« Des condi­tions de tra­vail dif­fi­ciles »

La Gazette de Thiers - - L'INFO DÉCRYPTÉE - L. M.

Les mé­tiers de l’aide à do­mi­cile souffrent d’un pro­blème d’at­trac­ti­vi­té. Am­pli­tudes ho­raires im­por­tantes, bas sa­laires, dif­fi­cul­tés du tra­vail pour une re­con­nais­sance qua­si nulle n’en­cou­ragent pas les can­di­dats.

◗ « Avant, on nous en­voyait tous les jours des CV. Main­te­nant, on n’en a plus un seul », constate Pa­tri­cia Da Sil­va, di­rec­trice de l’As­so­cia­tion des vieux tra­vailleurs à Thiers. Et cette si­tua­tion, elle la com­prend com­plè­te­ment : « Nous fai­sons de l’aide à do­mi­cile. La moyenne des sa­laires est en­vi­ron le Smic pour des mé­tiers com­plexes qui doivent gé­rer la grande dé­pen­dance. Il n’y a plus vrai­ment de fron­tière entre aide et soin. Il faut par­fois cou­cher les gens, les ai­der pour leur toi­lette. Ce n’est pas que du mé­nage. »

De nom­breuses con­traintes

« Il y a aus­si une am­pli­tude ho­raire im­por­tante et le mor­cel­le­ment du temps de tra­vail. Il faut par­fois in­ter­ve­nir plu­sieurs fois par jour chez une même per­sonne. On de­mande éga­le­ment à nos sa­la­riés d’uti­li­ser leur voi­ture per­son­nelle. Alors quand on re­garde tout ça… »

Donc au­jourd’hui, quand l’as­so­cia­tion a be­soin de re­cru­ter, la tâche se ré­vèle as­sez dif­fi­cile. « Nous avons un nombre de sa­la­riés suf­fi­sant mais nous sommes tout le temps en ten­sion. Quand il y a de fortes ab­sences, quand il y a des épi­dé­mies de grippe ou de gas­tro, il me fau­drait en­vi­ron huit sa­la­riés en rem­pla­ce­ment. Et quand j’ai une tren­taine de can­di­dats qui pos­tule, après leur avoir ex­pli­qué en quoi consiste le tra­vail, il n’en reste plus beau­coup. »

Heu­reu­se­ment, l’as­so­cia­tion peut ac­tuel­le­ment comp­ter sur des sa­la­riés « fi­dèles ». « En moyenne, l’âge des sa­la­riés est de 43 ans. Et ce sont des per­sonnes qui sont là de­puis long­temps. Car au­de­là des condi­tions de tra­vail dif­fi­ciles, elles aiment leur mé­tier. Elles aiment ren­ dre ser­vice. Il y a une vraie uti­li­té so­ciale. » Alors, pour lut­ter contre ce pro­blème d’at­trac­ti­vi­té dont souffre l’aide à do­mi­cile, Pa­tri­cia Da Sil­va et ses sa­la­riés es­pèrent une meilleure re­con­nais­sance de leur tra­vail. « Il faut va­lo­ri­ser les mé­tiers du do­mi­cile : sa­laires et par­cours pro­fes­sion­nel pour at­ti­rer les can­di­dats et ré­pondre à la de­mande en hausse. »

(PHO­TO D’IL­LUS­TRA­TION : FLORIAN SA­LESSE)

« Quand j’ai une tren­taine de can­di­dats, après avoir ex­pli­qué en quoi consiste le tra­vail, il n’en reste plus beau­coup », ex­plique Pa­tri­cia Da Sil­va, di­rec­trice de l’As­so­cia­tion des vieux tra­vailleurs à Thiers.

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