La source de La Jarpe re­naît de ses cendres

La Gazette de Thiers - - LA UNE - ALEXANDRE CHAZEAU

Ni­chée dans les bois de Grandrif, la source de la Jarpe dé­livre une eau ga­zeuse fer­ru­gi­neuse. Ex­ploi­tée il y a un siècle et de­mi, elle était tom­bée dans l’ou­bli. Jus­qu’à ce que des pas­sion­nés de pa­tri­moine dé­cident de s’y in­té­res­ser, pour vivre une belle his­toire.

◗ À tra­vers la rase, la source de La Jarpe s’écoule pé­ni­ble­ment. Le lit oran­gé du mince fi­let d’eau ne trompe per­sonne. Elle est fer­ru­gi­neuse. Et ga­zeuse. Au coeur des bois de Grandrif, l’his­toire de cette source ne laisse per­sonne in­dif­fé­rent (voir ci­des­sous). Ex­ploi­tée jus­qu’en 1870 (em­bou­teillée et pour les thermes d’à cô­té), elle a été aban­don­née de­puis, re­cou­verte d’une friche im­po­sante, sans que les pro­prié­taires du ter­rain se suc­cé­dant n’y trouvent d’in­té­rêt. Jus­qu’à une cer­taine marche pé­da­go­gique…

Des ruines et des ronces

L’an der­nier, Les Amis de Grandrif en or­ga­nisent une. « On pas­sait à proxi­mi­té, ex­plique Jacques Laurent, le pré­sident de l’as­so­cia­tion. J’ai dit aux par­ti­ci­pants que mon grand re­gret, c’était de ne pas pou­voir trin­quer avec eux, avec l’eau de La Jarpe. La source était en­va­hie de ruines, de ronces, ac­cu­mu­lées au fil des an­nées. Et là, il y a quelque chose dans ma tête qui me dit “Pour­quoi l’as­so­cia­tion ne pour­rait pas s’in­té­res­ser à la source ?”. C’était quand même un lieu my­thique de notre com­mune. »

Une grosse par­tie des membres trouve alors l’ini­tia­tive bonne, d’autres étaient plu­tôt pes­si­mistes. Au fi­nal, tout le monde adhère. « Ma pro­po­si­tion était alors de re­mettre le lieu en état, afin de don­ner ac­cès libre aux ha­bi­ tants, et tou­ristes, pour al­ler cher­cher l’eau comme on veut. Une ana­lyse est en cours par un la­bo­ra­toire agréé de Cler­mont, on au­ra la ré­ponse à la fin du mois de no­vembre », pré­cise le pré­sident.

Les Amis de Grandrif ra­chètent alors le ter­rain de 5.300 m . Au mois d’août 2018, les pre­mières ma­noeuvres com­mencent.

Le cap­tage re­trou­vé

« On a tout dé­fri­ché, la voûte qui abrite la source étant en­dom­ma­gé, il fal­lait aus­si éva­cuer la terre et les pierres. On sou­hai­tait se­crè­te­ment re­trou­ver le cap­tage du dé­but », re­late Jacques Laurent, sans vrai­ment y croire à l’époque. « Et on l’a re­trou­vé ! Les an­ciens pro­prié­taires ne sa­vaient pas du tout qu’il exis­tait. C’est un tuyau en grès, en­fon­cé dans le ro­cher. J’en avais les larmes aux yeux. Cette source at­ten­dait ses sau­ve­teurs. C’est ce que des gens du vil­lage ont dit. Les an­ciens, ça leur re­mue les tripes. Moi il y a 40 ans, je par­tais rem­plir des bou­teilles de li­mo­nades. »

À Grandrif, tous es­pèrent que la ré­ha­bi­li­ta­tion en­vi­sa­gée fasse que cette belle his­toire de bulles vient ti­tiller les pa­lais de tous.

Sous la voûte, la source coule de­puis les ro­chers. L’ob­jec­tif est de re­mettre en état ce lieu my­thique de Grandrif.

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