la pluie n’ar­rive pas ra­pi­de­ment en abon­dance, l’élu n’a pas fi­ni de s’in­quié­ter : « Il fau­dra se po­ser des ques­tions c’est sûr. Et peut­être ar­rê­ter de faire cer­taines choses, mettre en place des res­tric­tions ho­raires, peu­têtre. Tout le monde doit avoir conscience qu’il faut éco­no­mi­ser ce bien pré­cieux, rare, com­mun. Stop­per toutes les dé­penses fu­tiles en eau. Si les gens ne sont pas rai­son­nables, on court à la ca­tas­trophe. Si au contraire tout le monde prend conscience du risque, on se­ra ca­pable de re­pous­ser l’échéance. » En es­pé­rant un vrai dé­but d’au­tomne.

Le bar­rage de la Mu­ratte est ex­trê­me­ment bas. Se­lon une étude ré­cente, d’ici 30 à 50 ans, l’en­semble des ruis­seaux et ri­vières de Thiers Dore et Mon­tagne connaî­tra une si­tua­tion d’étiage.

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