Ré­flé­chir à l’in­té­gra­tion dans la ville

La Gazette de Thiers - - THIERS & LIVRADOIS-FOREZ - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR LAU­RA MO­REL

L’As­so­cia­tion dé­par­te­men­tale d’amis et de pa­rents de per­sonnes han­di­ca­pées mentales (Ada­pei) ac­com­pagne au quo­ti­dien en­fants et adultes sur le ter­ri­toire de Thiers. Entre pro­jets et dif­fi­cul­tés, Pa­trick Le­brun, dé­lé­gué ter­ri­to­rial, fait le point sur cette ac­tion as­so­cia­tive.

◗ Com­bien de per­sonnes l’Ada­pei ac­com­pagne-t-elle dans les dif­fé­rentes struc­tures du sec­teur de Thiers ?

Il y a une qua­ran­taine d’en­fants à l’IME de Chau­dier à Pes­cha­doires [Ins­ti­tut mé­di­co­édu­ca­tif qui ac­cueille les en­fants et ado­les­cents souf­frant d’un han­di­cap men­tal, ndlr], en­vi­ron 140 travailleurs à l’Esat Guy­Cha­lard de Thiers et Chau­dier [Éta­blis­se­ments et ser­vices d’aide par le tra­vail qui visent l’in­ser­tion so­ciale et pro­fes­sion­nelle des adultes han­di­ca­pés, ndlr], et une cin­quan­taine, dont une tren­taine tra­vaillant à l’Esat, de per­sonnes hé­ber­gées au Foyer des Granges à Saint­Jeand’Heurs. seul site. Où en est-on ?

Le pro­jet est tou­jours en cours mais c’est un pro­jet à trois ou quatre ans. Il y a ac­tuel­le­ment des dis­cus­sions avec la Mai­rie de Thiers et la com­mu­nau­té de com­munes pour sa­voir où pour­rait se faire ce rap­pro­che­ment parce qu’il nous faut de plus grands lo­caux que ce que nous avons ac­tuel­le­ment à l’Esat de Thiers.

À Thiers, il y a en­vi­ron 95 travailleurs et il y en au­rait 45 qui ar­ri­ve­raient de Chau­dier. Donc il n’y a pas as­sez de place pour ac­cueillir tout le monde.

Un pro­jet de Foyer d’ac­cueil et d’hé­ber­ge­ment de 30 places dans le bas de Thiers était éga­le­ment évo­qué il y a quelque temps…

Oui, mais, pour l’ins­tant, ce pro­jet est aban­don­né parce que les fi­nan­ce­ments n’existent pas. L’Agence ré­gio­nale de san­té (ARS) ne fi­nance pas ce genre de pro­jet et l’as­so­cia­tion n’a pas les moyens de l’au­to­fi­nan­cer.

Mais nous avons tou­jours la vo­lon­té d’in­té­grer au mieux les travailleurs dans la ville. Il y a une ré­flexion gé­né­rale qui est me­née, qui n’est pas spé­ci­fique à Thiers. Nous de­ vons voir com­ment in­té­grer les travailleurs les plus au­to­nomes dans la vie cou­rante. L’ob­jec­tif est de leur per­mettre d’avoir une vie la plus au­to­nome pos­sible dans la ci­té. L’in­clu­sion se fait par le biais du sport, en al­lant au ci­né­ma… et là c’est plus com­pli­qué en vi­vant à Saint­Jean­d’Heurs parce que beau­coup se dé­placent à pieds.

Com­ment le groupe lo­cal thier­nois de l’Ada­pei amé­liore-t-il le quo­ti­dien des per­sonnes qu’elle ac­com­pagne ?

L’Ada­pei est une as­so­cia­tion un peu par­ti­cu­lière parce que c’est à la fois une as­so­cia­tion de pa­rents d’en­fants in­adap­tés et une as­so­cia­tion ges­tion­naire d’éta­blis­se­ment.

Alors, quand la struc­ture ne peut pas fi­nan­cer quelque chose qui pour­rait amé­lio­rer le quo­ti­dien, par exemple une té­lé col­lec­tive, nous, les pa­rents, met­tons en place dif­fé­rentes ac­ti­vi­tés. Dans ce sens, nous ven­dons des brioches pour fi­nan­cer les ca­deaux de Noël des en­fants ou d’autres pro­jets.

Les amé­lio­ra­tions se font aus­si à la de­mande. Il y a ain­si un co­mi­té de vie so­ ciale dans le­quel les per­sonnes ac­com­pa­gnées font part de leurs de­mandes. Un co­mi­té de pa­rents se réunit éga­le­ment pour dis­cu­ter. Par exemple, on va pro­chai­ne­ment se réunir pour ré­flé­chir au tran­sport pour l’IME de Chau­dier. Les en­fants sont trans­por­tés par l’éta­blis­se­ment et il y a des pa­rents qui trouvent les temps de tran­sport un peu long.

À quelles dif­fi­cul­tés êtes-vous confron­tés au­jourd’hui ?

On est con­fron­té aux mêmes dif­fi­cul­tés que les éta­blis­se­ments hos­pi­ta­liers. Nous sommes fi­nan­cés par l’ARS pour tout ce qui est mé­di­cal et l’Esat, et pour l’hé­ber­ge­ment, c’est le Con­seil dé­par­te­men­tal. Les bud­gets sont donc res­treints, d’au­tant qu’il y a des contrats plu­ri­an­nuels d’ob­jec­tifs et de moyens. C’est dif­fi­cile.

Il y a aus­si une de­mande qui est grande. On ne peut pas avoir plus de place, il y a des listes d’at­tente… Il y a une dif­fi­cul­té à sa­tis­faire toutes les de­mandes. Et pour cer­taines fa­milles, nous n’avons pas de so­lu­tion.

« Lors de notre der­nière as­sem­blée gé­né­rale, une ques­tion est re­ve­nue : celle du ser­vice mi­ni­mum qui n’existe pas en cas de grève. En juin, cer­taines fa­milles ont donc dû ve­nir dans l’éta­blis­se­ment pour ai­der leur en­fant », as­sure Pa­trick Le­brun.

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