Comment faire du neuf avec des vieux

APRÈS LA MORT DE L’ÉQUIPE SE­NIOR, LES DI­RI­GEANTS DE L’AS CREVANT-BULHON ONT VOU­LU CRÉER UNE ÉQUIPE DE VÉ­TÉ­RANS

La Gazette de Thiers - - SPORTS - ALEXANDRE CHAZEAU

Faute de li­cen­ciés, l’AS Crevant-Bulhon n’a pu faire re­par­tir une équipe en D4 cette sai­son. Mais les an­ciens du bu­reau ne l’en­ten­daient pas de cette oreille. Et pour ne pas lais­ser le club à l’aban­don, ils ont créé une équipe de vé­té­rans. Une belle aven­ture.

◗ « On de­vait faire les 40 ans du club en juin 2019, faire un su­per truc, rap­pe­ler tous les an­ciens, ceux qui sont pas­sés par là, et puis voi­là quoi… On était dé­goû­té. » As­sis sur les bancs du ves­tiaire flam­bant neuf, Adel Chiab, le vice­pré­sident de l’AS Crevant­Bulhon a le re­gard dans le vide. À ses cô­tés, Jé­rôme Pla­neix, le pré­sident, n’en pense pas moins.

Une équipe de vé­té­rans qui dé­marre bien

« On met­tra peut­être des en­traî­ne­ments en place. »

JÉ­RÔME PLA­NEIX

En juin, l’équipe se­nior du club a fait son der­nier match. Elle ne rat­ta­que­ra pas cette nou­velle sai­son en D4. Le constat était sans ap­pel, la mort dans l’âme, pour les di­ri­geants, qui comme beau­coup, donnent énor­mé­ment pour pas grand­chose en re­tour.

« On voyait que c’était com­pro­mis. On a même eu du mal à fi­nir la sai­son, ils étaient obli­gés de rap­pe­ler les vieux de 50 ans », lance Adel, en es­quis­sant tout de même un sou­rire. « On cher­chait aus­si du monde dans le bu­reau, pour­suit Jé­rôme. Moi je vou­lais ar­rê­ter, Adel aus­si, on vou­lait que les jeunes s’in­ves­tissent pour qu’on puisse prendre du re­cul, tout en les ai­dant. Et puis les jeunes n’ont pas vou­lu s’in­ves­tir… ». « Ouais, per­sonne a le­vé le doigt », ren­ché­rit Adel.

Si un noyau est par­ti jouer ailleurs, ceux qui vou­laient vrai­ment res­ter ont tout ar­rê­té. « On a pré­fé­ré ne pas en­ga­ger d’équipe. Si c’est pour payer un en­ga­ge­ment et faire for­fait gé­né­ral au bout de trois matchs, au­cun in­té­rêt, sou­ligne lu­cide, le vice­pré­sident. Pour­tant, on était al­lé jus­qu’à payer un en­traî­neur 2.000 € par an, on est mon­té deux ans de suite, ça pre­nait bien, c’est vrai. Les en­traî­ne­ments étaient at­trayants, mais les jeunes n’étaient pas mo­ti­vés, ça a dé­cli­né. » Dif­fi­cile de se battre contre des fan­tômes. Une si­tua­tion qui rap­pelle com­bien l’en­ga­ge­ment as­so­cia­tif et le bé­né­vo­lat sont fra­giles. Les in­té­rêts di­vergent, les consciences aus­si.

Mais les di­ri­geants ont prou­vé qu’ils avaient mal­gré tout de la res­source, pour ne pas faire mou­rir le club. Car le bla­son de l’ASCB flotte tou­jours sur les poi­trines. Celles des vé­té­rans. De­puis sep­tembre. Et comble de la réus­site, ils sont près de 25 li­cen­ciés. Le plus jeune a 35 ans, le plus an­cien 56, et c’est le meilleur !

Des matchs ami­caux pour com­men­cer

« Ça fait un peu de monde, avoue Jé­rôme Pla­neix. Il n’y a pas d’en­traî­ne­ments pour le mo­ment. On vou­lait voir si ça dé­mar­rait bien. Là, on va voir quand il va faire froid. On met­tra peut­être des en­traî­ne­ments en place. Mais il ne faut pas se lan­cer trop vite pour n’ef­ frayer per­sonne. » Pour cette pre­mière an­née, les vé­té­rans de l’ASCB ne font que des matchs ami­caux. Ils en es­pèrent un par mois, et ont dé­jà joué contre Le­zoux, Maringues et Pont­de­Dore. « Si tout le monde s’in­ves­tit, on s’en­ga­ge­ra peut­être en cham­pion­nat. » La pru­dence est de mise, car un chat échau­dé, ça craint l’eau froide…

Dans les ves­tiaires flam­bant neufs, les vé­té­rans de l’AS Crevant-Bulhon conti­nuent de faire vivre les in­fra­struc­tures lo­cales.

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