Les femmes vic­times de vio­lences lo­gées

La Gazette de Thiers - - LA UNE - LAU­RENCE TOUR­NE­BIZE

Dans la lutte contre les vio­lences faites aux femmes, l’hé­ber­ge­ment d’ur­gence est une né­ces­si­té ab­so­lue. Une pro­blé­ma­tique que le ter­ri­toire d’Ambert Li­vra­dois-Fo­rez a prise en compte il y a plus de deux ans, et qui est au­jourd’hui ré­af­fir­mée avec la si­gna­ture d’un nou­veau pro­to­cole.

◗ C’est en 2016 que les sept com­mu­nau­tés de com­munes qui consti­tuaient alors le ter­ri­toire d’Ambert Li­vra­dois­Fo­rez (ALF) ont for­ma­li­sé l’hé­ber­ge­ment d’ur­gence des femmes vic­times de vio­lences conju­gales. Et le pro­to­cole si­gné à l’époque a été de nou­veau ra­ti­fié vendredi 23 no­vembre par les re­pré­sen­tants de l’État, du Dé­par­te­ment, de l’Anef (as­so­cia­tion na­tio­nale d’en­traide) 63 et de la com­mu­nau­té de com­munes ALF.

Don­ner une so­lu­tion d’hé­ber­ge­ment

« En 2017, 219.000 femmes ma­jeures dé­clarent avoir été vic­times de vio­lences phy­siques et/ou sexuelles par leur conjoint ou ex­conjoint », a rap­pe­lé la sous­pré­fète d’Ambert, Pa­tri­cia Val­ma. « La lutte contre les vio­lences faites aux femmes doit de­ve­nir l’af­faire de tous. Lorsque l’on est té­moin de vio­lences dans son en­tou­rage, il faut le si­gna­ler au­près des forces de l’ordre, du ser­vice so­cial de sa mai­rie… »

Et quand une femme est vic­time de vio­lences conju­gales, l’ur­gence est de pou­voir lui don­ner une so­lu­tion d’hé­ber­ge­ment. C’est en ce­la que le ter­ri­toire agit de­puis plu­sieurs an­nées : « Dans le cadre du dis­po­si­tif “Lo­ge­ment d’abord”, la DDCS [Di­rec­tion dé­par­te­men­tale de co­hé­sion so­ciale, ndlr] est en train d’ins­truire les dos­siers pour trois ap­par­te­ments en lo­ge­ment tem­po­raire à Ambert, Ar­lanc et Ol­liergues ain­si que quatre ap­par­te­ments en lo­ge­ment d’ur­gence à Ambert et Cunl­hat », a dé­taillé la sous­pré­fète. Et pour ac­com­pa­gner les vic­times, des élus ré­fé­rents ont été for­més sur chaque sec­teur.

Lors­qu’une femme ap­pelle le 115, ces ré­fé­rents sont aler­tés et peuvent ain­si in­ter­ve­nir pour la mise à l’abri de la vic­time et éven­tuel­le­ment de ses en­fants. « Si la vic­time ap­pelle cette nuit, elle peut être hé­ber­gée tout le week­end en at­ten­dant le lun­di et sa prise en charge », ex­plique Claire Co­ha­don, dé­lé­guée dé­par­te­men­tale aux droits des femmes et à l’éga­li­té. Dans le lo­ge­ment, la vic­time mise en sé­cu­ri­té trou­ve­ra aus­si un pa­nier ali­men­taire et des pro­duits d’hy­giène.

Si le pro­to­cole, si­gné vendredi 23 no­vembre, est le seul dans le Puy­de­Dôme, Alexandre Pour­chon, vice­pré­sident du Con­seil dé­par­te­men­tal ai­me­rait que d’autres s’en ins­pirent : « C’est tout un ré­seau qui a été mis en place, sa­lue­t­il. Je sou­haite que d’autres ter­ri­toires s’em­parent de cette ap­proche exem­plaire ».

« Si la vic­time ap­pelle cette nuit, elle peut être hé­ber­gée »

(PHO­TO D’ILLUS­TRA­TION : FLO­RIAN SA­LESSE)

Plu­sieurs hé­ber­ge­ments, à Ambert, Ar­lanc et Ol­liergues, ac­cueille­ront des femmes vic­times de vio­lences.

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